CONDORCET SOCIOLOGUE
Il ne mérite donc pas le reproche si souvent adressé aux hommes de la Révolution et particulièrement à lui-même, de n'avoir considéré que l'homme abstrait. Il avait au contraire à un haut degré le sens des réalités. Nul parmi ses contemporains ne vit mieux que lui la complexité de la société ; et il est un des créateurs de la Sociologie, celui en qui Auguste Comte saluait son maître, « son père spirituel ».
Condorcet se faisait-il une idée précise de cette science nouvelle. Il semble parfois distinguer la science sociale de Tart social qui réalise les principes de la science (2) . Cette distinction est cependant restée chez lui assez vague. Il confond en général l'un et l'autre ; mais il a de l'art social la conception à la fois la plus élevée et la plus juste : «Nous avons regardé l'art social comme une véritable science
(1) Du Commerce des blés, — Tome II, page 168 — Il ne faudrait pas attacher trop d'importance aux polémiques des physiocrates et deNecker. M. Jaurès fait spirituellement remarquer qu'elles n'en ont pas beaucoup plus que les boutades échangées naguère par M. Méline et M. Léon Say. « Le protectionisme, c'est le socialisme des riches », disait un jour Léon Say, à quoi M. Méline répondait : « Le libre-échange, c'est l'anarchisme des millionnaires ».
(2) Avertissement de VEsquisse des Progrès de VEsprit htcmai7i.
fondée comme tantes les autres sur des laits, sardes expériences, sur des raisonnements et des calculy (i) ». Dans reloge du physicien Mariotte, il donne une double base aux sciences morales: les propositions fondées sur le droit naturel telles que »< il ne faut pas faireà autrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît », et les faits généraux qu'on découvre en observant les hommes.
Nous voyons déjà indiquée la méthode de Coudorcet. 11 précisa sa pensée dans son discours de réception à rAtîadéLïiie Française^ en proclamant ce principe que les sciences morales comme les sciences physiques doivent se servir de l'observation : a En méditant sur la nature des sciences morales on ne peut» en etîet, s'empôcher de voir qu'appuyées comme les sciences physiques sur Tobservation des faits, elles doivent suivre la même méthode, acquérir une lan<?ue également exacte et précise, atteindre au môme degré de certitude >. Il voit bien d'ailleurs ce qui peut icUroubler la justesse des observations : a Tout serait égal entre elles pour un être qui, étranger à notre espèce, étudierait la société humaine comme nous étudions celle des castors ou des abeilles. Mais robset^vatcur fait partie lui-même de la Société qu'il observé^ et la vérité ne peut avoir que des juges ou prévenus ou séduits?^.
Ce principe a été fécond ; le rapprocliemcnt des sciences morales et des sciences physiques a donné des fruits abondants; mais on n'a pas toujours gardé la prudence que conseillait Condorcet, Au lieu d'emprunter seulement à la Physique et à rtlistoirenaturellela méthode d'observation, on a cherché les analogies et les métaphores ingénieur ses ; et la langue de la Sociologie n*a pas toujours été exacLe et i>rcei^e comme le souhaitait notre écrivain.
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(1) Lettre à it£, . ,%Hr la Société de 1789,
Les faits et les expériences seront donc la base première des sciences sociales, mais le sociologue s'adressera aussi aux raisonnements et aux calculs.
L'application du calcul aux sciences morales et politiques est une idée familière à Condorcet. Dans son projet d'organisation de rïnstruction publique, il prévoit une chaire pour renseignement de cette science nouvelle dans les Lycées et il justifie cette création dans une note intéressante. En 1795, après sa mort, le Journal de V Instruction publique publia un curieux article sur ce sujet (1).
La Mathématique sociale, c'est ainsi qu'il appelle cette science, présente la plus grande utilité. « On verra qu'aucu* de nos intérêts individuels ou publics ne lui est étranger, qu'il n'en est aucun sur lequel elle ne nous donne des idées plus précises, des connaissances plus certaines ; on verra combien si cette science était plus répandue, plus cultivée, elle contribuerait et au bonheur et au perfectionnement de l'espèce humaine ».
