V. — L'IRLANDE
Parmi les causes qui, depuis des siècles, pèsent sur les destinées de l'Irlande, il faut compter, comme l'une des plus puissantes, sa position par rapport à la Grande-Bretagne. L'Irlande, la plus petite des deux îles sœurs, n'a pas d'autre terre à sa proximité; vers l'Ouest, elle ne voit devant elle que la solitude des mers; vers l'Est, c'est la Grande-Bretagne qui commande ses relations avec le continent européen. L'Irlande paraît comme à l'ombre de sa voisine; et, d'autre part, cette voisine la sent elle-même trop proche d'elle pour avoir jamais pu s'en désintéresser. Aussi presque tout le développement historique de l'Irlande se trouve dominé par l'influence de l'Angleterre. L'Angleterre a fait de l'Irlande sa première grande colonie.
La domination britannique sur l'Irlande n'est pas une conséquence primitive, élémentaire de la proximité géographique : elle fut l'œuvre d'une civilisation tard venue en Grande-Bretagne, l'œuvre récente d'une communauté germanique sur une communauté celtique. Il semble que, pendant longtemps, l'isolement des communautés celtes d'Irlande dans leur île ait été pour elles la source d'un développement original; comme foyer de civilisation insulaire, l'Irlande eut, durant des siècles, sa vie propre, indépendante et forte. Les premiers siècles de l'histoire de ce groupement celtique nous le montrent doué d'une belle vitalité et débordant d'énergies.
PEUPLES, ÉTATS ET NATIONS
Dès une haute antiquité, l'Irlande fut un centre d'expansion d'où s'écoulaient les hommes et les chefs vers les terres voisines, vers l'Écosse et vers le Pays de Galles. Dans cette Irlande primitive s'épanouit une civilisation délicate et raffinée. Dès le v^ siècle, une église chrétienne s'y organise, alors que la Bretagne est encore païenne; les monastères deviennent des centres de haute culture. On y vient de loin apprendre les sciences, les lettres, le grec, la philosophie, la théologie dans les écoles d'Armagh, de Clonmacnoise, de Clonfert, de Lismore; des savants irlandais enseignent la rotondité de la Terre; un géographe irlandais fait connaître l'Islande. De ces écoles monastiques, aux v^, vi^ et vii^ siècles, partent des missionnaires vers l'Europe occidentale. L'un d'eux fonde le monastère d'Iona et va convertir les Pietés, habitants barbares de l'Écosse. Saint Colomban fonde Luxeuil et Bobbio, saint Gall et saint Kilian parcourent la Suisse et l'Allemagne occidentale. Cormac s'établit en Islande, et, lorsque les Vikings y abordent au début du ix® siècle, ils y trouvent des prêtres irlandais. Des savants irlandais fréquentent la cour de Charlemagne et de Charles le Chauve. Si l'on ajoute que l'Irlande fut le seul pays de l'Europe occidentale qui ne connut pas la conquête romaine, on comprendra mieux encore quelle originalité elle conserva jusqu'à la conquête anglaise et quelle révolution fut pour elle cette conquête qui l'orienta vers le monde germanique (pl. XV, A etB).
