Les petits profits des indiilyences
PANTAGRUEL. 7o
PiWfkiriaximi juris idriusque doctoris maislre Pilloli Puir/Kodenan,
de holjfdinandix glossx Accursianœ hagitenaudis Rfpetitio ciutci-
dilucididis.sima^.
SlratafjPDicita francarchieri. de Baitrnolet-. Franctopinus. de Ro militari, cum fiçjuris Teroti^. Dp Usa et Vtilitate escorchandi equos et eijiia.^, authorp M. Nostro
d'' Quidtpcu'*.
La lliistrie des prestoKins*.
M. N. llostocostojambedanesse. de Moustarda post pranditan servienda
lilj. rjuartuordecitn, upostiluti per M. Vaiirillonis^. Jabuleims, de Cosmoijraphia piirfjatorii' . (Juxs'fio subtilissimci, ufrum Chvnœra. in vacuo homhinans, possit
roiitpdere secundns intentiones : et fuit deljututu per decem h(dj-
donuidds in eoncilio Constantiensi^.
Le Maschefaim des advccalz».
Barhouillamenta Scoti ••>.
La profitei'olle est proprement une pâte ou fouace cuite sous la cendre ou sur le gril.
1. Répétition très lucide du très illustre docteur en l'un et l'autre droit maistre Pillot Raqnedenare sur tes baf/uenaudes de la Glose d'Accurse à rabobeliner. On voit que Rabelais en veut, d'un coté, à la glose d'Accurse, de l'autre, ii l'avidité des avocats et des gens de lois qui s'enrichissaient grâce aux lambeaux de cette glose introduite dans leurs plaidoyers et écritures. Raquedenare, avare; bar/uenaudes, niaiseries, sottises; rabobeliner, rapetasser, travailler le vieux cuir.
2. Strataf/èmcs du francarcfier de Bagnolet. On trouve, à la suite des poésies de V'illon, une pièce intitulée : S'ensuit le motiologue de franc archier de Baif/nollet acecsoti epitap/ie. Comme Villon, il avait été condamné à mort pour ses crimes et filouteries.
3. Franciaupin. sur l'art militaire, avec les figures de Tevot. Les Franctaupins étaient une milice irrégulière établie sous Charles VII, et fort décriée pour sa poltronnerie. Tevot. à\mvaniXi à' Etienne, est un sobriquet qui désigne un faux brave.
i. De t'usaf/e et de l'utilité d'écorcher les ctievaux et les juments, par notre maître de Quebecu. Guillaume de Quercu (du chêne), do(*teur de Paris, dont Rabelais juge plaisant de modifier le nom pour y trouver, par allusion à Equa, Equus. de quoi attribuer à cet écorcheur de latin ledit volume.
5. Rustrie. Ce mol peut s'interpréter en deux sens : friponnerie ou rusticité, grossièreté. Prestolans (du latin prestoians, qui attend ou fait le pied de grue), il s'agirait de baillis, de
juges qu'on fait attendre sous l'orme.
6. Quatorze tivres de notre maître de Côte-rôtie, jambe d'dnesse, sur la moutarde à servir après dîner, apostilles par maître de Vaurillon. On ne sait quel est au juste le personnage désigné par ce sobriquet, qui implique évidemment un écrivain contemporain, pesant et ignorant. Vaurillon serait Guillaume Cordelier, qui a écrit sur Jean Scot. Pourquoi sur la moutarde à servir après dîner ? L'ouvrage auquel il est fait allusion, publié seulement après la mort de l'écrivain auquel on répondait, serait venu trop tard, comme la moutarde après diner.
T. Jabolenus, Sur la cosmor/raphie du purgatoire. On ignore quel est cet auteur d'une description du purgatoire.
S. Question très subtile, savoir si la chimère, en bourdonnant dans le vide, peut manger les secondes intentions, laquelle fut débattue, pendant dix semaines, dans le Concile de Constance. Allusion assez hardie à la longueur de ce concile et de celui de "Trente, qui se tenait alors (le premier dura quatre ansi, et aussi à certaines questions minutieuses et sans valeur, qui y furent l'objet d'un long débat.
9. Machefarine et non moche foin, comme l'interprètent quelques commentateurs. Moyens inventés par les avocats pour manger les parties en mille manières.
10. Jean Scot, dit le docteur subtil, cordelier anglais du quatorzième siècle, a écrit dix-sept volumes. Rabelais traite ses ouvrages de barbouillenients, soit à cause de leur obscurité, soit par allusion à la masse de papier qu'il a gâté et barbouillé.
rabi:lais.
La lîalepenade des cardinaux i.
De Calcarihus removendis décades undecim, per M. Albericum de
Rosaia^.
