XVI
Mais ici encore c’est à l'Encyclopédie que vont les principaux apports ; et ils proviennent naturellement du Dictionnaire. Sur cet ouvrage Diderot nous a donné son avis à l’article « Encyclopédie » :
Le temps qui a émoussé notre goût sur les questions de critique et de controverse a rendu insipide une partie du Dictionnaire de Bayle. Il n’y a point d'auteur qui ait tant perdu dans quelques endroits et qui ait plus gagné dans d’autres Î.
Jugement peu enthousiaste, que Diderot complète plus loin, en un endroit où il se loue du succès de l'Encyclopédie :
Il y a des personnes qui ont lu l'Encyclopédie d’un bout à l’autre, et, si l’on en excepte le Dictionnaire de Bayle, qui perd tous les jours un peu de cette prérogative, il n’y a guère que le nôtre qui-en ait JOUER
Diderot considère donc que le livre de Bayle est un ouvrage périmé, dépassé et qui ne peut plus nourrir un esprit de son temps. Cela n'empêche qu'il y puise fréquemment.
Et d’abord, comme on l’a remarqué à, il imite Bayle dans sa pratique des renvois insidieux, et il en fait la théorie *: Les renvois, dit-il, « opposeront les notions ; ils feront contraster les principes ; ils attaqueront, ébranleront, renverseront secrètement quelques opinions ridicules qu’on n'’oserait insulter ouvertement ». — Mais d’autres emprunts sont plus matériels. L'article Spinoza de Bayle fait la plus grande partie de celui de Diderot 5, Diderot y renvoie encore au mot « Identité » $. Au mot « Immatérialisme », il utilise l’article « Simonide » du Dictionnaire critique ?.
Il reproduit, — pour la réfuter avec une faiblesse sans doute voulue, — la critique que fait Bayle du sentiment interne de la
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