INDUSTRIE
La principale industrie des Îles est celle du sncre. Il s'en faisait même quand elles furent découvertes. La première exportation de sucre fut faite dès 1537. À cette époqne, une fabrique qui produisait 300 livres par jour était considérée comme extraordi-
naire. Cette industrie prit un grand développement
à la suite du traité de réciprocité de 1876 avec les Etats-Unis. En 1915. les 35 établissements sucriers produisaient 645.000 tonnes de sucre brut et 5,000,000 de gallons de mélasse, le capital engagé est évalué à 85 millions, On a établi des systèmes d'irrigation dans les endroits secs, l'eau provenant soit de puits artésiens ou de sources dans les montagnes,
On coupe les cannes environ à tous les dix-huit mois. Dans les Iles Hawaii, la racine dure de trois à sept ans; à Cuba, elle produit jusqu'à 15 ans. Quand une racine à fait son temps, on plante à neuf, quand la terre donne des signes d'épuisement, on x met des
engrais chimiques.
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Comme il n’y a pas encore de machines pour effectuer la récolte de la canne, ce travail se fait à la main, et en grande partie par des japonais. Ces travailleurs, hommes et femmes, s'enveloppent la figure presque complètement pour la protéger contre les feuilles de cannes dont les bords sont coupants.
Dan: les g'andes piantations, des chemins de fer à voie étroite, avec des ramifications multiples, ont été installés dans les champs pour transporter les cannes. Jà cù l’ea est abondante, comme dans l'Ile Hawaii. elle est dirigéc dans des systèmes de dalots de bois; les
travailleurs x jettent les cannes et le courant les trans
porte à la fabrique.
Grâce à l'irrigation et à l'amélioration graduelle
de la canue, par suite de nombreuses expériences scientifiques, on est arrivé à établir une moyenne de rendement de quatre tonnes par acre, pendant qu'on n'en retire que deux dans l'Ile de Cuba.
Cette industrie est presque toute contrôlée par de grandes compagnies, la Hawaiian Commercial, dans l'Ile de Maui, produit à elle seule 50 à 60,000 tonnes par an.
La seconde industrie en importance est celle de l'ananas, elle est d'introduction relativement récente. I] y en a actuellement environ 10,000 acres en culture, et il fut exporté pour une valeur de $600,000.00 de conserves et $95,000.00 de jus en 1915, il y a onze fabriques où ce fruit est mis en conserve.
La culture du riz qui, à une certaine époque, couvrait 12.000 acres. diminue graduellement à cause de lasprit de routine des chinois qui s'y livrent, les
planteurs de l4 Californie et du Texas, employant des méthodes plus progressiv né ceux de Hawaii.
Trois mille acres de terre sont affectés à la culture du Sisal. Cette plante, que les Cubains appellent Henéquen, est de la famille des palmiers. Ses feuilles fournissent une fibre dont on fait le cable, Cette culture est appelée à se développer, et à mettre en valeur beaucoup de terrains impropres à autre chose par suite du manque d'eau, le Sisa] n’en demande que très peu.
On cultive un peu le tabac, le café et les bana-
nes, en 1915 on exporta 233,000 grappes de ces dernières à San Francisco
es ont pratiquement rui-
Une ligne de bateaux fait le service hebdomadaire entre Honolulu et San Francisco : sept jours de mer; les bateaux de l'Orient y font aussi escale.
Compagnie fait le service local des Iles.
Depuis l'ouverture du Canal de Panama, le chiffre des expéditions a beaucoup augmenté,
Au point de vue militaire, les Iles sont d'un prix inestimable pour les Etats-Unis. C'est une station navale À mi-distance entre l'Amérique et l'Orient, et une première ligne de défense en cas de guerre avec ces Pays, aussi le gouvernement ÿ a fait des travaux militaires importants. On à fait, sur l'Ile Oahu, du dragage en vue de l’accès au bassin de Poarl Harbor qui présente une superficie de 10 milles carrés d’eau navigable, et communique avec l'océan par un chenal de quatre milles de largeur ;
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On ÿ a Construit une cale sèche, des ateliers de réparation, et un système Marconi de grande envergure,
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Plusieurs forts, aux environs de Honolulu protègent la ville Le principal est celui de Diamond Head où les canons, installés dans un cratère éteint, sont invisibles
T1 y a aussi dans les Iles un dépot de charbon, et tous ces établissements militaires sont amplement pourvus de soldats réguliers: Bref! les Iles Hawaii cons-
tituent un poste militaire de première importance. EVANGELISATION
On a vu que les premiers missionnaires arrivèrent dans les Iles en 1820. Ce furent deux ministres, cinq laïques avec leurs femmes, et trois jeunes Hawaiiens emmenés en Amérique par le Capitaine Brintnall en 1809, et instruits à l’école de Cornwall. Les missionnaires vinrent à bord du voilier Thadeus, Capt. Blanchard, le chef était le Rév. Bingham.
