Amsterdam, 1704. [P
6G2Œ KT: T,;p164; ci Mémoires, IL'pAiro. — Dére passage on pour-
L'auteur des Mémoires décrit le communisme des sauvages et les bienfaits qui en résultent :
Les sauvages ne connaissent ni tien ni mien, car on peut dire que ce qui est. à l’un est à l’autre... Ils trouvent étrange que les uns aient plus de bien que les autres, et que ceux qui en ont le plus sont sic) estimés davantage que ceux qui en ont le moins... On a beau leur donner des raisons pour leur faire connaître que la propriété des Biens est utile au maintien de la société, ils se moquent de tout ce qu’on peut dire sur cela. Au reste ils ne se querellent, ni ne se battent, ni ne se volent et ne médisent jamais les uns des autres (Tome II, 97-8).
Pas de lois, pas de cette culture qui n’apporte que soucis.
Ils se moquent des sciences et des arts, ils se raillent de la grande subordination qu'ils remarquent parmi nous. Ils nous traitent d’esclaves, ils disent que nous sommes des misérables dont la vie ne tient à rien, que nous nous dégradons de notre condition, en nous réduisant à la servitude d’un seul homme qui peut tout et qui n’a d’autre loi que sa volonté, etc. Il prétendent que leur contentement d’esprit surpasse de beaucoup nos richesses ; que toutes nos sciences ne valent pas celle de savoir passer la vie dans une tranquillité parfaite, qu'un homme n’est homme chez nous qu’autant qu’il est riche !.
Dans le Dialogue qu’on croit généralement de Gueudeville ?, la critique se fait plus vive encore et le ton plus âpre : le bonheur
rait inférer que D. fut séduit par le caractère antireligieux et anticlérical, très prononcé, de l'ouvrage, plus que par son caractère antisocial. Mais nous ne recherchons pas là une source, nous nous efforçons seulement de retracer un courant de pensée d’où Diderot dérive. — Une étude très fouillée et érudite sur La Hontan avec bibliographie détaillée à été publiée par M. J.-Edmond Roy, dans les Proceedings and transactions of the. Royal Society of Canada, 1894, p. 63 sqq. [en français]. — Cf. le P. Lafitau, Maœurs des sauvages américains.…., 1714, I, p. 111 : « Tous les Barbares et tous les sauvages n’ont pas à la vérité cette métaphysique que leur donne le baron de La Hontan dans ses dialogues, où il fait parler un sauvage sur la religion, de manière cependant qu’il en prétend conclure contre la Religion même. Tous les raisonnements qu'il lui fait faire sont de son invention, et l’on y découvre aisément un de ces libertins quis’étourdissant sur des vérités incommodes, voudraient que les autres n’eussent pas plus de Religion qu'eux » [Je cite d’après la re éd., non celle de 1705, plus hardie-encore|- Cf T,,.583 ; IT, :231.