‹ Les îles [microforme]Chapitre 3 sur 30 · PR EN EN ATEN A ARE SAR RATE EL LATE 1 À : AA · texte numérisé non relu

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trop souvent ‘à tort et à travers au premier venu.

fx | Railleur sans fiel, hardi par tempérament, serviable et discret par goût, jouissant d’une bonne santé et de l'aurea mediocritas d'Horace, joyeux, bon, prodigue de tout ce qu'il avait, il prenait la vie comme elle se présentait à lui, a sans permettre à l'ambition, à l'excès de travail “| ou à l’envie de lui faire des cheveux blancs, des RIVE rides et de la bileavant le temps, Ses ennemis le fuyaient pour ne pas être forcés de devenir ses amis,et sans son incomparable paresse maître Agénor aurait été de force à courir après eux, pour se les concilier, en ouvrant la conversation par leur dire tout le mal qu'il pensait de lui, et leur ‘faire part de tout le bien qu'il voulait aux autres.

On sait déjà qu'Agénor avait une manière particulière de s'y prendre pour faire causer les gens ; aussi ne faut-il pas s'étonner si le lendemain de notre départ, nonchalamment couchés sur une peau de buflle, la tête appuyée sur une.

ent bosse de chaloupe, nous étions déjà en frais de prendre des notes sur l’intéressante conversation que nous tenait le gardien d’un des phares de l’Anticosti.

Ceux qui sont habitués aux petites grandeurs, aux grandes misères et aux minces bonheurs des villes, ne sauraient se faire une idée de la vie que mènent là-bas ces braves gens. Obligés

de faire cuire leur pain, de. tailler leurs habits, : L: de travailler à la menuiserie, de chasser, pêcher, être à la fois médecin, calfat, brasseur, que

sais-je ? l'été ils n'ont pour distraction que la 4 ï culture d’un petit carré de terre, si toutefois ñ

l’avare récif le permet, l'hiver que d'interminables pipes fumées en tête à tête avec les

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épaves arrachées à la tempête, et qui flambent tristement dans l'immense âtre en pierre de la cuisine de la tour.

Notre interlocuteur, M. Gagnier, était un des privilégiés de la bande. Il desservait un phare . confortable, spacieux, et lui du moins, pouvait chausser ses raquettes, ou s’acheminer le long des sentiers battus par les ours et les fauves, à | pour visiter ses voisins et échapper ainsi, cinq DRE ou six fois l'an, au terrible supplice de l’isole- HN | ment. Je Ah! monsieur, disait-il à Agénor, si vous : va saviez comme la solitude et le silence amènent à l'homme à être serviable et à aimer son sem- 4 É = blable. Mon plus proche voisin fit un jour è trente-cinq milles à pied pour venir m'apporter nn | une lettre. D'ailleurs, ajoutu-t-il en clignant de l'œil, c'était un rude jarret que celui de mon compère James. Dans un temps de disette il fut onze jours sans pouvoir fumer. Enfin n'y tenant plus, il part, enjambe dix-huit milles par une pluie battante, et me tombe dessus au moment où j'allais souper. Je veux le forcer à passer des habits secs, et à boire un bon verre de rhum. Le rhum, il l’avala sans se faire prier ; mais pour ce qui est des hardes et du souper, il fit la sourde oreille, et se mit à battre le briquet et à fumer avec tant d'appétit, qu’une demiheure après, il était malade, comme un écol'er qui a voulu faire l’homme et s'est imbibé de nicotine, Pauvre James ! il devait mourir plus tard d’une maladie bien pire que celle-là, et en attendant ce fut lu qui entra l’un es premiers ki dans la maison de Gamache et le trouva mort, } étendu de tout son long sur le plancher, et Ja 4 main crispée sur l’anse d'une cruche de whiskey. (Comment Gamache, l’homme aux relations

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