CHAPITRE V
DKS lAICTS DU NOUI.K PANTAGRlKr- EN SON JKINK AAGK '
Ainsi croissoil- Panla^TuoI de jour on j(nn'. <'t proliloil ;i vcno. il'œi!, dont son [»ere s'tîsjoiiissoit [\i\v alTcction iialiin.'lli'. Kt Iny lit faire, comme, il osloit petit, une arliaiesic pour s'esballre après les oisillons, qu'on appelle de présent la yrand arbaleste de Clianlelhv'.
Puis l'envoya à l'esoolc pour apprendre et passer son jeune aage. De l'aict vint à Poicliers pour estuiiier, et y [)rolita beaucoup : aufjuel lieu voyant que les cscoliers esloient aucunes fois de loisir, et ne sçavoient à quoi passer temps, il en eut com-
1. Les chapitres précédents sontreni- ])lis ]);ir Vitrii/iiii\ \'(iiitir/iiil(' et la iiiitieitt' lie l'aiita]:;riiel ipii coule la vie ;i sainéie. Hadeljcc. Son père, (jai-tantua, avait alors quatre cent qualrc-vingl- (piatro ans!
Au quatrième chapitre, nous voyons l'enfant, comme un autre Hercule, malgré les chaines dont on avait attaché son berceau de peur qu'il se blessât, en rompre l'extrémité et se lever « emportant son berceau sur l'escliine ainsi lié, comme une tortue qui monle contre une muraille «(groupe de soldais montant ii l'assaut couverts de leins boucliers). — « En ce poinct entra en la salle où l'on banquetoit, et hardiment qui espouventa bien l'assistance, mais. |jar autant qu'il avoit les bras liés dedans, il ne pouvoit rien prendre à manger, mais en grande peine s'indinoit pour prendre de la langue quelque lippée (bouchée). Quoy (ce que) voyant son père entendit bien que l'on l'avoil laissé sans luy bailler à repaistre et commanda qu'il fust deslié desdiclos chaisnes, — les médecins de Gargantua disoyent que, si l'on le tenoit ainsi au berceau, scroil toute sa vie subject à la gravelle,.,. et niisl son dict berceau eu
plus de cinq cens mille pièces, d'un coup de poing qu'il frappa au milieu |>ar despit, avec proleslatiou de jiimais n'y retourner. » Ti-lle est la lin du quatrième chapitre où l'on pounail voir une protestation, qtu>. J.-J. Kousseau dévejopliera éloquemmcnl au dix-huitième siècle, contre les maillots et ces liens étroits, si contraires à l'hygiène, par lesquels, en l'inimobilisant, on entravait le libre développement de la picmicre enfance.
Les trois chapitres qui suivent sont consacrés à l'éducation de Pantagruel, cl le <lernier chapitre cilé par nous, la lettre du (îargantua à son lils, si touchante, si éloquente dans ses recommandations, marque bien le progrès du nouveau système. Celle leltre en est la sanction, la démonstration et le couronnement.