Ejusdein, de Caslrametandis crinibiifi lilj. tres^. L'Entrée d'Anlhoinede Leive es terres du Brésil*. Marforii bacalarii. cubantis Bom,v de j)e/endisque mascarendisqife,
cardinalium Mulis'^.
Apologie d'icehiy, contre ceux qui disent que la mule du pape ne mang^e
qu'à ses heures «.
Pronosticatio qUcvrncipit, SiiviiTriqiiebUle, balata -pet' M. N. Songe-
crtisyon ">.
lioiidarini episcopi, de Emulgentiarumprofectibus enneades novem,
cum privilegiopapali ad tinennium, et postea non^. La Coqueluche des moines 9.
Les Brimborions des padres celestinsi^.
Le Barrage de manducité".
Le Claquedent des marrouflesi^.
La Ratouere des théologiens i*.
1. Ratepanade {rato pennatus, rat ailé), chauve-souris. On ne sait pas ce que Rabelais désigne sous ce titre : le chapeau, la tonsure, ou la tardive apjiarilion des cardinaux dans la hiérarchie?
2. Onze décades siu- la manière d'écarter les éperons, par maître Alheric de lîosata. Epigramme contre la manie de certains religieux qu'on voyait bottés, éperonnés cl montés comme des cavaliers. Voir Prt/)/a(7>'«e/, lin du chap. lu, liv. IV :
Depiiys que...
Moynes allarent à cheval,
En ce monde abonda tout mal.
3. Trois livres du même sur la cas- IrainétratioH des cheveux. C'est sans doute une allusion à la manière de partager ou de couper les cheveux dans les différents ordres religieux.
4. Antoine de Leive, vainqueur de François I'' à la bataille de Pavie, vint assiéger Marseille en 1536, et perdit devant cette place, une belle armée, sa réputation de grand capitaine et la vie. D'autres éditions donnent, au lieu de terres du Brésil, ferres des Grecs; ce qui serait une allusion plus claire à la ville de Marseille, ancienne colonie des Grecs.
5. Traité de Marforio, bachelier cjni gît A Rome, sur la manière de parer et de harnacher les mules des cardinaux. La statue de Marforio gisait par terre dans une des cours de l'ancien Capitule. On suppose que ce Mar-
orio raille le luxe des cardinaux qu'il voit depuis si longtemps passer sur eurs mules superbement parées.
6. Cette apologie du même Marforio n'a pas présenté un sens très clair aux commentateurs.
T. Pronostication qui commence par Ballade de Sylvius Triquebille, par notre maître Sonr/ecreux. Ce maître Albert Songocreux, Biscayen, est réellement l'auteur d'une Pronostication ou sorte d'almanach.
8. Neuf ennéades (neuf neuvaines de livres, ou 81) de lioudarin, écêque, sur les profits des Emulr/ences, avec tin prioilèfie du pape pour trois ans et non plus. Emulf/ence, action de traire les animaux qui donnent du lait, pour indiilf/ences. Allusion au prolit immense qu'en tire la cour de Rome, d'où 81 livres pour contenir si ample matière.
Boudarin semble un nom forgé.
9. Coqueluche, nom donné au capuchon des moines, aussi bien qu'à une sorte de rhume tenace.
10. Allusion aux ofcupations futiles des Pères Célestins. Brimborions, outre son sens connu de menues bagatelles, parait avoir aussi le sens particulier de prières récitées à demi-voix sans attention ni intelligence.
11. Le Barrage était un droit domanial imposé sur toutes les denrées aux barres ou barrières. Rabelais joue à la fois sur la mendicité des ordres mendiants et sur leur appétit (manducité.
manducare, manger), qui se nourrit des dîmes extorquées aux fidèles.
12. Misère des gueux, auxquels le froid et la faim font claquer des dents.
13. Ratouere, c'est la ratière où les théologiens prennent les gens du monde.
L'AuibuiicliuiiDir des maistres en ars'.
Les Mamiilons de Olcam à simple tonsure-.
Magixtri X. Fripesaidcetis, de Grabellationihus horarum canoiiicariim, lifj. quadrafjinta^.
Cullebutatorium confratriarum, incerto authore*.
La Cabourne des briffaux^.
Le Faguenat des Espiignulz, supercoquelicanticqué, par Fiai Inigo''.
La Barbottine des marmiteux".
Poltionismus reruin ItaUcarum, authorc magistro Bnislefer*.
K. Lullius, de Batifolagiis principum^.
Les Petarrades des biillistes, copistes, scripteurs, abbreviateurs. référendaires et dataires, compillées par Régis '".
Almauach perpétuel pour les goutteux.
Maneries ramonandl fournellos, per M. Ecciiun^^.
Le Poulemart des marchansi-.
Les Aises de la vie monachale.
