‹ Les Idées Modernes d'Organisation: Leur Influence SocialeChapitre 21 sur 25 · MO ES · texte numérisé non relu

MO ES

s'accorde loutefois pour trouvér ce tarif moins stimu-:

lant que les autres.

Les tarifs Wrcians, Hazsey el Towne donnent en outre:

du salaire de base une prime proportionnelle à: l’excès.

de la production réelle sur la production de base, la

prime par unité de production étant inférieure au prix

unitaire de base, qui est le prix du tarif aux pièces. La

prime est de un tiers du prix unitaire de base dans le-

tarif Halsey, de la moitié dans le tarif Willans.

Ces tarifs sont dégressifs. Cependant la même for-

mule permet d'accorder des tarifs progressifs, ‘où la prime est supérieure au tarif aux pièces. C'est le cas de certaines houillères Cette application est intéressante, çar il faut un effort très considérable pour les ouvriers: travaillant au fond pour augmenter leur production audessus de la production de base qui est soigneusement.

établie, et d'autre part l'augmentation de production

horaire abaisse considérablement le prix de revient à.

cause de l'énormité des autres facteurs qui intervien-

nent. g é Le salaire progressif est d'un maniement délicat et ne peut être introduit que dans des cas particuliers très.

S < Vo : à rares où la dépense de main-d'œuvre influence peu le

prix de revient et où les conditions de la production.

sont bien connues Les défauts du salaire aux pièces Y sont exagérés. :

Ils sont au contraire atténués avec le système dégres-sil, mais il n'en reste pas moins que, la variation du

se] EE

‘ salaire étant linéaire, celui-ci peut croître indéfiniment,

tendant par conséquent à limiter la production des ouvriers ou à faire opérer dés révisions de salaires dans le sens de la baisse.

Les salaires modernes américains rentrent dans la catégorie des tarifs linéaires ou proportionnels. Ils ne

sont applicables que dans le cas-où la production nor-

: t ren tes rs male de l’ouvrier a été déterminée avec une grande

précision.

Ils conduisent à une complication, car il faut, en

‘toute justice, ranger les ouvriers en plusieurs classes,

suivant leur capacité de production et leur donner des salaires de base et des productions de base différentes. Il faut aussi, suivant le système Taylor, leur donner des instructions assez précises pour qu'ils puissent exécuter la tâche minima, à cause de l'effet considérable qua sur le salaire la réalisation de celte tâche.

Taylor paie l'ouvrier suivant un tarif aux pièces

assez faible jusqu'à ce qu'il ait accompli la production de base ; à ce moment il y a une augmentation brusque

du salaire, l’homme qui a accompli la tâche reçoit non

le prix du larif mais ce prix augmenté d'une quantité

fixe. Au delà, il est payé suivant un nouveau tarif aux

- pièces dont le prix unitaire de la pièce est plus élevé.

que le précédent. Il n’y a donc pas de salaire minimum. Au contraire, Gantt paie un tarif minimum qui est constant et reste valable jusqu’à la production de

base. Alors se produit, comme dans le tarif Taylor, une a

augmentation brusque, puis l’ouvrier est payé suivanb un nouveau tarif à l'heure ou à la journée constant. Une modification consiste à payer aux pièces au delà de la production de base. 5

Les tarifs de Taylor et de Gantt sont donc des salaires ‘à échelons. Nous avons décrit chacun d'eux avec un seul échelon, mais ils peuvent en comporter successivement plusieurs. On pourra, pour des ouvriers de capacités très différentes, adopter un type unique de tarif à plusieurs échelons, chaque échelon correspondant à la capacité normale de production d’une catégorie d’ouvriers : ceux-ci ne pourront se plaindre puisqu'ils seront tous placés sous le même régime.

Les salaires à échelons ne sont applicables sans inconvénient que lorsque les productions normales sont

déterminées avec une grande précision, parce que chaque

ouvrier arrive à savoir quelle est la production qu’il ne :

peut dépasser, donc à quel échelon il appartient : il produira juste assez pour atteindre cet échelon en pro. filant de la dernière augmentation brusque de salaire qu’il lui est possible d'obtenir et il ne cherchera pas à aller au delà. |

Cet inconvénient, particulièrement sensible dans le système à paliers de Gantt, est atténué si l’on multiplie suffisamment le nombre des paliers, ce qui complique peu le système Gantt. Avec le tarif Taylor, la limitation

volontaire de production est peu sensible.

Comme les bureaux de paie appliquent-généralement

des barêmes, la complication apparente de ces tarifs n'offre pas de difficulté, puisque le calcul est fait une fois pour toutes.

Lbuires æ échelons.

L°Buoe - Bouchon roimate Lun cuyrxér inedeocte 27 Vue - Frouuction normal: & un bor cuyreer.

ee te ee mme mme me ne

Caen lie la qournee.

M EL Agde Le A nd manner

part Re Clitiyete

0 7 2 3 z 5 (Goducton) = 1% bave LE 0ave

Faure 2e Dans les Arsenaux de la Marine française, on emploie à jusqu'à une première production de base le salaire minimum constant, au delà l’ouvrier reçoit une prime

— proportionnelle type Halsey jusqu’à une deuxième pro-

duction de base, après laquelle il reçoit une prime proportionnelle nouvelle type York. Le tarif est dégressif et limite le surmenage, car le prix unitaire est plus faible au-dessus de la deuxième production de base qu'’au-dessous. | :

Nous sommes donc en présence d’un tarif linéaire brisé ; dans la dernière partie le salaire croil très lentement, les ouvriers soht donc incités à ne Dhs dépasser la deuxième production de base. Ces tarifs ne peuvent s'appliquer avec bénéfice que lorsque les productions minima sont parfaitement étudiées.