Cette utilité grandit encore lorsque une Révolution a bouleversé un pays. « Alors celte méthode de traiter les sciences politiques acquiert un nouveau genre comme un nouveau degré d'utilité. En effet, pour réparer promptement les désordres inséparables de tout grand mouvement^ pour rappeler la prospérité publique, dont le retour peut seul consolider un ordre de choses contre lequel s'élèvent tant d'intérêts et de préjugés divers, il faut des combinaisons plus fortes, des moyens calculés avec plus de précision, et on ne peut les faire adopter que sur des preuves qui,
^1) Tableau général de la Science qui a pour objet l'application du calcul aux sciences politiques et morales.
comme les résultats des calculs, imposent silence à la mauvaise foi comme aux préveulions »,
Condorcet, peu doué pour la parole publique, n'aimait pas réloquence; il la jugeait dangereuse; la Maitiémalique sociale, et ce n'était pas un de ses moindres mérites, mettrait la vérité hors des atteintes des beaux discours, « Alors il devient nécessaire de dclrui-re cet empire usurpé
par la parole sur le raisonnement, par les passions sur la 1
vérité, par Tignorance active sur les lumières. Alors, !
comme tous les principes d'économie politique ont été ébranlés, comme toutes les vérités reconnues par les
hommes éclairés ont été confondues dans la masse des ^ I
opinions incertaines et changeantes, on a besoin d'en chai- ^ S
ner les hommes à la raison par ]n précision des idées, par S
la rigueur des preuves, de mettre les vérités qu*on leur ^
présente hors des atteintes de réloquence des mois ou des ^
sophismes de l'intérêt ; on a besoin d'accoutumer les esprits à la marche lente et paisible de la discussion, pour les préserver de cet art perUde par lequel on s'empare de leurs passions pour les entraîner dans Terreur et dans le crime, de cet art qui, dans ces temps, acquiert une perfec tinn si funeste. Or, combien cette rigueur, cette précision, qui accompagne toutes les opérations auxquelles s'applique le calcul n'ajouteralt-ellc pas de force à celle de la raison î Combien ne contrîbncrait elle point à en assurer la marche sur ce terrain couvert de débris, et qui, longtemps ébranlé par de profondes secoussesi^ éprouve encore des agitations intestines! »
l^ar quelles méthodes sera régie la mathématique sociale? L'art de déduire les faits généraux des faits observés est la hase même do cette science; (< c'est Tart de faire des découvertes par Tobservation )). Mais la recherche des faits généraux ce n'est encore que de la statistique, c'est par la recherche des lois générales que seront constituées les sciences sociales. L'observation ne sufflt pas d'ailleurs pour déterminer les lois générales, ii Elle ne peut faire
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connaître que la coexistence entre le lait regardé comme cause et celui que Fon regarde comme Teffet. Il reste à déterminer par le calcul des probabilités si Ton doit ou non regarder cette coexistence comme résultant d'une loi constante, si Tefifet doit être attribué à la cause qu'on lui impose, ou au hasard, c'est-à-dire à une cause inconnue. »
(( La Mathématique sociale peut avoir pour objet les hommes, les choses, ou à la fois les choses et les hommes ». Et Condorcet précise cette vaste matière en un curieux tableau. Voyons comment il applique sa méthode à quelques-uns des sujets dont il propose l'étude.
D'abord Thomme considéré comme individu. « On sait combien il est modifié par là température du climat^ la nature du sol, la nourriture, les habitudes générales de la vie, les pratiques particulières, les institutions sociales; et on peut demander comment ces causes diverses influent sur la durée de la vie, sur.le rapport du nombre des individus de chaque sexe, soit à la naissance, soit aux différents âges ; sur celui du nombre des naissances, des mariages, des morts avec le nombre des individus existants ; sur celui des célibataires, des mariés, des veufs, soit de chaque sexe, soit des deux classes avec ce même nombre total ».
C'est en appliquant le calcul aux opérations intellectuelles que nous apprendrons à mesurer la véritable force des motifs de crédibilité, depuis l'adhésion que nous donnons aux vérités démontrées par le calcul ou le raisonnement rigoureux jusqu'à l'opinion qui se forme d'après des témoignages.
C'est par les mômes méthodes que l'on distinguera dans les délibérations des Assemblées « les décisions où l'on doit se contenter d'une simple pluralité de celles où l'on doit en exiger une plus forte ». C'est encore grâce à elle que l'on réglera les délicates procédures d'élection.
Les applications des mathématiques à l'économie politique sont d'une utilité évidente. Elles dissiperont bien des erreurs auxquelles on avait été conduit en raisonnant dans
l'absolu. « Souvent on a oublié d'avoir égard dans le raisonnement à des données qu'il ne pouvait être permis de négliger, et dans cette masse d'opérations lancées d'une manière indépendante par un grand nombre d'hommes et dirigées par l'intérêt, par l'opinion, pour ainsi dire par l'instinct de chacun d'eux, on a supposé un ordre, une régularité dont elles n'étaient pas susceptibles ». C'est par le calcul que Ton établira une bonne théorie de la valeur. La répartition des impôts, les emprunts publics fournissent une ample matière aux mathématiques dont l'importance n'est pas à démontrer dans les opérations de banque. La distribution des secours publics doit être calculée aussi avec précision « pour ne pas changer en consommateurs inutiles des hommes dont le travail eût pu être productif ».
