‹ Les idées morales de DiderotChapitre 181 sur 234 · XV, 181-2. Cf. Simonide, rem. E (V · texte numérisé non relu

XV, 181-2. Cf. Simonide, rem. E (V

liberté ”, et aussi les «raisonnements contre le Manichéisme » que le même auteur destinait aux « personnes de petite foi »2. Il prend à l’article de Bayle sur « Épicure » sa réfutation de la Providence ÿ.

À l’article « Pyrrhonisme » *, Diderot nous donne son jugement dernier et total sur Bayle : «le principal service qu’il a rendu, ce fut d'apprendre à ignorer ce que l’on croit savoir », «redoutable, quand il prouve ; plus redoutable encore, quand il objecte ». Il semble que Diderot ramène tout le rôle historique de Bayle à avoir été un critique qui enseignât le doute ; mais, s’il a ébranlé les dogmatismes, et pour toujours, 1l n’a pas détruit et surtout pas remplacé. On s'explique ainsi l'opinion quelque peu dédaigneuse de Diderot sur le Dichonnaire, par où nous sommes conduits à estimer assez faible l'influence que Bayle a pu exercer sur les idées, et surtout les idées morales de Diderot. Bayle fut surtout utile pour montrer l'indépendance de la croyance religieuse et de la pratique, l’inutilité de la religion au point de vue social ; mais cette séparation était, nous l'avons vu, vers 1740, communément admise par les esprits et réalisée dans la conduite des hommes, Diderot n’eut donc pas besoin que Bayle lui apprit cela. Et, quant à la partie originale et constructive de l'œuvre de Bayle, quant à cette « morale rationnelle » qu'on a pu dégager de ses écrits, loin d’en subir l’action, Diderot, pas plus que ses contemporains, ne semble l’y avoir aperçue. [ci encore sa dette est mince.

Le « sage Fontenelle » ÿ.eut-il une influence plus directe ? Diderot connut personnellement Fontenelle vieillard ; il se recom-

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