Rêve de d’' Alembert, II
3. À Landois, XIX, 436. Cf. Enc., art. Malfaisant, XVI, 57: «S'iln'ya point de liberté, 1l n’y a plus que des hommes bienfaisants et des hommes malfaisants ; mais les hommes n’en sont pas moins modifiables en bien et en mal ; les bons exemples, les bons discours, les châtiments, les récompenses, le blâme, les louanges, les lois, ont toujours leur effet ; l'homme malfaisant est malheureusement né ».
Et même, «moins un être est libre, plus on est sûr de le modifier, et plus la modification lui est nécessairement attachée L »
Ces notions sommaires de psychologie, — que nous aurons plus tard à compléter, — sont comme la préface nécessaire à la morale de Diderot, — une préface qui déjà nous permet de deviner un peu quel sera l'esprit de l’œuvre. — Mais une question se pose : Diderot possède-t-il vraiment une morale ? n’en
“a-t-il pas bien souvent nié pratiquement l'existence, affranchissant l’homme de toute régle, abandonnant au hasard — ou à la nécessité — la conduite de l’individu ? C’est ce problème préliminaire que nous devons aborder : que faut-il entendre par l” « immoralisme » de Diderot ?
1 ÉnC ait Modification, XVI,120. Cf. Ibid; art. Liberté, XV, 482 : « Les lois. sont d’autant plus utiles qu’elles ont nécessairement leurs effets. » — Bien loin d'admettre que la croyance au déterminisme dût détruire la moralité, Diderot montre que celle-ci peut fort bien subsister même dans l'hypothèse de Locke : que la matière pense ; — cette hypothèse qui séduisit Voltaire et qu'on sait que Diderot fait sienne (Enc., art. Locke, XV, 524.)