‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 41 sur 307 · Luctoit (liictan), lutter · texte numérisé non relu

Luctoit (liictan), lutter

.'f. Uieii ne rappelle plus cet ensemble d'exercices auxquels se livre Gargantua sous la direction de Gymnasie que ceux du roi Henri II racontés longuement par Brantôme (Vies des hnmmi-/; i/litstrrs rt capitaiiifn françois:, t. 1"'', Henri II). '■ Rien no lui agréait plus <[ue certaines liilles il outrance nù les champions pleins de sueur et hors d'halciuc comtiatlenljusqu'a ce que leurs armes soient brisées, spectacle qui lui fut donné à sa lriom))liante cnlréo dans la ville de Lyon. Tri fut même le plaisir du roi qu'il voulut le revoir de nouveau six jours après, au siège de Renti ; le jilus granil chagrin du roi de France fut (II! ne i)ouvoir » attaquer l'empereur de liersonne à personne, et s'entreprouver leurs forces de l'un à l'autre. » Mais, dit Brantôme, Charles, qui n'était plus en cette belle verdeur de jadis et allait en litière, faisait la guerre " en renard », Henri « eu lion. » Même passion pour tous les exercices, paume, balle, et tiiujouis devant les dames, cunviées

à CCS ébats comme juges des coups.

Cette ])assion, qui devait être fatale au roi. n'allait pas sans quelques accidents ; un jour, n'étant encore que dauphin.

Henri, tirant des armes, creva un eeil à M. de Bouccard, son écuyer. <• Mais, ajoute Brantôme, il hii/ l'ii domnndo pardon, car ccstoit un fort honnête et brave gentilhomme. » S'agissait-il de .1 percer (sauter) un fossé, ■■ comme dit Rabelais, nul ne surpassait encore ce roi. « Il avoit esté le meilleur sauteur de la court; jnniais nul luy peut tenir ])icil qui- feu .M. de Bounivet, l'amiral, et principalement au ])lain saut, c.ir c'esloit lousjours vingt ou trois ou vingt et quatre grands pieds ou semelles ; mais c'esloit à franchir nu f/rand fossé pinin d'i'nit oi'i il se plaisait le plus : dont une fois M. de Bonnivet se cuida noyer pour n'en avoir peu franchir un que le Roy avoit francby. >■ On voit combien tous les exercices si fort recommandés par Rabelais étaient en honneur à la cour et jn-atiqués par la noblesse à laquelle le roi donnait l'exemple.

■i. l'('/e(i'e/»»i)- voile.

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