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faire connaître son intention. Dans cette constitution, le droit de vote était réservé aux citoyens naturalisés. La reine dit avec beaucoup de bon sens que ce n'est que ce qui se fait dans tous les pays civilisés, où aucun citoyen n'a droit de vote s'il est d'allégeance étrangère.
Quand on apprit que la reine insistait pour faire voter une nouvelle constitution, les principaux citoyens jugèrent qu'il fallait prendre une action déci- 8 Une asemblée fut convoquée dans le bureau d'un nommé W. O. Smith, et après délibération on forma ce qui fut appelé un comité de sûreté. Dès la première assemblée l'acte projeté de la reine fut jugé
révolutionnaire, et l'organisation des droits du peuple fut proclamée. On décida de réorganiser les compagnies de volontaires qui avaient été licenciées en 1890, et de se procurer des armes.
La reine et ses partisans s'organisèrent pareillement: tous les hommes disponibles furent mobilisés. Des deux côtés on s'adressa au ministre amés'il leur permettrait de
ricain Stevens pour savoir requérir les services des soldats du croiseur “Boston”? qui était dans le port de Honolulu; M. Stevens les as été des ei-
sura qu'il protégerait la vie et la propri toyens, mais qu'il ne pouvait prendre parti ni pour l'une ni pou: l'autre des deux factions en présence. On verra pus loin ar le rapport du Col. Bount, que cette attitude du ministre Stevens n'était qu'une manoeuvre, puisqu'il x est démontré qu'il avait promis son appui au parti de la révolution. Dans ses mémoires, la reine Liliuokalani déclare aussi qu'il y a de
nombreuses preuves établissant que dans ses rapports officie:s à son gouvernement, i] exprime souvent l'opinion que ce serait un grand avantage d’abolir la monarchie, et de mettre les domaines de ja couronne sous le contrôle des Etats-Unis.
Des assemblées furent convoquées de part et d'autre, et des discours violents furent prononcés; le publie en général était surexcité.
Quand la reine se rendit compte que cette agitation mettait son trône en danger, elle change de tactique. Elle fit publier une déclaration siguée par ses ministres, à l'effet qu'elle avait décidé de ne faire aucun changement fondamental à ja constitution existante. Elle envoya scn Maréchal informer le Comité de Sûreté de la chose, mais ils ne voulurent rier. entendre, ayant perdu confiance en elle, et trouvant qu’elle ne donnait aucune garantie qu’une tentative semblabie ne serait pas faite plus tard; ils préférèrent en finir de suite,
Entre temps, le ministre Américain prétextant une émeute possible qui pût mettre la vie et la propriété des citoyens en danger, donna ordre de débarqur jes troupes du croiseur Boston, mais ni l’une ni l'autre
des deux factions n’en vinrent aux mains.
Finalement, le Comité de Sûreté établit un gouvernement provisoire, le 17 janvier 1893; »t nomma Sanford B. Dole, président. Tous les membres se rendirent à l'édifice du parlement pour en prendre possession, et ne rencontrèrent aucune difficulté car il n’était pas gardé. M. IH. E. Cooper s'avança à l’entrée principale et lut une proclamation au publie. Il
re
ae
Enshasésrt
eut à peine tini que des bataillons 4 volantaires arrivèrent et furent placés aux points stratégiques.
Le Cabinet de la reine informa aussitôt le minis tre américain Stevens, que l'on s'était emparé du palais royal, et qu'on avait proclamé un gouvernement provisoire et décidé de déposer la reine. Il lui demanda s'il avait reconnu ce gouvernement, et si non, de vouloir bien lui fournir protection pour maintenir la Le ministre répondit qu'il avait reconnu le gou-
paix.
vernement provisoire.
La reine voyant la partie perdue décida de capituler, et abdiqua sous protêt, référant le litige au gouvernement des Etats-Unis et demandant d'être remise jon de son trône après examen des faits. Elle se retira à sa résidence connue sous le nom de Place Washington, le 18 janvier: tous ces changequatre jours et sans effusion
en possess
ments s'étaient opérés en de sang.
Le gouvernement provisoire envoya cinq délégués à Washington pour demander au Président l'annexion des Iles aux Etats-Unis; cette délégation se composait de MM. L. A. Thurston, W. C. Willis, W. R. Castle, J. Marsden et C. L. Carter. Tous partirent sur le vapeur spécial Claudine le 19 janvier 1893
Le 31 janvier le ministre américain Stevens lanea une proclamation par laquelle il assuma, au nom du gouvernement des Etats Unis, la protection de la vie et des propriétés des citoyens américains, sans toutefois intervenir dans les affaires du gouvernement provisoire. Des soldats du croiseur Boston furent
postés devant le
palais royal et le drapeau américain hissé sur l'édifice
A Washington, les délégr
1és furent présentés au président Harrison le 11 févri
Un traité fut pré
paré et signé par les deux parties le 14 du même mois.
Entr'autres sti vulations, il pourvoyait au ! à
paiement par les Etats-Unis d'une rente annuelle de $20,000 à
la reine, et pour sa vie durant, et d'une somme globale de 8150,000.00, une fois Pour toute, à sa nièce, la princesse Kaiulani, héritière présomptive du trône, Ce traité fut envoyé au Sénat pour être discuté et ratifié. Toutefois, comme le parlement touchait à son terme, on n'eut pas le temps de le faire.
De son côté, la reine déposée avait écrit au président Harrison lui demandant de ne pas prendre action avant qu'e.le n'eût été entendue. Le 2 février elle délégua deux commissaires ayant plein pouvoir de traiter en son nom avec le gouvernement américain, pour la restauration du trône, ou à défaut de cela, obtenir une indemnité pour elle et sa nièce. Ces délégués étaient Paul Neumann et le prince David Kamananakoa, tous denx accompagnés de M. E, C. MacFarlane, l'un de ses plus habiles adhérents. Dans l'intervalle, M. Grover Cleveland avait été élu président des Etats- Unis. M. Neumann lui transmit une lettre de la reine lui exposant les faits, auxquels il ajouta ses commentaires touchant la révolution. 11 déclara que ja
mais le gouvernement provisoire n'aurait été établi sans l'appui du ministre Stevens et des forces du croiseur Boston.
M. Cleveland fut installé le 4 mars 1893. Le 9
ricain
és au ; prémois.
ment
je Sénat s'assembla et le Président envoya un mes-
sage remettant à plus tard la discussion du traité de
Hawaii. Le secrétaire d'état Gresham informa le commissaire Thurston, l'un des délégués du gouvernement provisoire de Hawaii, qu'on n'avait pas eu le temps d'étudier cette question suffisamment.