Le premier prêtre catholique qui mit le pied dans les Iles fut l'abbé Quelin. Il vint sur ia corvette Uranie, sous le commandement de M. Freycinet, en août 1919. Pendant son court séjour, il baptisa le chef Kaïanimoku, et le gouverneur Boki de l'Ile Oahu. On ne parle pius de l'abbé Quelin. Ce fut en 1827 que les missionnaires catholiques vinrent commencer sérieusement leur oeuvre. Le Père Jean Alexis Aueustin Bachelot, de la Compagnie des Pères des SS. Coeurs de Jésue et Marie fut nommé Préfet Apostolique des Iles.
I] vint accompagné d’un de ses confrères, le Père Short, un autre prêtre, et plusieurs laïques. tous partis de Bordeaux à bord du Comet le T juillet 1827: ils débarquèrent à Ionoluln. Comme ils n'avaient pas
demandé Ja permission de séjourner dans l'Ile, le gouverneur leur fit savoir qu'ils auraient à quitter, et enjoignit au Capitaine de les ramener ; eux.
tutorisation,
ce dernier n'en fit rien et repartit sans
années sans mais furent protégés Boki, qui appartenait déjà à la Toutef.is, comme ce chef n° donner un permis officiel, 1 servée à
[ls restèrent plusieurs par religion catholique.
avait pas Je Pouvoir de
‘autorisation en étant réla reine Kaahumanu, que tolérés
veillance,
les Pères ne furent » Inais les chefs les accueillirent avec bien- La première
messe fut célébrée le 1 1527, et une
chapeile temporaire fut 1er janvier 1828, Tant que Boki fut viv res purent poursuivre le S SOUS sa protection. En 1829 il périt au cours d'une expédition sur La reine Kaahumanu res catholiques
5 juillet ouverte le ant les ièurs oeuvre mer.
'emarqua que les missionnaifaisaient des Conversions, Elle leur fit défense d'ouvrir leur chapelle, elle défendit indigènes d'embrasser la re va leur crucifix, et mê
aussi aux leur enle- S punitions.
aux fers pour catholique.
ligion catholique,
me leur infligea de Plusieurs furent condamnés
d'apparten:: à Ja religion sayèrent de les faire libé
face sévère, mais |]
le crime Les Pères esrer, et même tinrent un lana reine n'en fut que dans sa détermination.
Il appert que Boki fut un chef révolté contre la reine, Or, | da aux catholiques fut près de cette dernière.
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plus ferme
dépravé et même a protection qu'il accorde nature à les discréditer au- Aÿant toujours en
un pouvoir ant religieux que temporel
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ne comprenait pas qu'on pût s'opposer à ses désirs, surtout à ses ordres.
‘Comme la lumière du christianisme ne faisait que commencer à pénétrer dans l'esprit de ces paiens, la tolérance était encore inconnue. Le peuple, de son côté, avait été habitué à l'obéissance passive aux chefs, la reine ne pouvait donc tolérer la désobéissance chez les catholiques sans mettre en péril son autorité sur s0s antres sujets.
Une autre difficulté surgit. Avant l'arrivée des missionnaires protestants, la religion du tabu avait été abolie à la suite de luttes persistantes et même au prix de batailles sanglantes. On avait établi des lois sévères contre cette pratique d'idoltrie. Quand on commença à pratiquer la religion catholique, à se prosterner devant les erucifix et les images, quand les prêtres prescrivirent des jours de jeûne et d’abstinenee, la reine Kaahumanu et les chefs virent dans ces pratiques la renaissance du tabu et sv oposèrent énergiquement.
Quand des catholiques furent traduits devant les chefs ou la reine, et mis en demeure de se justifier d'appartenir au catholicisme, ils déclarèrent que leur autorité était celle de l'Eglise, ce qui apparut aux chefs indigènes une révolte ouverte contre ieur propre autorité, ne pouvant pas encore apprécier la différence entre les choses religieuses et celles du domaine temporel. Ceci rendit difficile aux missionnaires protestants la tâche de leur faire comprendre qu'il était anti-chrétien d’infliger des punitions pour des choses
religieuses.