On avait déjà appliqué le calcul à certaines branches des sciences sociales. L'originalité de Condorcet est d'en demander l'application à toutes ces sciences, à la politique aussi bien qu'à l'économie politique et qu'à la sociologie. Il veut en faire une méthode générale ; et la mathématique sociale, science distincte, aurait fait l'objet d'un enseignement spécial. Mais, sauf pour quelques modes de votation bizarres et compliqués, qui n'ont pas subi l'épreuve de la pratique, il n'a pu lui-même tenter l'application de sa méthode à des objets précis. Aussi reste-telle assez vague, et si nous n'avons pas réussi à l'exposer clairement, nous prions qu'on n'en rende pas seulement responsable notre insuffisante analyse.
La Mathématique sociale n'opérerait pas sur des abstractions, car elle resterait par la statistique en contact perma nent avec les réalités. Condorcet comptait résoudre par elle bien des problèmes obscurs. Il s'exagérait singulièrement la fécondité de ses résultats. A la fois mathématicien et sociologue, la mise en œuvre de cette science lui semblait facile. Certes, il savait que pour rassembler les faits innombrables nécessaires à des observations sérieuses et à de$ calculs probants, le zèle des savants ne suffirait pas ;
mais il demandait Taide de la puissance publique et cette difficulté'ne lui paraissait pas insurmontable.
La recherche des faits sociaux est plus pénible que ne le pense Condorcet. Prenons un exemple qu'il nous donne. (( La masse entière des institutions et des lois, écrit-il, influe sur la richesse et cette action peut dès lors êtrç soumise au calcul. On peut examiner, sous ce point de vue, l'effet de la destruction des ordres privilégiés et des droits féodaux, de l'égalité des partages, de la suppression du droit de tester : examiner surtout avec quelle rapidité ces deux derniers actes de justice influeraient sur une plus égale distribution de propriété ». Jamais, semble t-il, il n'y eut occasion meilleure d'apprécier l'influence des lois sur la répartition de la richesse. Or, malgré les moyens dont on dispose, malgré la confection du cadastre, malgré les travaux des administrations de l'enregistrement et des contributions directes, il a été encore impossible de décrire avec précision le mouvement de la propriété terrienne en France depuis 1789. Nous sommes ici cependant dans le domaine d'une science sociale depuis longtemps étudiée et très sérieusement constituée. Avec quelle prudence ne faudra-t-il ' pas marcher dans les sciences à peine nées. Aussi la Mathématique sociale critiquée, d'ailleurs, par Auguste Comte, a fait bien peu de progrès malgré les applications qu'on en a essayées depuis en économie politique.
Condorcet abordait donc les sciences sociales avec des méthodes neuves et rigoureuses, mais absorbé par d'autres travaux et par les soucis de la lutte quotidienne, il les appliqua peu. Cependant il est vraiment l'un des fondateurs de la sociologie bien plus, d'ailleurs, par l'étude scientifique de la Société à laquelle il a ouvert la voie que par sa théorie du progrès, qui est une philosophie. On trouve en gcFme
dans ses œuvres des idées qui se développèrent magnifiquement dans le siècle suivant. Nous avons déjà noté f[u*il croyait à l'hérédité des qualités acquises. Il en tirait, draille urs, des conclusions démocratiques, alors que nous avons vu une certaine sociologie défendre avec cette tliéorie l'aristocratie et même le régime des castes (1).
C'est surtout dans V Esquisse d'un tableau his torique des progrès de l'esprit humain que nous rencontrons les vues les plus fécondes. L'ouvrage complet, si Coodorcet avait pu récrire, eut constitué une merveilleuse contribution à la sociologie. Voici le but qu1l se propose : « Ce taijleau est donc historique, puisque, assujetti à de perpétuelles variations, il se forme par Fobservation successive des £3
sociétés humaines aux dtlîérentes époques qu'elles ont par- S
courues. Il doit présenter l'ordre des changements, exposer oc
rinUuence qu*exerc6 ehaque instant sur l'instant qui lui ^
succède et montrer ainsi, dans les moditications qu'a reçues ^
l'espèce humaine, en se renouvelant sans cesse au milieu de l'immensité des siècles, la marche qu'elle a suivie, les pas qu'elle a faits vers la vérité ou le bonheur. Ces observations, sur ce que Thomme a été, sur ce qu'il est aujourd'hui, conduiront ensuite aux moyens d'assurer et d'accélérer les nouveaux progrès que sa nature lui permet d'espérer encore » (2). Mais les sociétés subissent souvent des phénomènes de régression, Condorcet en distingue parfaitement l'une des causes les plus importantes. « Les hommes conservent encore les préjugés de leur enfance^ ceux de leur pays et ceux de leur siècle, longtemps après avoir reconnu toutes les vérités nécessaires pour les détruire. »
On voit déjà par ces citations la conception originale qull se faisait de l'histoire. C'est, aux yeux d'Auguste Comte,
(1) Voir les ouvrages de MM. Vacher de Lapouge, Topinard, de Gobineau, Otto Hammon, et pour la réfutation de ces théories, les articles de M. Bougie : La Science et la Démocratie, Grande Revue, 1902.