Les rapports entre les Irlandais et les Anglais forment en réalité une page de l'histoire coloniale de l'Angleterre. Il y eut deux colonisations anglaises de l'Irlande, très différentes de caractère : l'une du xii^ au xvi^ siècle; l'autre du xvi^ au xviii^ siècle. La colonisation du xii^ siècle débuta en 1170; des bandes d'aventuriers, venus des confins du Pays de Galles, y représentaient l'élément militaire; puis arrivèrent de Bristol des marchands, des moines, des artisans, des valets de ferme, qui représentaient l'élément colonial. Ces entreprises, mouvements d'abord spontanés, eurent bientôt l'appui du roi : en 1171, Henri II consolidait ces premiers établissements en laissant des garnisons à Cork, Waterford, Limerick, Dublin, toutes positions littorales. Dés le xiv^ siècle, on n'observe plus d'émigration vers l'Irlande : les colonies anglaises ne se nourrissent plus d'apports nouveaux. Cette poignée de colons et de soldats ne pouvait songer ni à expulser les indigènes, ni même à occuper l'île; elle se contenta de l'exploiter commercialement, dans des conditions de sécurité souvent précaires. Elle se maintenait solidement sur la côte, en des points fortifiés d'où elle communiquait aisément par mer avec la métropole. De tous ces centres d'action, le plus riche et le plus étendu se trouvait à Dublin : le territoire qu'il commandait s'appelait le Pale, à cause des palissades qui en défendaient les frontières. Les limites de ce Pale s'élargissaient ou se restreignaient selon les flux ou les reflux de la lutte contre les indigènes. Au delà du Pale, c'était le monde celtique avec son organisation, sa civilisation, sa vie propre. Au bout de trois siècles, cette colonie, qui ne se renouvelait pas par des immigrations, finit par disparaître. Peu à peu les grands seigneurs anglo-irlandais prirent les moeurs des chefs irlandais, leurs vêtements, leur langue; la fusion des deux classes s'opéra si bien qu'au xvi^ siècle l'élément anglais avait disparu du plat pays; il n'occupait plus que les ports, Limerick, Waterford, Cork, Galway, Dublin. Les indigènes irlandais avaient absorbé la colonie anglaise.
A la fin du xvi^ siècle, les conditions économiques de la Grande-Bretagne forcèrent beaucoup de gens des campagnes à émigrer; ils se tournèrent vers
l'Irlande, en quête de champs à cultiver; il ne s'agissait plus d'une colonisation par des soldats, des commerçants et des grands propriétaires, mais d'un peuplement et, pour employer le terme consacré par les Anglais en Irlande, d'une « plantation ». A l'établissement de ces colons-cultivateurs correspondit la fondation des seules colonies anglo-saxonnes qui furent solides et durables, parce qu'elles créèrent un lien étroit entre la terre et le colon.
Les plus vivaces et les plus nombreuses de ces plantations se firent dans rUlster, Déjà, au cours du xvi^ siècle, à travers l'étroit chenal qui sépare la presqu'île écossaise de Cantyre et les promontoires irlandais de l'Antrim, des
groupes d'aventuriers écossais avaient passé en Irlande. A partir du début du xvii^ siècle, l'émigration fut méthodiquement organisée par les souverains et, dès 1606, par Jacques I®^, devenu roi d'Angleterre et d'Écosse. Des montagnes d'Aberdeen et d'Inverness, plusieurs milliers d'Écossais vinrent s'établir dans le Down et l'Antrim; ils acquirent des terres dans ces régions que les guerres intestines avaient dépeuplées ; ils y installèrent leur foyer, leurs troupeaux, leurs champs de céréales et de lin. Les premiers venus en attirèrent d'autres; en 1619, on évaluait à 8 000 familles la population coloniale de l'Ulster (fig. 30). Bientôt, après les révoltes des chefs de clan de Tyrone et de Tyrconnell, leurs immenses domaines confisqués furent répartis entre des propriétaires écossais et anglais, qui firent venir de nouveaux colons. En 1736, l'Ulster contenait 62 624 familles de colons contre 38 459 familles irlandaises; la moitié des colons se groupaient dans les seuls comtés de Down et d'Antrim. On peut ajouter à l'Ulster les comtés de King's et de Queen's, où, dès le début du xvii^ siècle, se pressaient des centres assez denses de colonisation anglaise.
Mais, dans tout le reste de l'Irlande, la colonisation anglo-saxonne, par le moyen de « plantations », a échoué; elle ne fut pas un peuplement, mais un transfert de propriété. On déposséda les grands propriétaires irlandais au profit de grands propriétaires britanniques. Cette révolution, accomplie partiellement par les guerres sanglantes de la République, hâtée en 1633-1654 par la déportation, au delà du Shannon, de plusieurs dizaines de milliers de rebelles, s'achevait
Fig. 30. — ■ Une étape de la colonisation anglo-saxonne de l'Irlande, vers 1641, d'après Poole.
1, Étendue du Pale, c'est-à-dire du territoire solidement occupé par les Anglais vers le milieu du xvi' siècle; 2, Territoire occupé par les colons libres venus d'Écosse jusque vers 1586; 3, « Plantations » accomplies sous Elisabeth jusqu'en 1603 sur les territoires enlevés aux propriétaires indigènes; 4, « Plantations » accomplies sous Jacques I"'; 5, Territoires non « plantés » restés sous le régime des grands chefs indigènes.
