Eléments de physiologie, IX, 351 ; cf. 1bid., IX
de la liberté, qu’on ne confond que trop souvent avec le volontaire » ! | | Contre cette raison scientifique, on invoque la prétendue évidence du sentiment intérieur : elle n’est qu'illusion ? ; et même, la liberté telle qu’on la décrit dans l’école forme un pa contradictoire : car cette liberté imaginaire n’est à peu près réalisée que par le fou, c’est-à-dire l’homme nécessité par excellence :
La jouissance d’une liberté qui pourrait s'exercer sans motifs serait le vrai caractère d’un NE Le
Et voici la formule où Diderot condense son idée du déterminisme absolu :
Dans l’homme qui réfléchit, enchaînement nécessaire d'idées ; dans l’homme qui agit, enchaînement d'incidents, dont le plus insignifiant est aussi contraint que le lever du soleil. Double nécessité, DAApLE à l'individu, destinée ourdie depuis l'origine des temps ie qu'au moment où je suis À.
Par suite, « si nous étions mieux instruits, nous verrions toujours que tout ce qui est, est comme il doit être, et qu'il n y a rien d’ HÉPRREE ni dans les extravagances ne hommes, n1 dans leurs vertus » ?
Mais une telle affirmation n'est-elle pas la ruine de toute morale ? ne va-t-elle pas, au moins, incliner déjà dans une certaine direction la morale du « philosophe » ?
Évidemment le fait qu’on pose le déterminisme rigoureux de toutes nos actions et de toutes nos pensées attiendrait gravement
Enc., art. Droit naturel, XIV, 207.
Jacques le Fat., VI; 264-5.
Ibid.
Réfut. de l'Homme, IT, 373. — Cf. II, pie note 2.
ERA Éthiopiens, XIV;:531;10f2art 0 Fortuit MR ARCE or terme assez commun dans la langue, et tout à fait vide de sens dans la nature. Nous disons d’un événement qu'il est fortuit, lorsque la cause nous en est inconnue, que sa liaison avec ceux qui le précèdent, l’accompagnent ou le suivent, nous échappe, en un mot lorsqu'il est au-dessus de nos connaissances et indépendant de notre volonté ».
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la morale courante qui place la valeur de l'individu dans l’intention ; au contraire elle fortifiera une doctrine qui met au premier plan la notion d'utilité sociale : conséquences opposées que Diderot a également mises en lumière.
Au premier point de vue, l'intention de celui qui agit ne peut être bonne n1 mauvaise, louable ni blâmable ; elle est nécessaire : «nous ne Sommes que ce qui convient à l’ordre général, à l’organisation, à l'éducation, et à la chaîne des événements » 1
Mais s'il n y a point de liberté, il n’y a point d'action qui mérite la louange ou le blâme ; il n’y a ni vice ni vertu ; rien dont il faille récompenser ou châtier 2.
En un mot, il n’y a ni mérite ni démérite :
On est heureusement ou malheureusement né ; on est irrésistiblement entraîné par le torrent général qui conduit l’un à la gloire, l’autre a l'ignominie. — Et l'estime de soi ? et la honte ? et le remords ? — Puérilité fondée sur l'ignorance et la vanité d’un être qui s’impute à lui-même le mérite ou le démérite d’un instant nécessaire Ÿ.
Ainsi Diderot accepte et adopte toutes les idées que dans l’Encyclopédie il affecte de condamner en les présentant comme les conséquences de la doctrine des Spinozistes :
Si les hommes ne sont pas libres dans ce qu'ils font de bien ou de mal, le bien n’est plus bien, et le mal n’est plus mal. Si une nécessité inévitable et invincible nous fait vouloir tout ce que nous voulons, notre volonté n’est pas plus responsable de son vouloir, qu'un ressort de machine n’est responsable du mouvement qui lui est imprimé ; en ce cas, il est ridicule de s’en prendre à la volonté, qui ne veut qu'autant qu’une autre cause distinguée d’elle la fait vouloir... Encore une fois, ôtez la liberté : vous ne laissez sur la terre ni vice, ni vertu, ni mérite ; les récompenses sont ridicules et les châtiments sont injus- (CR