LA
G. Mangin
CR ONEE
toutes les industries sont intéressées à la bonne marche les unes des autres, tous les salariés sontintéressés aux gains les uns des autres, on leur paiera d'autant plus cher leurs services qu’il y aura plus de PAS pour
les leur demander.
Et la flânerie systématique diminuera la tendance à J'angmentation de la production, qui est une condition indispensable du progrès et du confortable. À
On voit donc que le salaire aux pièces, qui est très ancien et dont le développement avait paru constituer un véritable progrès, est en réalité au moins aussi antisocial que le salaire à l'heure. - 6
Salaires à primes. — Les salaires à primes sont ceux qui se composent d’une partie fixe constituant un salaire à la journée ou à l'heure et d’une partie variable qui dépend de la production ou, plus généralement, de la différence entre la production réelle et une production minima exigée. K
Les salaires à primes comportent donc tous un minimum journalier sur lequel l'ouvrier peut compter, et ceci suffit à leur donner une-grande valeur sociale : le salaire minimum est depuis: longtemps une des plus importantes revendications ouvrières. *
On a longtemps objecté au salaire minimum qu'il correspondait à une production minima et que les ouvriers, trop jeunes ou trop vieux, qui n’atteindraient pas cette production seraient privés de leur gagne-pain.
Geci n’est exact que si, dans la même profession, le
salaire minimum estle même pour tous! et il est difficile qu’il en soit autrement quand le minimum est fixé par Ja loi. Quand, au contraire, le minimum est contractuel, qu'il résulte du contrat d’embauchage individuel ou d’un contrat collectif où interviennent les syndicats, il n'y a plus, dans la profession, un seul minimum, il peut y en avoir plusieurs suivant les catégories où les ouvriers sont rangés d'après leur valeur.
Les syndicats savent très bien que leurs adhérents sont de producfivités différentes et bien peu maintenant ont la prétention de faire pay er exactement le même prix les bons et les mauvais.
Le tarif minimum correspondant à des exigences minima de production, variera, si l’on veut, suivant l’âge, les charges de famille, la capacité déterminée par
des essais qui pourront être contrôlés par des représen-
- tants ouvriers. Nous signalons que dans les Arsenaux
de la Marine ce système d'essais fonctionne très bien. Les chemins de fer de l'Etai Prussien qui viennent de réformer complètement leurs salaires et d'appliquer un
. tarif à primés proportionnelles de Hoff sur lequel nous
reviendrons, tiennent compte de tous ces éléments pour
Jà détermination du salaire minimum, dit encore de
base ou d’affütage.
Les salaires à primes et minimum permettent donc l'emploi des débutants et des demi-ouvriers.
Ce sont en outre les tarifs qui, bien ne peu-
vent réaliser le plus de justice.
Nous avons vu que le tarif à la journée et le tarif aux pièces sont toujours plus ou moins injustes pour l'une des deux parties : ils sont d’ailleurs d une conception mathématique et comptable trop simple pour tenir compte de tous les éléments qui entrent dans la question du salaire et celle de la production.
En effet, le salaire et le prix de vente sont en rapports étroits l’un avec l’autre, et iis réagissent l’un sur l’autre, Fe
Supposons atteint l’état d'équilibre ? toute varialion du salaire, à égalité de production, fera varier dans le même sens le prix de vente, mais si le salaire croît proportionnellement à la production, le prix de vente tend
à diminuer : pour que le salaire ne diminue pas, il
faut perfectionner l’outillage, donc que le patron prélève
une part proportionnellement plus grande du prix de vente. Même si l’ouvrier accroît sa production, l'outillage restant le même, à cette augmentation de production correspond une plus grande consommation de force motrice, une plus grande usure des outils et des machines et généralement un plus grand gaspillage de matières. Il n’est donc pas juste que la part du salaire croisse aussi vite que l'augmentation de production, sans quoi, la production croissant, le prix de revient total par objet croirait aussi; or aucun patron n’admettra un accroissement de production qui ne diminue ou
au moins laisse constant son prix de revient. S'il l’ad-
mettait il serait obligé de compenser sa perte par une
vente proportionnellement plus développée quiaugmenterait ses frais commerciaux, ce qui est inadmissible dans la plupart des cas.
Donc, tout salaire à prime doit avoir les deux consé-
quences principales suivantes:
4° L’ouvrier qui n’atteint pas, pendant une période déterminée, la production minima quotidienne correspondant au salaire de base est congédié. Il y a là un moyen de se débarrasser automatiquement des ouvriers qui flânent ou qui sont trop souvent absents irrégulièrement ;
2° La prime doit être telle que la partie du prix de revient unitaire relative aux salaires diminue dans uné proportion déterminée par l'étude des autres facteurs du prix.
