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PROFONDEURS AU KORD DU SEUIL AU SUD DU SEUIL

0 mètre Q^S IQo.O

200 — l'fi 9°,7

Le contraste se poursuit encore plus bas : au Sud du seuil, entre 3 650 mètres et 3 700 mètres, on trouve des températures de 3°,5 à 2°; au Nord du seuil, dans la partie méridionale de la mer de Norvège, entre 1 100 et 3 400 mètres, l'expédition du Voringen, en 1876-1878, constata des températures de — 1° à 1°,3. C'est de l'eau froide qui emplit la cuvette de la mer de Norvège; c'est de l'eau chaude qui s'accumule sur les fonds de l'Atlantique Nord-oriental.

Mais, au-dessus de ces domaines si nettement séparés, au-dessus de 400 ou 500 mètres, s'étale le domaine du courant atlantique (fig. 12). Indilîérent au partage d'influence qu'il ensevelit sous sa masse, il s'écoule lentement, invinci-

blement, vers les latitudes septentrionales par-dessus le seuil Wyville-Thompson : car c'est entre les Fser-Œeret les Shetland, beaucoup plus qu'entre les Fœr-Œer

et l'Islande, que passe le gros de sa masse. C'est essentiellement au chenal oriental qu'appartient le caractère océanique avec les eaux les plus chaudes et les plus salées. Dans le chenal occidental,.^ le 14 août 1896, V Ingolf constatait, au Sud du seuil Islan de-Faer-Œer, par 1 026 mètres, une température de 40,8, et une salinité de 33,22 p. 1 000; huit jours auparavant, dans le chenal oriental, par 1 006 mètres, une température de 8°,2 et une salinité de 35,35 p. 1 000.

D'une manière générale, un courant profond de 500 à 600 mètres, avec une salinité moyenne de 35,33 p.

1 000, chemine, par le chenal oriental, entre les Fœr- Œer et les Shetland; selon les calculs de J. Gehrke, il s'avance à une vitesse moyenne annuelle de 336 mètres à l'heure, débitant un volume d'eau de 61 000 kilomètres cubes. C'est par là que les eaux atlantiques pénètrent dans les mers septentrionales et de là qu'elles s'irradient dans la mer du Nord et jusque dans la mer Baltique par l'intermédiaire des détroits danois.

Cet afflux d'eau présente des variations périodiques annuelles qui sont en rapport avec les successifs déplacements apparents du Soleil au cours de l'année. De juin à novembre, les eaux atlantiques subissent un mouvement de dilatation qui les pousse sur

FiG. 12. — Température des eaux de surface de l'Atlantique Nord, d'après l'Atlas Atlantischer Ozean.

En haut, mois de février. — En bas, mois d'août.

Sur les deux cartons, le tracé des isothermes montre que, à latitude égale, l'Atlantique européen, au Nord du 45" degré de latitude, est toujours plus chaud que l'Atlantique américain. En hiver, on voit que les mers bordières, mer du Nord et Manche, sont plus froides que l'Atlantique.

LES MERS

les eaux arctiques et continentales; on perçoit ce mouvement dès juin dans le golfe de Gascogne, en juillet sur les bancs de Terre-Neuve, en août au Sud de l'Irlande, en septembre dans la mer du Nord et en novembre dans la mer de Barents. Avec l'hiver, de novembre à mai, à mesure que le Soleil émigré vers le Sud et sous l'influence de l'extension de la banquise et des apports d'eau douce, les eaux atlantiques se rétractent et reviennent vers le Sud-Ouest. Les mêmes périodes d'extension en sens inverse, les mêmes pulsations s'observent dans les parages des Açores. Depuis le tropique jusqu'à la mer polaire, ce sont les mêmes lois qui règlent ces mouvements de l'Océan : indice de l'unité grandiose qui rend solidaires en des régions lointaines les phénomènes de l'eau, du climat et de la vie. Cependant cette périodicité ne va pas sans des perturbations dont les lois nous échappent encore. Certains hydrographes de Suède et de Norvège ont cru reconnaître l'alternance d'années chaudes et d'années froides, marquée à la fois dans le climat et dans la mer, mais dont la cause résiderait dans les variations du courant atlantique. D'autres se demandent s'il n'existerait pas de variations séculaires et s'il ne faudrait pas leur attribuer la curieuse périodicité de certaines apparitions du hareng d'hiver dans le Skager-Rak, qui depuis le ix^ siècle semblent s'être produites tous les cent onze ans.

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