‹ Les îles de la Manche: Ouvrage illus. de 36 gravures et d' une carteChapitre 65 sur 90 · LA « MAISON HANTÉE · texte numérisé non relu

LA « MAISON HANTÉE

impassible et grave comme un sépulcre, élevant sa maigre silhouette au-dessus des flots courroucés et impuissants à l'atteindre, qui viennent à ses pieds s'engouffrer avec un bruit de tonnerre dans les anfractuosités du roc. De là, on voit scintiller au loin le feu du phare des Roches-Douvres, qui éclaire les écueils illustrés par le combat épique livré à la pieuvre par Gilliatt, le héros des Iravail-

leurs de la mer; et, en s'avançant un peu pour, contourner la pointe de Pleinmont, on aperçoit ei^ mer les rochers des Hanois, groupe d'écueils très dangereux, dont un phare, construit sur le roQ principal, signale aux navigateurs les abords redoutables.

A la pointe de Pleinmont commence la côtç occidentale de Tîle, pauvre, désolée, battue des tempêtes, et prolongée au large par des chapelets de roches fertiles en naufrages. Cette petite plaine de sable où poussent, à grand renfort d'un varech dont le rivage est prodigue, quelques légumes et de maigres céréales, est habitée par une population de pêcheurs qui ont leur centre et leur port d'attache dans la baie de Rocquaine. La plupart sont à la solde d'un armateur qui leur prête agrès et bateaux de pêche, de grosses gabarres bien pontées, sans élégance, mais qui tiennent admirablement la mer, car il faut aller à plusieurs milles au large; le poisson s'éloigne de plus en plus des côtes. Le château de Rocquaine, sur la baie du même nom, passait jadis pour être le rendez-vous des sorcières pour le sabbat. De lo63 à 1634, pendant une période de soixante et onze années, qui comprend les règnes d'Elisabeth, de Jacques P*" et de Charles I*"", soixante-dix-huit personnes, dont cin-

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