Il en résulte que la variation de la prime doit être étudiée mathématiquement et non pas fixée a priori, qu'iln’y a pas, en général, de système meilleur que les autres et que les salaires de base et la prime ne peuvent être les mêmes, pour une même industrie, dans des usines différentes à cause de leurs avantages ou inconvénients d'emplacement, de leurs facilités d'approvisionnement, de leur oulillage, de leurs débouchés, des qualités et de l'abondance de la main-d'œuvre, etc.
Beaucoup d'auteurs ont fait des théories complètes des salaires à primes, théories mathématiques et théories philosophiques ; ce sont là de pures spéculations de
l'esprit, sans grande valeur d'application
Le procédé le plus simple est le graphique, qui donne
des résultats ‘très clairs et facilement traduisibles en
formules ou en tableaux.
A notre avis, comme, pour une usine, donnée le
salaire dépend de l'état du marché, il y aurait lieu de
tracer la courbe des prix de revient admissibles en
fonction de la production et de la vente possibles, de tracer aussi la courbe des frais de produetion et de vente autres que les salaires : frais généraux, matières, locaux, force motrice, frais de vente, etc... Les différences
“ Ë d'ordonnées de ces deux courbes donneront la courbe:
des salaires admissibles en fonction de la produc- :
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‘tion.
On adoptera, si l’on veut, une courbe plus régulière
en dessus ou en dessous de la courbe trouvée qui aug-.
mentéra ou diminuera légèrement la part des bénéfices
patronaux, et on traduira ensuite la courbe adoptée en
formules ou en tableaux, pour la commodité de la comptabilité. ? .
- IL est de toute nécessité que les ouvriers connaissent. la loi du salaire qui leur est appliquée, sans quoi la prime perd son effet stimulant, c'est bien évident. Il est même utile, qu'ils la discutent avec leur patron, qu'ils en comprennent l’origine et le mécanisme.
On évitera ainsi de permettre aux ouvriers de crier aux abus et à l'exploitation patronale. On recueillera
souvent le plus grand bénéfice en les appelant à colla-
borer, par leurs représentants, à l'élaboration des tarifs.
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parce qu ils se sentiront intéressés à la bonne marche de la maison et seront mieax renseignés.
Ilconvient d'examiner dans chaque cas si le tarif est suffisamment stimulant et s’il ne conduit pas au surmenage. “ Pour que le tarif soit süimulant, il faut que la courbe qui représente le salaire en fonction de la production, soit assez rapidement croissante à parlir du salaire de base, il faut qu’ensuite son ascension soil moins rapide, comme ñous l'avons vu, pour tenir compte de l'aug- RE mentation des autres frais de production qui ne sont généralement pas proportionnels. Il faut enfin que l'augmentation de salaire se ralentisse considérablement -\ dès que la production atteint une valeur qui pourrait amener le surmenage.
Il est à peu près évident que ces conditions ne sonk pas parfaitement réalisées par les tarifs linéaires ou à primes proportionnelles, mais exigent des courbes représentatives dégressives. Que le salaire lènde vers une limite ou croisse sans limite est une question qui géné- -ralement est sans portée pratique. Les tarils à limites ou asymploliques sont ceux dont la définition mathémalique est la plus satisfaisante, et leur théorie est une intéressante conceplion de l'esprit.
4 En pratique, la production est limitée à ua multiple, d'ordre assez peu élevé, de la production de base; il
suffit que dans la région intéressante le tarif soit
limité.
Toutefois lorsqu'il s’agit d'un travail entièrement nouveau et que l’état actuel de la technique ne permet pas d'étudier cemplètement à l'avance, ou que la nécessité n’en donne pas le temps, il est bon de recourir aux tarifs asymptotiques qui ne conduiront pas à des salaires excessifs. C'estle cas des industries de guerre.
Avant d'examiner les principales formules de primes en usage, nous ferons remarquer que le salaire de base correspond à une production maxima exigée qui donnerait le même salaire avec le tarif aux pièces. Au-delà
de cette production, tous les tarifs à primes actuels
donnent des salaires inférieurs à ceux que donne le tarif
aux pièces. Nous avons expliqué précédemment com-
ment celte réduction était justifiée.
Principales formules de primes. — Le tarif Yorx est
un tarif à minimum qui croit proportionnellement à la
totalité de la production de l’ouvrier. {1 participe donc : aux avantages et aux inconvénients du tarif aux pièces, |
possibilité d'un salaire exagéré ou d’une limitation sys-
tématique de la production. Ils est peu stimulant en ce que l'ouvrier touche une prime dès le début de sa prodüuction, il peut donc avoir une production irrégulière pourvu que sa production totale lui donne une paie qui lui permette de vivre. C'est là une possibilité très préjudiciable pour les patrons carleurs machines et toutes leurs installations sont mal utilisées. |
Ici le salaire minimum est touché même pour une
production très faible puisqu'il n'y a pas de minimum