‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 246 sur 307 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ne veulx [ms qu'on s'employc à me rendre alteulif. cl qu'on nie cric cinquanic fois, « Or oyez ' î » à la mode de nos lieraults : les Romaius disoient en leur relif^ion, Hoc age^, que nous disons en la nostre, Sm^sum corda ^ : ce sont autant de paroles perdues pour moy; j'y viens tout préparé du logis. Il ne ine fault point d'alk'icliomcnt ni de saulse; je mauge bien la viande toute crue : et au lieu de m'aiguiser l'apiietil par ces préparatoires et avant jeux, on me le lasse et affadit. La licence du temps m'excusera elle de cette sacrilège audace, d'estimer aussi traisnants les dialogismes* de Platon mesme, estoulTant iiar trop sa matière; et de plaindre le temps que met à ces longues interloculions vaines et préparatoires un liomme qui avoit tant de meilleures choses à dire? mon ignorance m'excusera mieulx, sur ce que je ne vcois rien en la beaulté de son langage^. Je demande eu gênerai les livres qui usent des sciences, non ceulx qui les dressent ^ Les deux premiers"^, et Pline, et leurs semblables, ils n'ont point de Hoc ayc : ils veulent avoir à faire à geuls fjui s'en soyent advertis eulx mesmes : ou s'ils en ont, c'est un Hoc âge substantiel, et qui a son corps à part. Je veois aussi volontiers les epislres ad AtticiDu'^, non seulement parce qu'elles contiennent une tresample instruction de l'histoire et affaires de son^ temps, mais beaucoup plus pour y descouvrir ses humeurs privées : car j'ay une singulière curiosité, comme j'ay dicl ailleurs, de cognoisire l'ame et les naïfs '^ jugements de mes aucleurs. 11 fault bieu juger leur suffisance, mais non pas leurs mœurs ny eulx, par cette montre de leurs escrii)ts qu'ils étalent au tlieatre du monde. J'ay mille fuis regretté que nous ayons perdu le livre que Brulus avoit escript I»c la vertu : car il faict beau apprendre la théorique de ceulx qui sçavent bieu la praclique. Mais d'autant que c'est aultre chose le presche, que le prescheur, j'ayme bien autant veoir Brutus chez Plutarque que chez luy mesme : je clioisirois plutost de sçavoir au vray les devis *^ qu'il tenoit

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