XIV
faire à la France, et du service important qu’il venait de rendre à l'Univers !
Vingt ans après, Diderot se souvenait encore'avec satisfaction de cette journée où il fut seul à rendre hommage:au génie :
On a élevé beaucoup de catafalques, on a conduit bien des fils de rois à Saint-Denis sans que je m'en sois soucié. J'ai assisté aux funérailles du président de Montesquieu, et je me rappelle toujours avec satisfaction que je quittai la compagnie de mes amis pour aller rendre . ce dernier devoir au précepteur des peuples et au modèle des sages !.
Ailleurs il égale l’auteur de l'Esprit des Lois à Platon, qu'au reste il semble avoir assez mal connu ?. S'il conteste l’affirmation de Montesquieu, « que c'est un grand et sublime spectacle que celui du gouvernement féodal », il s'empresse d'ajouter :
Je m'incline toutes les fois que je prononce ce nom, et je ne me permets pas de discuter Ÿ. |
Les vestiges de la lecture de Montesquieu, on les trouve à plus d'une page de l'Encyclopédie : il n’est que de parcourir les articles Argent, Bâton, Citoyen, Célibat, Cour, Obéissance, Législateur, Liberté civile. *
1. IV, 15. Cf. Grimm, Cor. II, 149 : « Le convoi funèbre s’est fait sans. personne. M. Diderot est, de tous les gens de lettres, le seul qui s’y soit trouvé ».
2. XIV, 487. — Diderot dit, dans le Plan d'une Université, III, 487 : « Les ouvrages de Platon, abrégés de la science universelle, sont trop profonds même pour les maîtres, et je les vois au moins aussi propres à gâter l'esprit qu’à perfectionner le style ». Le baron d’Holbach, au cours d’une conversation, réédite la comparaison de la forpille, tirée du Ménon, et Diderot ne la reconnaît pas (à Mlle Volland, 28 oct. 1760). A l’article Philosophie, XVI 277, Diderot attribue à «l’empereur Antonin » le mot bien connu de la République, que les peuples seront heureux quand les rois seront philosophes ou que les philosophes seront rois.