Babeau, op. cit.,t. II, p
dont les rêveries de leur imagination exaltée par l'enthousiasme d’un faux système sont seules susceptibles » (1). Et des historiens modernes ont, eux aussi, défendu la cause de la vieille monarchie contre ce puissant novateur. « Il ne peut jamais être tout à fait vrai, dit M. Léonce de Lavergne (2), qu’une nation qui vit et marche n'ait point de constitution. Le mot de Turgot, ou plutôt de Dupont de Nemours, allait donc au delà de la vérité. Ils y ajoutaient quelques autres principes d’un radicalisme contestable, comme celui-ci : « Les droits des hommes réunis en société ne sont pas fondés sur leur histoire, mais sur leur nature », ce qui est vrai sans doute en règle générale, mais ce qui doit subir des exceptions au moins temporaires, en présence de faits historiques et puissants. » Convenons, en effet, que Turgot était un peu déjà révolutionnaire.
Le fond même du projet n’est pas exempt de critiques. Il est fort inspiré des idées physiocratiques. M. Léonce de Lavergne fait à Turgot un grief d’avoir cru qu’on pouvait mener de front les réformes politiques et les réformes économiques. Celles de la secte n’eussent peut-être pas été fort heureuses; la théorie de l’impôt réel, unique; est erronée, et particulièrement fausse pour la France qui n’était pas un royaume