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ment des filatures de lin et de chanvre à la mécanique, le rendent chaque jour plus déplorable » (Nouvelle lettre d’un industriel des Vosges à M. François Delessert, Membre de la Ch. des Députés, pour être communiquée à M. le Ministre du Commerce, Strasbourg, Avril 1839).
Dans la Chambre des Pairs (Séance du 31 mai 1839) le comte Tascher dit : « Des enfants sont employés dans les ateliers dès l’âge de 6 à 8 ans et sont arrêtés dans leur développement physique par des travaux dont la nature et la durée sont au-dessus de leurs forces. Pendant ce temps, ils demeurent étrangers à l’instruction des écoles. La population manufacturière est en général faible et débile ». — Dans la même séance, M. Barbet dit : « Si vous. indiquez 8, 10, 11 heures de travail, selon l’âge des enfants, c’est condamner plusieurs industries à voir ralentir leurs travaux et même à les voir cesser, parce qu’ils ne pourraient pas soutenir la concurrence, si le travail des enfants était supprimé. Dira-t-on qu’on devra augmenter le nombre des enfants de manière à en avoir deux au lieu d’un ? Le Ministre du Commerce a répondu : « Jai trouvé les renseignements qu’il avait provoqués (le comte de Tascher). Ils ont été fournis par les préfets, les membres des chambres consultatives, les prud’hommes et en un mot les autorités locales >» (Le Moniteur du 16 juin 1839).
Il paraît que le travail des enfants et l’exploitation des familles sont nécessaires à l’existence des fabriques et des ouvriers. Louis Reybaud (Sur la laine, 1840) semble avoir assez bien indiqué les phases de la famille ouvrière employée dans la manufacture. La première phase, celle du jeune ménage, est dure, lorsqu'il vient plusieurs enfants, surtout si les naissances se succèdent rapidement; le temps de la mère est absorbé en totalité si elle peut rester chez elle, en partie, si «elle ne peut renoncer à son salaire, par l’allaitement, le soin des enfants, la préparation de la nourriture; au mari incombe le soin de faire vivre le ménage. Quand les enfants sont devenus assez grands pour aller à la fabrique, ils rapportent au lieu de