‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 212 sur 307 · Qnalibrr, qualité, rang · texte numérisé non relu

Qnalibrr, qualité, rang

9. Hoileau a traduit ainsi ces vers d'Horace i Epitres, I, i, S) :

Malheureux, hùî^sc en paix ton cheval

[vieillii.~aul.

De peur que tout à coup eltlanqué. hors

[cl haleine.

Il ne laisse en tombant ?on uiaitre sur

[larène.

{EpUre S, v. 44 et suiv.)

ne sentir l'impuissance et extrême jiUcralion que l'aa^'c apiiorle naturellement et au corps et à l'ame, (|ui, à mon opinion, est eguale, si l'ame n'en a plus de la moitié, a perdu la réputation de la pluspart des grands hommes du monde. J'ay veu, de mon temps, et cogncu familièrement, des personnages de grande auctorité, qu'il csloit bien aysé à veoir estre merveilleusement desclieus de celte ancienne suffisance, que je cognoissois par la réputation qu'ils en avoient acquise en leurs meilleurs ans : je les eusse, pour leur honneur, volontiers souhaitez retire/, en leur maison à leur ayse, et deschargez des occupations publicques et guerrières, qui n'esloient plus pour leurs espaules. .l'ai aultrefois esté [aùvé ' en la maison d'un gentilhomme veuf et fort vieil, d'une vieillesse foutesfois assez verte; cettuy cy avoit plusieurs filles à marier, et un fils desjà en aagc de paroistre : cela chargeoit sa maison de plusieurs despenses et visites estrangicres, à quoy il prenoit peu de plaisir, non-seulement pour le seing de l'espargue, mais cncores plus pour avoir, à cause de l'aage, prins une forme de vie fort esloingnee de la nostre. Je luy dis un jour, un peu hardiement, comme j'ay accoustumé, qu'il luy sieroit mieulx de nous faire place, et de laisser à son lils sa maison principale (far il n'avoit que celle là de bien logée ^ et accommodée), et se retirer en une sienne terre voisine, où personne n'apporteroil incommodité à son repos, puisqu'il ne pouvoit aullrement éviter nosire imporlunité, veu la condition de ses enfants. H m'en creut depuis, et s'en trouva bien.

Ce n'est pas à dire qu'on leur donne par telle voye d'obligation 3, de laquelle on ne se puisse plus desdire : je leur lairrois*, moy qui suis à mesme de jouer ce roolle, la jouissance de ma maison et de mes biens, mais avecques liberté de m'en repentir, s'ils m'en donnoient occasion; je leur en lairrois l'usage, parce qu'il ne me seroit plus counnode^; et de l'auetorité des affaires en «ros, je m'en reservcrois autant qu'il me plairoit : ayant tousjours jugé que ce doibt estre un grand conlentement à un père vieil, de mettre luy mesme ses enfants en train du

1, /■/•/'/•('. admis lUins la vii> jj^iviV, dans l'intimité, terme suranné, on dit encore : vivre dans la pricanft- de quelqu'un, dans sa familiarité.

2. Placé en bon lieu, dans le sens ordinaire du verbe appliqué aux objets, plutôt que dans le sens de logeable.

rî. C'esl-à-dirc en s"ob!ig-ennt pour l'avenir.

}. Lairrois pour Inisscrois. sorte de erase encore usitée dans quelques provinces.

.5. n faut sous-entendre un second membre de phrase iicgalive : de ne pus la leur laisser.

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