PEUPLES, ÉTATS ET NATIONS
en 1689 par les confiscations de Guillaume d'Orange. Les vastes territoires confisqués passèrent entre les mains des compagnies de colonisation, des officiers, des fonctionnaires, des favoris de la cour. La propriété seule changeait de mains; la culture restait au paysan irlandais; seul il gardait contact avec la terre. D'après le recensement fait en 1659 par la République, il y avait, pour un Anglais ou un Écossais, six Irlandais dans le Leinster, dix dans le Munster, dix dans le Connaught (trois dans l'UIster). Par contre, à la fin du xvii^ siècle, il ne restait plus entre les mains de propriétaires irlandais qu'un sixième du territoire irlandais ; et encore ce sixième se trouvait, pour une forte proportion, dans les contrées sauvages et pauvres de l'Ouest. En dehors de l'UIster, les colons anglo-saxons n'étaient guère que propriétaires fonciers; les cultivateurs, les gens de la glèbe, étaient les paysans irlandais. Il y avait donc dissociation profonde entre la propriété et la culture, opposition entre propriétaires et cultivateurs : d'un côté, un petit nombre d'étrangers possédant la richesse foncière; de l'autre, le grand nombre, les hommes du pays, cultivant un champ qui ne leur appartenait pas.
A quoi donc aboutissait la seconde colonisation de l' Irlande? A la coexistence, dans le même pays, de deux classes d'hommes, différentes par leurs intérêts et leurs origines : les colons qui étaient les propriétaires, et les indigènes qui étaient les cultivateurs; les uns prenant presque tous l'habitude de vivre du pays sans y habiter, les autres travaillant pour le compte de propriétaires qu'ils ne voyaient pas; enunmot,jdeux Irlandes juxtaposées dans le même pays, se heurtant non seulement par la force de leurs intérêts matériels, mais encore par la violence de leurs sentiments, puisque les colons étaient protestants, et les indigènes catholiques.
La colonisation britannique a marqué d'une empreinte profonde les conditions d'existence de l'Irlande. C'est elle qui a créé les divisions territoriales de l'Irlande actuelle, les comtés; le dessin de ces trente-deux comtés nous rappelle les étapes et les soucis d'une colonisation difficile; il résulte d'une série d'actes politiques succédant à des conquêtes. Dans le domaine moral comme dans le domaine politique, l'influence britannique a pénétré l'Irlande. La langue celtique, qui imprègne partout la nomenclature géographique du pays, n'a pas cessé de reculer devant la langue anglaise, l'instrument des échanges et de la civilisation moderne.
Au milieu du xix^ siècle, sauf dans les villes, la masse du peuple parlait encore gaélique. Une statistique de 1911 montre que, dans toute l'Irlande (les villes de Dublin et de Belfast exclues), 551 374 individus parlaient à la fois l'irlandais et l'anglais; ce chiffre représentait sur 1901 une diminution de 70 758; tout le reste de la population, soit plus de quatre millions d'habitants, ne parle qu'anglais. Quant au nombre d'habitants qui ne parlent que l'irlandais, il se réduit à 16 841 (surtout dans le Galway, le Donegal, le Kerry et le Mayo). Depuis 1880, il existe un mouvement de renaissance gaélique destiné à propager l'usage de la langue nationale. En 1893, se fondait la Gaelic League qui créa des cours d'irlandais, fit enseigner cette langue dans les écoles primaires et lui assura une place d'honneur dans l'Université. Beaucoup d'Irlandais pensent qu'une nation sans sa langue est une nation sans âme. Cette propagande a porté des fruits visibles; on voit partout se multiplier les affiches et les enseignes en gaélique; beaucoup de documents officiels de l'État libre d'Irlande s'expriment en gaélique; et, quoique la Constitution reconnaisse l'anglais comme une langue officielle, le gaélique est déclaré langue nationale. On peut souhaiter que l'Irlande ne s'isole pas trop dans l'usage de son vieil idiome national et ne renonce pas
aux bénéfices d'une langue universelle comme l'anglais. Si l'amour du pays ne permet pas qu'on abandonne l'usage d'une langue qui donne de la force au faisceau national, toute la vie économique de l'Irlande suppose aussi la connaissance de l'anglais (fig. 37).
