COMITE DU SENAT
11 pose d'abord en principe que Hawaii est un territoire destiné à faire tôt ou tard partie de la république américaine. I] lui applique done la doctrine Monroe, à savoir, que le gouvernement des Etats-Unis ne reconnait pas le droit à un £ouvernement étranger d'acquérir dans les [les Hawaii des intérêts ou d'y exercer un contrôle quelconque qui soit préjudiciable aux intérêts du peuple américain. Ce principe constitue un état de suzeraineté sur Hawaii. Cette attitude des deux gouvernements confère à Hawaii le droit de demander aux Etats-Unis la considération à laquelle tout état à droit, et dans l'espèce, celui de se débarrasser d'un odieux régime anti-républicain qui nie au peuple le droit de se gouverner et lui impose À la piace l'autorité & un monarque inamovible. Il en vient ensuite aux faits,
Le Ministre Stevens partit le + janvier sur le vapeur Boston pour une croisière dans les eaux de d'Ile Hawaïi. A son retour à Honolulu, il trouva la ville dans un état de trouble inquiétant pour la vie des citoyens américains. Le souvernement se trouvait paralysé par la tentative de la reine d'abolir la constitution de 1887. Cet état de chose le rendait impuissant à protéger les sujets américains. Il n'avait pas non plus la force nécessaire Pour empêcher une invasion de troupes étrangères, n’ayant alors qu'une force cons-
awaii.
points
st un la ré- ‘trine -Unis anger L d'y iable COnsattiii le on à le se i nie à la ient
mu
tabulaire insignifiante. Son autorité n'était plus res-
poctée par le peuple, et il n'y avait aucune force apr parente pour faire face à l'opposition de ce dernier.
La révocation par la reine de la constitution de 1887, à laquelie elle avait juré obéissance et appui, équivaiait à son abdication, et le pays demeurait sans protection jusqu'à la création d'un autre gouver-
ment, (Cet évènement arrivait deux jours avant le
débarquement des troupes du vapeur Boston.
Lorsque Kaïlakaua fut éln roi le gouvernement fut infecté de la plus honteuse corruption. Au moment de l'élection de Liliuokalani, la monarchie n'était plus qu'une carcasse incapable de résister à la moindre Elle ne se tenait debout que par la toléran-
attaque.
i détenaient $50,000,000. des
ce bénévole des blancs qu propriétés d'Hawaii.
La reine et ses partisans avaient décidé de détrui- 1 constitution et les droits du peuple. Quand ce l'obligation de se défendre la meo-
re | dernier fut mis dans narchie disparut. Il suffit de l'action déterminée du parti des “Missionnaires” pour la faire crouler, et cette action fut prise avant le débarquement des troupes du vapeur Boston.
Lors du débarquement de ces troupes, aucune dé-
monstration hostile ne fut faite. En passant devant le
palais, la reine ap lui présentèrent les armes.
re était celle de l'impuissance dans laquelle son isole- Dans ces conditions Hawaii était
parut sur son balcon, et les soldats L'attitude de cette derniè-
ment l'avait mise.
Les citovens n'étaient pas justiciables de
sans loi.
l'autorité et étaient traités par la reine comme si le
PAÿs eut été en état de guerre. Un constable fut tué dans la rue et aucune action ne fut prise pour arrêtor et punir le coupable.
Le but Principal de la reine cn révoquant la constitution de 1887 était de défranchiser les blancs, confisquer leurs biens et les mettre à mort si besoin y était.
Le comité Passe en revue l’ocuvre d'évangélisation des uissionnaires et se demande si on devait la laisser inettre en péril et retourner au Paganisme, Il] étudie aussi le côté légal de la Position prise par le #ouvernement américain, i] énumère plusieurs précédents créés tant aux Etats-Unis qu'à l'étranger; il profite des j:oints faibles de la procédure du parti royal; il est d'uvi« z1e le débarquement des troupes du navire de guerre Boston était légitimé par les circonstances, que son but était de protéger la vie et les propriétés des citoyens américains. 1] termine son rapport comme suit:
10 La nomination de M. Blount comme commissaire enquêteur à Hawaii était inconstitutionnelle parce qu'elle avait été faite sans l'autorisation du Sénat.
20 Les ordres du département de l'Exécutif mettant les forces navales stationnées dans Je port de Henolulu sous le commandement de M. James Blount étaient illégaux.
30 L'ordre de M. Blount à l'amiral Skerrett d'amener Je pavillon américain, et de renvoyer les marins sur leur bateau était sans autorité légale. La tentative de restaurer Ja royauté quand un &ouvernement avait été établi Par suite de Ja révolution, était
ut tué rrêter
rie
un acte contraire aux principes du droit international et n'était pas justifiée,
La légitimité de la révolution, l'établissement d'uu gouvernement provisoire, et le droit à ce gouvernement d'exister avaient été reconnus par le président Harrison, du fait que son administration avait pris en considération un traité d'annexion et qu'il avait établi des relations diplomatiques avec ce gouver nement, Il s'ensuit que le président Clevesand n'avait pas le droit de revenir sur une situation politique acceptée par son prédécesseur. [1 ni était loisible d'offrir la médiation de son gouvernement, mais il devait attendre qu'elle fût acceptée avant d'agir.”
Ce rapport dont on vient de lire la substance, est évidemment l'oeuvre d'avocats habiles. 11 exonère le ministre Stevens d'avoir fait intervenir les troupes américaines au cours de la révolution. Il énumère nombre de considéranis pour justifier le mouvement. I] traite à fond le cûté légal et invoque des précédents, mais il ne réfute pas l'assertion du Col. Blount à savoir, que le ministre Stevens, représentant à Hawaii d'une nation amie, favorisa la révolution après entente préalable evec ses promoteurs.