‹ Les îles de la Manche: Ouvrage illus. de 36 gravures et d' une carteChapitre 29 sur 90 · MONTORGUEIL · texte numérisé non relu

MONTORGUEIL

protestant de Jersey, fut incarcéré avec son fils Jacques dans une étroite cellule, au sommet de la tour. Poussés à bout par les mauvais traitements de leur geôlier, les deux prisonniers tentèrent de s'évader par une ouverture du mur extérieur, au moyen d'une corde qui, par malheur, était trop courte. Le jeune Bandinel, en se laissant tomber de Textrémité, se blessa grièvement et fut découvert par les émissaires du gouverneur, qui le remontèrent mourant dans sa cellule. La corde céda ensuite sous le poids du père Bandinel, qui, affreusement meurtri, fut aussi réintégré dans sa prison pour y mourir sans avoir pu prononcer une seule parole.

Le puritain Prynne est l'un des plus célèbres parmi les prisonniers de Montorgueil. Condamné par la fameuse Chambre Étoilée, pour avoir diffamé la reine dans son Histrio-mastix, à avoir les oreilles coupées au pilori et les deux joues brûlées avec un fer chaud, à dix mille livres sterling d'amende et à la détention perpétuelle, Prynne fut enfermé à Montorgueil de 1637 à 1640, époque à laquelle le Long Parlement le fit mettre en liberté. Le farouche puritain réussit à gagner les sympathies de Carteret et employa les loisirs forcés de sa captivité à écrire un poème en trois parties : VEau, les Rochers

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