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pain par semaine. Le Dr. Gosselin s’écrie dans son rapport au Conseil Municipal : « Sur 21.000 enfants, il en est mort avant l’âge de 5 ans, 20.700 ».
Selon Villermé (Etat Physique et moral des ouvriers, 1840, Renoir et Cie, Ouvrage entrepris par ordre et sous les Auspices de l’Académie des Sciences morales et politiques), les gains de la elasse ouvrière sont très modiques, et sa nourriture, sa santé laissent comme son logement, beaucoup à désirer. Non seulement le travail est insalubre pour un certain nombre, excessif pour les jeunes enfants, mais encore, il est pour beaucoup rétribué par des salaires très faibles, et d’autant plus insuffisants que ceux qui les recoivent n’ont pas d’autres ressources pour vivre, et manquent presque toujours d’ordre et d'économie. On a vu l’indigence affreuse, l’abrutissement, les vices, la dégradation profonds à Lille,à Paris, dans le département du Haut-Rhin. Dans la haute Alsace, ils sont mal logés, mal vêtus, mal nourris, pâles, maigres exténués de fatigue; mais le plus grand nombre de ces derniers, auqueï on donne à Thann et à Mulhouse l’expressive et étrange épithète de Nègres Blancs, se recommandent à toutes les sympathies des hommes de bien par leurs bonnes qualités et la cause respectable de leurs misères. Les mêmes conditions existent à Roubaix, à Tourcoing, à St-Quentin, à Rouen, et dans le reste des départements de l’Aisne et de la Seine-Inférieure. Le mélange des sexes dans des ateliers communs a souvent la plus fâcheuse influence sur leurs penchants et leurs habitudes, surtout quand ils demeurent dans une grande ville, ou ne rentrent pas le soir dans leur famille. Lisons la plainte de Sue en parlant de la jeunesse de Rose Pompon, dans « Le Juif Errant ». Il montre comment elle est devenue prostituée, comment ses idées ont été viciées, et il finit par déclarer que ce n’est pas un cas isolé, mais toutes les jeunes ouvrières courent ce danger dans les ateliers communs, et il avait évidemment raison. Pour revenir à Villermé, bien peu de travaux sont plus dégoûtants, d’une odeur plus repoussante, et payés d’un salaire plus faible que la préparation de la soie ou son tirage du cocon. Aussi
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les ouvriers, ou mieux les ouvrières qui l’exécutent appartiennent-elles à la classe la plus pauvre et « il serait difficile si on ne les avait vues, de se faire une idée de la misère et du mauvais état de santé d’un grand nombre d’entre elles ». Sue cite aussi la mortalité et la misère des métiers homicides, des préparations de certains produits chimiques, etc, qui forme la base d’un mémoïre présenté à l'Académie des Sciences par J. N. Gannal, 1840 (Cf, Myst. de Paris, p. 8, ch. 2). Il cite aussi la Ruche Populaire (oct. 1845) journal rédigé par des ouvriers] au) sujet de la mort de Victoire Herbin (Juif Errant, T. 13, Ch. 12), disant que « son état de cardeuse de matelas l’a tuée ». Voilà ce que nous lisons dans la Ruche Populaire « Cardeuse de matelas, la poussière qui s’échappe de la laine fait du cardage un état nuisible à la santé, mais dont le danger est encore augmenté par les fabrications commerciales. On trempe la laine dans de la chaux qui après en avoir opéré le blanchiment y reste en partie; c’est l’ouvrière qui en souffre : car lorsqu'elle fait cet ouvrage, la chaux qui se détache sous forme de poussière, se porte à sa poitrine par le fait de l'aspiration, et plus souvent lui occasionne des crampes d'estomac et des vomissements qui la mettent dans un état déplorable; la plupart d’entre elles y renoncent; celles qui s’y obstinent gagnent pour le moins un catarrhe ou un asthme qui ne les quitte qu’à la mort. »
Quant aux ouvriers en soiries, proprement dits, leur position est meilleure et leur salaire est plus fort. Ils sont plus rangés, mieux vêtus, nourris et logés. Maïs ils doivent ces avantages au travail qu’ils font en famille. Villermé (Loc. cit.) cite le budget d’un contremaître de filature. Le mari, la femme, et les quatre enfants gagnent ensemble 1.260 fr. par an. Voici leurs dépenses :
AR Te OT RP ET NN RES PET
Les 7 fie se Par jour Par an LOSemMentRARRE RES SAME 0,20 73 NOUTTIHUTE NET CE OUR 2.80 1.022 Autres dépenses : éclairage, sa- VORS OISE RCICNN NE SENS E EPA SRRRE 0,36 , 13140 3,30 1.226,40
Nous voudrions citer le budget des salaires compilé par Villermé et sa critique des salaires en relation avec le prix des denrées (ouvrage cité, tome 2, pp. 10-12-16).