En réalité, la base de la nationalité n'est pas la langue gaélique, mais la foi catholique. Dès le xvii® siècle, en tout colon britannique, il y eut un protestant. En pénétrant au milieu des clans, la colonisation britannique ne s'y heurta point à un sentiment national, mais elle créa ce sentiment en introduisant le protestantisme. L'Irlandais abandonne sa langue, mais il tient à sa foi. Le nombre de ceux qui parlent le gaélique n'est en rien la mesure de la mentalité irlandaise : c'est le nombre des catholiques. Dès le début du xviii^ siècle, il n'y avait de majorité protestante que dans l'Antrim, le Down, le Derry et l'Armagh. La situation n'a pas changé dans l'Ulster; sur ses neuf comtés, trois sont en majorité catholiques (Donegal, Cavan, Monaghan); trois se partagent à peu près également entre les deux confessions (Tyrone, Armagh, Fermanagh); par contre, les protestants l'emportent dans les comtés de Down, Antrim et Derry, ainsi que dans les villes de Belfast et de Londonderry; l'Ulster contient une proportion de 56 p. 100 de protestants. Mais, pour l'ensemble de l'Irlande, on compte près de 75 p. 100 de catholiques; cette prépondérance des catholiques s'affirme moins dans les villes (60 p. 100) que dans les campagnes (80 p. 100). La nation irlandaise est une masse de paysans catholiques : leur sentiment national prend sa source à la fois dans l'amour de la terre et dans l'ardeur de la foi.
Cette nationalité irlandaise, déjà ancienne par la conscience qu'elle avait d'elle-même et qui associe tant de forces morales à tant d'intérêts matériels, n'est devenue que très tard un État indépendant. A partir du xii^ siècle, elle forme politiquement une dépendance de l'Angleterre; le roi anglais prend le titre de Lord of Ireland; en 1542, Henri VIII s'intitule roi d'Irlande; l'île appartient à la couronne. Cet état de choses cesse à deux reprises, d'abord quand la République annexe l'Irlande en 1652, puis quand, sous Jacques II, l'île demeure un moment libre. La situation de dépendance se rétablit pour presque un siècle. Mais de 1782 à 1800 l'Irlande est reconnue comme un royaume indépendant, uni à la Grande-Bretagne par le lien d'une couronne commune. A partir du début du xix^ siècle, après cette expérience orageuse de la liberté, elle redevient partie intégrante du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande jusqu'en 1922, date où l'État libre d'Irlande se constitue.
Cet événement marque le terme, d'aucuns disent l'avant-dernière étape, du long effort de l'Irlande pour la conquête de son indépendance politique. Tel qu'il se définit par le traité anglo-irlandais de 1921 qui l'enregistre, il apparaît comme une victoire nationale de l'Irlande, mais non pas comme un démembrement de l'Empire britannique; il se range, comme un fait naturel, dans le cours de l'évolution politique de cet empire. De par la Grande Guerre, la question d'Irlande a pris la figure d'une question impériale. Si l'Empire devenait une fédération de Dominions, pourquoi le Royaume-Uni échapperait-il à cette réorganisation fédérale? Pourquoi l'Irlande ne deviendrait-elle pas, comme tant d'autres terres impériales, un Dominion autonome? Aussi le traité de décembre 1921, qui règle les rapports de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, élève l'Irlande au statut d'un Dominion de l'Empire britannique; elle devient, dans le cadre de l'Empire, un État libre qui doit l'allégeance et prête le serment
PEUPLES, ÉTATS ET NATIONS
d'allégeance au roi. Quelle que soit la part de liberté que le statut de Dominion confère au Canada, à l'Australie, à la Nouvelle-Zélande et à l'Afrique du Sud, elle est assurée à l'Irlande. L'Irlande conserve, par son Parlement et son gouvernement, le contrôle de ses afîaires intérieures. Mais, en raison de sa position particulière vis-à-vis de la Grande-Bretagne, certaines limites sont imposées à son indépendance pour les affaires extérieures et les affaires militaires : la défense maritime reste confiée aux forces impériales. L'État libre d'Irlande a été officiellement établi par la proclamation royale du 6 décembre 1922.