(2) Esquisse, tome VI, page 18.
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son principal mérite. Ses vues profondes et neuves ont, en effet, imprimé une direction féconde aux études historiques : « Jusqu'ici, l'histoire politique, comme celle de la philosophie et des sciences, n'a été que l'histoire de quelques hommes ; ce qui forme véritablement l'espèce humaine, la masse des familles qui subsistent presque en entier de leur travail a été oubliée ; et même dans la classe de ceux qui, livrés à des professions publiques, agissent, non pour eux-mêmes, mais pour la société, dont l'occupation est d'instruire, de gouverner, de défendre, de soulager les autres hommes, les chefs seuls ont fixé les regards des historiens » (1).
On n'a qu'une idée imparfaite et fausse des sociétés, si on ne les étudie que dans leurs institutions apparentes, dans ce qui est l'extérieur et en quelque sorte le décor de leur vie. Gondorcet l'a vu avec netteté. « La loi écrite et la loi exécutée ; les principes de ceux qui gouvernent et la manière dont leur action est modifiée par l'esprit de ceux qui sont gouvernés ; l'institution telle qu'elle émane des hommes qui la forment et l'institution réalisée ; la religion des livres et celle du peuple ; Tuniversalité apparente d'un préjugé et l'adhésion réelle qu'il obtient, peuvent différer tellement, que les effets cessent absolument de répondre à ces causes publiques et connues. C'est à cette partie de l'histoire de l'espèce humaine, la plus obscure, la plus négligée, et pour laquelle les monuments nous offrent si peu de matériaux, qu'on doit surtout s'attacher dans ce tableau ; et, soit qu'on y rende compte d'une découverte, d'une théorie importante, d'un nouveau système de lois, d'une révolution politique, on s'occupera de déterminer quels effets ont dû en résulter pour la portion la plus nombreuse de chaque société ; car c'est là le véritable objet de la philosophie, puisque tous les effets intermédiaires de ces mêmes causes ne peuvent être regardés que comme des
(1) Esquisse, tome VI, page 233.
moyens d'agir enfin sur cette portion qui constitue vrmmenl la masse du genre linmain »
Il voiilriUdonc étudier cette masse dans ses profondeurs, recherclier le retentisse ment qu*a valent eu sur elle les grandes inventions qu'elle a cependant longtemps ignorées, et la répercussion des grands événements qu'elle n'a peutôtre jamais connus, montrer, par exemple, combien la victoire de Salamine a liàté le progrès industriei et comment les découvertes de l'école de Platon ont fiéveloppé l'art naval -
Mais VEsfjnfsse n*est, comme îî Tappello lui-même, qu'un prospectus, un regard en avant sur Timmense déroulement des progrès de l'esprit humain. Ecrite sans livres, dans la solitude de la rue Servandoni, elle est souvent inexacte dans les renseignements historiques. Cependant, la description des temps primitifs, des hommes réunis en peuplades» de peuples pasteurs et des premiers agricul teurs est d'accord avec la science contemporaine. Les notions de Fée rivai n sont insuffisantes sur les tnigines de la famille, et, comme tous les hommes de son temps, Il a mal jugé le moyen f'jgc, qu'il connaissait peu et ne cornprenait pas du tout,
Condorcet s*est elTorcê de placer Thomme dans Thistolre naturehe. Il lui a paru possible a d'expliquer Les progrès de respéce humaine sans avoir besoin de recourir à une diÉîérence essentielle entre elle et les animaux et à l'existence d'une àme d'un ordre privilégié, j)
11 a senti profondément l'étroite solidarité qui unit les hommes à la nature et les he les uns aux autres. Et ciiez lui ce n'est pas seulement un instinct du cœur, c'est une claire vision qu'il suit à travers la complexité de la vie n dans cette étonnante variété de travaux, de produits, de besoins, de ressources; dans cette effrayante complication d'intérêts qui lie au système général des sociétés la subsistance, le bien-ôtro d'un individu isolé; qui le rend dépendant de tous les accidents de la nature, de tous les événe-
Ni
ments de la politique, qui étend en quelque sorte au globe entier sa faculté d'éprouver ou des jouissances ou des privations » (1).
Nul mieux que Thomme qui a écrit ces lignes ne semblait désigné pour aborder les difficiles problèmes de l'organisation des sociétés.
(1) Esquisse, IXe époque.