AT SES
.« la classe des ouvriers moins corrempue que les chiffonniers, mais beaucoup plus remuante, offre des dangers plus immédiats. Les perturbations continuelles auxquelles l’expose, surtout depuis un certain nombre d’années, la marche progressive de l’industrie, l’ont réduite à un état de souffrance très inquiétant. C’est une épreuve qui contribue puissamment à rendre plus misérable et plus précaire que jamais l’existence de cette partie importante de la population ».
Toutes les autorités (Villeneuve-Bargemont, Loc. cit.) sont d'accord sur la durée du travail. La durée journalière est très longue, excepté dans les temps de crise : la journée est ordinairement pour tous les ouvriers employés dans les manufactures, de 15 à 16 heures sur lesquelles on en exige 13 de travail effectif, terme moyen. Si nous nous rappelons ce que nous avons écrit au sujet des salaires, nous ne pouvons que conclure avec Sue que la condition de la classe ouvrière en France était loin d’être parfaite. La condition des enfants employés dans les manufactures doit surtout nous émouvoir; car trop souvent victimes des débauches et des imprévoyances des parents, ils ne méritent jamais leur malheur. Suivant les tableaux que nous avons trouvés chez les autorités citées (V. Bargemont, Villermé, Blanqui, Dupin. — Loc. cit. etc.) les enfants sont pâles, énervés, lents dans leurs mouvements; ils offrent une apparence de misère, de souffrance, d’abattement. Ils sont à la fabrique 12 heures avec 2 heures de repos. On inflige une torture à des enfants de 6 à 8 ans : ce n’est pas un travail. Ils sont mal nourris, mal vêtus, obligés de parcourir dès 5 h. du matin, la longue distance qui les sépare de leurs ateliers et qu’achève d’épuiser, le soir, leur retour de ces mêmes ateliers. Comment ces infortunés qui peuvent à peine goûter quelques instants de sommeil, résisteraient-ils à tant de misère et de fatigue ? « Le mal existe donc : il ne s’agit plus de le constater, mais de lui porter un remède prompt et efficace, car la propagation des tissages mécaniques, l’agrandissement des filatures de coton et de laine, l’établisse-