DONS
de devoir social. Ce qui importe seul, c'est la représentation subjective que s’en font les prolétaires (1).
Or, ceux-ci, bien loin de s’en trouver apaisés, y puisent des arguments en faveur de leur théorie; et la lutte de classe leur semble d'autant plus légitime que la bourgeoisie est plus timide et défaillante.
Cette lutte de classe, nécessaire pour donner au prolétariat le système complet de droits auquel il aspire, nous allons maintenant étudier la conception qu'en a Georges Sorel.
(1) SoREz rappelle dans les Matériaux, p. 305 et suivantes, la belle parabole de Lucien Jean, l'écrivain prolétaire : « L’homme tombé dans un fossé », et qui, sans secours des passants qui ne lui distribuent que de belles paroles, se relève seul « d’un grand effort lent, résolu. » Sorel ajoute : « Le prolétaire n’a rien à attendre des poètes, des philosophes ou des professionnels de la bonté ; les pensées de ces prétendus guides sont odieuses à force d’être ridicules ; le travailleur doit compter sur lui seul pour améliorer les conditions de sa vie par « un grand effort lent, résolu ». (Matériaux, p. 307.)