La Gualimalfrée des bieotz i-^
i. h' embouchoir est un instrument (le bois qui sert à maintenir les bottes dans leurs formes ; Rabelais donne allégoriquement ce nom à un manuel deistiné aux jeunes maîtres èsatts.
2. Ookam est le patriarche des Xojiiinalistes, et Jean Scot, celui des Réalistes. Allusion à la grande querelle qui divisa , au quatorzième siècle .
les philosophes scolastiques. Rabelais traite de marmitons à simple tonsure, ou goujats, les partisans de la première doctrine philosophique.
3. Quarante livres de notre maître àe Fripesauces, sur les (/raballutions des heures canoniques. Grabeler. signilie éplucher pièce a pièce. Il s'agit sans doute d'un long et fastidieux commentaire du livre des heures canoniques.
■i. Le Ciilbulatoire des confréries, par un auteur incertain. C'est-à-dire, destruction de confréries de dévotion dans plusieurs pays.
5. La cabourne est le capuchon (morceau de drap taillé en ovale) des moines novices, comme la coqueluche (voy. p. 7G. n. 9) celui des moines proii-fi.Driffaux, nom decertainschiens de chasse, par allusion à la voracité des moines mendiants ou manducants (voy.
p. 76, note 11).
6. Ce titre signifie puanteur (secte puante) des Espagnols, établie sur le module des coqueluchons (v. p. 79, n.9) antiques, par frère Ignace. Rabelais désigne ainsi l'ordre des Jésuites fondé par l'Espagnol Ignace de Loyola, bien qu'au moment où il écrivait, cette société naissante ne fût pas encore aplirouvée. Rabelais est sans doute un des i)reuiicrs écrivains à signaler cette
secte qui allait devenir si célèbre, et son fondateur, qui devait être canonisé.
7. La Darbotine est l'absinthe de mer, sans doute ici le reconfort, la consolation. L'auteur joue peut-être sur le mot marmiteux, qui signifie, triste, malade, et qui garde le coin du feu, la marmite.
S. Le Pollronisme des affaires d'Italie, par maître Bruslefer. On attribue souvent aux Italiens, du temps de Rabelais, l'épithète de poltrons. Etienne Brulefer, cordelier, docteur de Paris, qui vivait au quinzième siècle.
9. Raimond Lulle, des Batifolages des princes. Raimond Lulle, surnommé le docteur illaminé, célèbre alchimiste et profond érudit du treizième siècle, auteur du Grand art. Le batifolar/e, qui désigne une occupation ridicule, fait allusion à l'entêtement de certains princes à la recherche de la pierre philosophale.
10. Petarrades ou friponneries que font essuyer tous les diilérents officiers et employés de la cour de Rome.
Pierre Régis de Montpellier, célèbre prédicateur du seizième siècle.
1 1 . Man ière de ramoner les fourneaux, par maître Eccius. Ecjius, théologien allemand, adversaire de Luther; ce traité, qui lui est attribué par Rabelais, peut être une allusion à sa polémique vigoureuse contre les hérésies luthériennes.
12. Poulemart, ficelle dont les marchands se servent pour attacher les petits paquets.
13. Galimafrée, mélange, sorte de potpourri. Montaigne disait en ce sens :
« Je m'en vais faire ici une galimafrée. 1)
L'Ilisloire des iarladetzi.
La Beli?traiidiedes millesouldiersâ.
Le-s llappeloiirdes des officiaiixs.
La Baudiiffe des tliesauriers^.
Badin atorium SorbonifonidiDii'^ .
AntipencatametanaparbeufjedaviphicribraUones mendicaiUiu)n^\
Le Limasson des rimasseurs''.
Le Boutavent des alchyniistes*.
La iMcquenocqiie des questeurs, cababezacé par frère Serratis^.
Les Entraves de religion i".
L'Acroudouoir de vieillesse 'i.
La .Muselière de noblesse 1^^.
La Patenostre du riiige'-'.
Les Grezillons de dévotion'''.
La Marmite des Quatre Temps '<>.
Le Mortier de vie politlcquei".
Le Monscliet des bermitesi''.
La Barbute des pénitenciers i**.
Le Trictrac des frères frapparsi^.
1. Allusion h. une supercherie des cordelicrs d'Orléans qui, en 1534, s'appropi-iiTent la succession d'une dame de cette ville, en effrayant ses héritiers par rajjparition d'un fantôme {farfadets, sorte d'esprits follets).
2. Coquincric , lésineriu des avares qui entassent soi (ou soûl) sur sol.
D'autres entcndonl la sottii-c dos soldats invalides, qui reçoivent une pension dérisoire de i)nlli; sous.
3. Happidourdes , ruses lourdes, grossières, pour happer, attraper l'aigent,