XIII, 298 — Hist. des Oracles, éd. Maigron, p
LESSSOURCES DE DIDEROT 243
montre l’absurdité d'admettre des démons pour combler l’espace intermédiaire entre Dieu et les hommes. De là aussi Diderot a extrait la critique de la fable du grand Pan t.
La Digression sur les Anciens et les Modernes est mise à profit pour l’article « Philosophie » où Diderot ia cite textuellement trois fois ?. D'autre part, Diderot fait sien le jugement que Fontenelle y porte de Descartes, plus grand et plus utile par la méthode qu'il introduisit, que par la doctrine qu'il a édifiée ÿ.
Mais, de tout cela, il ne restait rien qui nous permette de croire à l'influence de Fontenelle sur les idées morales de Diderot : on ne saurait décider s’il a lu et goûté le petit traité du Bonheur, où Fontenelle a exprimé en termes délicieux son idéal d’une vie heureuse, dont le bonheur serait une conquête du vouloir, conquête sans violence, toute de diplomatie ; — on voit seulement, par l'article Patience, que Diderot connut le Discours sur la patience, beaucoup moins important pour la pensée de Fonte- Telle
C’est qu'au point de vue qui nous occupe, leurs deux natures.
PAM PIO2 = #DAI2-12 D 39-11 Unpeu arrangé.
PORN OR POonteneleMMNSETO XV 289 =} Rontenelle IV 10132; XVI, 290 — Fontenelle, IV, r98.
3. Enc., art. Logique, XV, 528 : « Descartes, le vrai restaurateur du raisonnement, est le premier qui a amené une nouvelle méthode de raisonner, beaucoup plus estimable que sa philosophie même, dont une bonne partie se trouve fausse ou incertaine, selon les propres règles qu'il nous a apprises. C’est à lui qu’on est redevable de cette précision et de cette justesse qui règne, non seulement dans les bons ouvrages de physique et de métaphysique, mais dans ceux de religion, de morale, de critique. »
Cf. Fontenelle, Digression, IV, 182-3 : «.….. C’est lui, à ce qu'il me semble, qui a amené cette nouvelle méthode de raisonner, beaucoup plus estimable que sa philosophie même, dont une bonne partie se trouve fausse ou fort incertaine, selon les propres règles qu’il nous a apprises. Enfin il règne, non seulement dans nos bons ouvrages de physique et de métaphysique, mais dans ceux de religion, de morale et de critique, une précision et une justesse qui jusqu'à présent n'avaient guère été connues. »
Ces emprunts — notons-le en passant — attestent que la Digression a une importance historique — aussi bien qu’une importance intrinsèque — supérieure à celle que lui attribue M. Maigron dans son étude.
4. Enc., art. Patience, XVI, 222 — Fontenelle, Discours sur la patience, III, 215 sq. (La première partie de l’article est prise de Toussaint.)
ne présentent guère que des contrastes : Fontenelle, plus intelligent que sensible, ne subissant l’action du sentiment qu'après qu'il s’est éclairci en idée, et doué d’une conscience sociale bien peu développée, ennemi de tout prosélytisme philosophique, constatant avec approbation que ce « qu'on appelle le peuple n’est jamais fort éclairé » !, ne devait guère attirer une âme de sensibilité passionnée et expansive, comme fut Diderot. On sent parfois percer quelque chose de cette répugnance instinctive du plébéien, qui veut être peuple, à l’égard du mondain détaché de tout et des hommes, par exemple quand il fait demander par Bordeu si « ce ton frivole », qui est celui de Fontenelle, «convient
aux sujets graves » ?.
Fontenelle n’est pas un maître de la pensée de Diderot. On sait l'admiration que Diderot professait pour Montesquieu, et qu'il a plus d’une fois chanté la louange de l’auteur de l'Esprit des Lois. Au milieu de l’article « Éclectisme » #, il s'arrête pour saluer la mémoire du grand homme qui vient de mourir :
J'écrivais ces réflexions le 11 février 1755, au retour des funérailles d’un de nos plus. grands hommes, désolé de la perte que la nation et les lettres faisaient en sa personne et profondément indigné des persécutions qu'il avait essuyées. La vénération que je portais à sa mémoire gravait sur son tombeau ces mots que J'avais destinés quelque temps auparavant à servir d'inscription à son grand ouvrage de l'Esprit dES LOIR