‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 54 sur 307 · En santé et en vigueur · texte numérisé non relu

En santé et en vigueur

,■?. ChanteVt'. petite ville du Bourbonnais dont le château fut rasé sons Kr.mçois ■"'après la trahison du connétable de Bourbon. 11 s'agit sans donte ici d'une de ces arbnfctrx lir paas''' ilonl il a été question au chapitre xxiii du 1" livre.

passion. Kl un juiir print, d'un grand rocliior qu'on nomme Passelourdin, une gros.se roche, ayant environ de douze toises en carré, el. d'espaisseur quatorze pans\ et la mit sur quatre pilliers au milieu d'un cliamp, l)ion à son aise; afin que iesdicls escoliers quand il/, ne sauroient aullre chose faire, passassent temps à monter sur ladictc pierre, et là banqueter à force Jlaccons, jambons et pastés, et cscrire leurs noms dessus avec un cousieau, et, de présent, l'appelle on la Pierre levée-. Et, en mémoire de ce, n'est aujourd'huy passé aucun en la matricule de ladicte université de Foictiers, sinon qu'il ait beu en la fontaine caballinc de Croustclles^, passé à Passelourdin*, et monté sur la Pierre levée.

En après, lisant les belles chroniques de ses anccstrcs, trouva que Geoffroy de Lusignan-',dict GeollVoy à la grand dent, grand l)ere du beau cousin de la sœur aisnée de la tante du gendre de l'oncle de la bruz de sa belle mère, estoit enterré à Maillezais*^ : dont print un jour campos ' pour le visiter comme homme de bien. Et, parlant de Poictiers avec aucuns de ses compaignons, passèrent par Legugé *, visitans le noble Ardillon, abbé; par Lusignan, par Sansay, par Celles, par Colonges, par Fonlenay le

1. Pan parait avoir la même signification que k- mot rinpan. mesure de longu»ur qu'on prend du pouce k l'ex- Ircniilé du petit doigt sur la main ouverte le plus possible.

2. Cettepierrese voit])rès de Poitiers, du Coté du Pont-à-Joubert. On voit en France plusieurs autres pierres levées, que l'on a crues longtemps des vestiges de l'ancien culte druidique, avec un trou mystérieux dans lequel on passe ''ncore par superstition. A Trie, prés de Gisors, il y en a une semblable.

3. CroiisteUes. Bourg ;i une petite lieue de Poitiers. On l'aitdérivfrle nom de cette localité du mot latin crii.stii/a, croulelctte. petit gâteau qu'on y fabriquait. Ce sont sansdoute ces pâtisseries et la fontaine ca6a////(/? qui y attiraient les étudiants de Poitiere. On faisait l>eut-ètre subir quelque épreuve, quelque brimade, aux nouveaux venus pour les déniaiser. L'épithète caballiiie est une allusion au cheval mylliologique Pcjîase, qui, d'un coup de pied, fit jaillir l' Hippocràne l(onta.\ne du cheval) con- .«acrée à Apollon et aux Muses, et qui inspirait les poètes.

■i. Passelourd in (vu plus haut), plaisanterie qui semble confirmer le genre

d'épreuves imposé aux écoliers, on y faisait pa-ster les lourdauds.

5. Liisir/nan. Chef-lien de canton de l'arrondissement de Poitiers. Rabelais semble, dans une généalogie fantastique, laltacher la généalogie de ses héros à celle du roi de Jérusalem, Gui de Lusignan.

6. Maillesais. à quatre lieues de Fontenay-le-Coui(e. siège de révéehc plus tard transporté ii La Rochelle, occupé par le patron de Rabelais.

Geoft'roi d'Estissac. Cette jilace. fortifiée par le célèbre huguenot Agrippa d'Aubigné, resta entre ses mains jusqu'en 1620, époque de sa fuite à Genève.

Page 1