Beaucoup de gens raisonnables pensaient, et pensent encore, que l'État libre devait embrasser l'île tout entière, une et indivisible. Mais la résistance du bloc protestant de l'Ulster empêche cette unité de se réaliser. L'Irlande est maintenant divisée en deux États indépendants, l'État de l'Irlande du Nord (Northern Ireland) et l'État libre d'IrlandQ (IrishFree State, SaorstdtEireann), chacun avec son parlement, son gouvernement et son gouverneur représentant du gouvernement impérial. L'État libre, qui a pour capitale Dublin, s'étend sur 44250 kilomètres carrés, avec 3136 000 habitants, dont 2 820 000 catholiques. L'État de l'Irlande du Nord, dont Belfast est la capitale, occupe 8 710 kilomètres carrés avec
1 284 000 habitants, dont 860 000 protestants. Tel qu'il a été délimité en 1921, l'État du Nord englobe sept comtés irlandais en entier, mais, à l'intérieur de plusieurs de ces comtés, il conserve de forts groupes de catholiques : 56,2 p. 100 de la population dans le Fermanagh, 55,4 dans le Tyrone, 45,3 dans l'Armagh, 45,8 dans le Derry. Comme l'État libre revendique ces catholiques, au moins dans les districts qui sont limitrophes de son propre territoire, il s'ensuit que la frontière des deux États est sur certains points contestée et provisoire (fig. 38).
La division de l'Irlande en deux États est voulue par la majorité des habitants de l'Irlande du Nord, mais non par leur unanimité; lors des élections du mois de mai 1921, les partisans de la sécession du Nord obtinrent, dans l'Irlande du Nord, 343 102 voix, et les partisans de l'unité de toute l'Irlande sous le gouvernement de l'État libre, 168 460 voix. Par contre, tout l'État libre réclame l'indivisibilité de l'Irlande. Le temps refera sans doute l'union morale, base de l'unité nationale. Politiquement et géographiquement, il paraît paradoxal que l'État libre demeure séparé du grand foyer industriel de Belfast, que l'Irlande du Nord le soit de son arrière-pays agricole et qu'une frontière douanière isole ces deux pays que la nature et l'histoire ont toujours fait vivre ensemble.
BIBLIOGRAPHIE
J. Beddoe, The Races of Britain, Londres, 1885. — T. Codrington, Roman Roads in Britain, Londres, 1918. — O. G. S. Crawford, The Distribution of early Bronze Age Settlements in Britain {Geogr. Journal, XL, 1912, p. 184-203, 304-317).— J. Déchelette, Archéologie préhistorique, Paris, 1908. — H. J. Fleure, The Races of England and Wales, Londres, 1923. — R. Holmes, Ancient Britain, Oxford, 1907. — \V. R. Kermack, i/zs/oricaZ Geographij of Scotland, Edimbourg, 1913. — J. E. Lloyd, A history of Wales, Londres, 1911. — ■ J. Rhys and D. Brynuiore Jones, The Welsh People, Londres, 1900.— W. F. Skene, Celtic Scotland, Édimbourg, 1890.
E. A. Freeman, Historical Geography of Europe, Londres, 1903. — R. L. Poole, Hislorical Atlas of Modem Europe, Oxford, 1902. — M. J. Bonn, Die Englische Kolonisation in Irland, Stuttgart, 1906,
2 vol. — G. G. Chisholm, Europe. Vol. IL, The Norih West, Londres, 1902. — G. B. Fawcett, Natural Divisions of England (Geogr. Journal, 1917, p. 124). — G. L. Falkinner, Tlie Counties of Ireland {Proc, Roy. Irish Acad., XXIV, 1902-1904, p. 169-194). — Th. Franklin, Historical Geography of Britain, Londres, 1920, 2 vol. — P. W. Joyce, A social history of Ancient Ireland, Londres, 1913, 2 vol. — J. Mac- KiNTOsu, The History of Civilisation in Scotland, Paisley et Londres, 1896, 4 vol. — Victoria History of the Counties of England, edited by H. A. Doubleday, Westminster, 1900. — Trevor Lewis, Sur la distribution du parler gallois dans le Pays de Galles {Annales de Géographie, XXXV, 1926, p. 413-418).