À la limite, quand on pousse très loin leur différenciation, les tarifs brisés et les tarifs à échelons deviennent des tarifs dont la ligne représentative est courbe, il n’y a donc pas de différence de principe entre les uns et les autres. |

Certains tarifs courbes sont succeptibles d’une traduction algébrique simple, notamment ceux de Rowan, de Lallemand, de Bayle, d’autres ont des courbes empiriques dont l'équation serait compliquée et sont peu employés. | SRE ee Nous avons montré plus haut que les tarifs de salaires devraient être établis empiriquement à partir du prix de vente possible et des autres éléments du prix de revient; on aboutit ainsi à des courbes dont l'équation serait complexe. … : fs = ES

On les remplace alors par des courbes. appro-

chées à définition mathématique simple ou par des

TD

séries de droites formant lignes brisées ou bien on les traduit tout simplement en barêmes.

Il faut aussi que le tarif reste stimulant, qu'il ne présente donc pas de maximum pour une production qu’un ouvrier peut atteindre.

Tous ces éléments doivent intervenir dans le choix d'un tarif courbe. Le salaire /ogarithmique et celui de Lallemand croissent indéfiniment, mais à partir d'une certaine production la prime augmente assez lentement

pour éviter tout surmeuage : c’est indispensable surtout

dans les conditions où Lallemand a employé son tarif,

pour les opérations du nivellement général de la France, car l’opérateur doit réaliser une grande précision. -

Lallemand en a fait une représentation graphique

‘par abaques hexagonaux très intéressante.

Le tarif Æorwan limite le salaire total à deux fois le salaire de base, et ce maximum ne serait atteint que pour une production infinie ; au voisinage du salaire

de base, le prix unitaire est sensiblement le même

. qu'avec le tarif aux pièces, ‘il décroit ensuite et sa dé-

croissance est surtout rapide à partir d'une production double de la production de base.”

Ce tarif a l’avaniage d’être limité, il ne conduit donc

pas les patrons à des Surprises et ne les incite pas à

reviser le tarif dans le sens de la baisse ; il donne donc aussi des garanties de stabilité aux ouvriers, Il limite

les suites financières. des erreurs d'évaluation du patron,

ce qui est particulièrement intéressant pour des fabri-

cations nouvelles mal connyes et qu'on a dû monter sans avoir le temps de faire les chronométrages et devis-temps habituels.

Le salaire Rowan est à la fois industriel et commercial, parce qu'il tient compte de l'augmentation des frais généraux, de force motrice, etc. qu’entraîne l’augmentation-de production, puisqu'il abaisse le prix de revient unitaire dû à la main-d'œuvre au fur et à mesure que la production croît, et parce que, faisant baisser le prix des produits quand la quantité mise sur le marché augmente, il permet leur vente facile, il assure une courbe des offres ayant la même allure générale que la courbe des demandes, ce qui n’a pas lieu avec les salaires proportionnels.

Le tarif Rowan s'applique bien aux industries de guerre, car il pousse à la production sans allouer de salaires exagérés. M. Bayle lui a pourtant reproché de n'être pas assez longtemps stimulant au delà de la production de base et il a donné des formules plus stimulantes pour les gens très aclifs, tant en limitant le salaire total à deux ou trois fois le salaire de base,

Les tarifs Bayle sont {rès progressifs, ils ne présentent | pas, à la différence de tous les autres, de brisure à la production de base, on le leur a même reproché : il est vrai qu'ils sont peu stimulants au voisinage du salaire de base, mais ils reportent bien au delà le maximum d’attrait du travail et c’est très important pour les

fabrications de guerre et beaucoup de fabrications nou-

velles, où la production de base est mal connue et toujours choisie trop faible.

Sabrire

Here cour Ced dégresésf].

Pure 3.

Nous n'examinerons pas d’autres tarifs, chacun peut en trouver de nouveaux et même d'excellents qui conviennent spécialement à une usine déterminée. Il n’y a

en réalité que des cas particuliers à examiner parce qu'il

, — 118 — n'y à pas deux usines semblables dans la même industrie. Le salaire doit forcément dépendre du prix de vente et d’une quantité souvent énorme de facteurs de

la production autres que la main-d'œuvre : une étude:

approfondie donnera seule dans chaque cas le tarif à appliquer. :

Nous terminerons toutefois cette étude par trois. remarques : la première est que le tarif Rowan et le tarif Halseÿ consistent tous deux à payer à l'ouvrier le temps qu'il épargne, le premier au larif du temps réellement mis compté au prix horaire de base, le second au tarif du temps alloué également au prix horaire de base.

La deuxième remarque est que, si on traduit les différents tarifs. par des courbes représentant le salaire. total en fonction de la production, au voisinage de la production de base, les différents tarifs à prime donnent des résultats peu différents. Il est donc puéril d'attribuer à l’un d’eux une valeur supérieure aux autres si l'on & pu déterminer. avec précision le travail moyen d’un ouvrier, donc la production de base, parce que la production réelle la dépassera d’assez peu en moyenne. I} est donc préférable d'adopter des formules simples, qui

soient bien comprises des ouvriers, et pratiquement des.

tarifs linéaires pour les fabrications anciennes bien con-

nues et des tarifs courbes à maximum pour les fabri-

cations nouvelles ou les travaux non susceptibles d'une

évaluation précise, comme la plupart des réparations. La troisième remarque est que le salaire York se con.

— 119 ee fond avec le salaire Halsey, de même cofficient angulaire,

si pour tous deux la production correspondant au salaire

de base est la même. Il n'y a pas de: différence sauf

qu'au-dessous de la production de base, l’avantage est

au salaire York qui, étant moins élevé que l’autre, est

plus stimulant.

Page 1