Salaire :
de 454 fr. par an à 785 fr. pour les hommes faits,
252 » = 264 >» — femmes,
200 » = 260 > , — jeunes gens de 14 à 16 ans,
192 > pu 182 » per enfants de 12 à 14 ans,
à Fi RE a 1500 a enfants de 10 à 12 ans,
104 >» = enfants de 7 à 9Jans,
Un homme seul gagne assez pour faire des économies, mais c’est à peine si la femme est suffisamment rétribuée pour subsister, et si l'enfant au-dessous de 12 ans gagne sa nourriture. Quant aux ouvriers en ménage, dont l'unique ressource est également dans le prix de leur maind'œuvre, beaucoup d’entre eux sont dans l’impossibilité de faire des économies, même en recevant de bonnes journées. Cette impossibilité résulte surtout de la position de chef d’une famille trop jeune encore pour les aider et aux besoins de laquelle ils sont obligés &e pourvoir. Il faut admettre au surplus que la famille dont le travail est peu rétribué ne subsiste avec ses gains seuls qu’autant que le mari et la femme se portent bien, sont employés pendant toute l’année, n’ont aucun vice, et ne supportent d'autre charge que celle de deux enfants en bas âge. Supposez un troisième enfant, un chômage, une ma-
() Pain, soupe maigre, pommes de terre, pot-au-feu.
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Real
ladie, des habitudes ou seulement une occasion fortuite d’intempérance, et cette famille se trouve dans la plus grande gêne, dans une misère affreuse : il faut venir à son secours. L'important pour le travailleur est plus encore d’avoir des salaires stables que des salaires élevés et d'acheter les choses dont on a besoin à des prix toujours les mêmes plutôt qu’à un bon marché qui ne se soutient pas.
Citons de Gérando, (Les salaires ordinaires en France chez J. Renouard et C'°. — Partie d’un ouvrage entrepris pour l’Ac. des Sc. Pol. et Mor., 1839), pour les salaires moyens en France :
ANR PENSANT UN Cu de 1fr.50 à 3fr. » par jour — Jagriculteur ........ de Ofr.70 à 1 fr. 70 par jour — la femme ouvrière .. de Ofr.50 à Ofr. 90 par jour — la femme travaillant
AUX CHAMPS. "2." de Ofr.30 à O fr. 60 par jour Udes enfants de--If à
15 ans — artisans.. de Ofr.25 à O fr. 60 par jour — les enfants de 11 à
15 ans — aux champs de O fr. 20.
Et puis comparons le prix de la vie chez le baron de Moroques (1832 — De la Misère) pour une famille, père, mère et trois enfants :
Par an
Pain à 32 cent. et demi chacun par jour ...... 296,40 Nandenertc:tar50) cent par. Jour 220.4 0 182,50 Horssons 2 CEDEPDARMOUT fi er net. 91,25 ÉOAOR EAU Ne PR Ne Ne he Qu 50 >»
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