‹ Les Illusions de l'amour, comédie en 1 acte et en versChapitre 13 sur 28 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Mêmes, LE DOMESTIQUE, puis EDGARD.

LE DOMESTIQUE, annonçant du fond.

Monsieur de Saint-Perrin.

LA MARQUISE

L’ennuyeHX personnage Il arrive toujours à contre-temps.

EDGARD

Je gage

Que vous vous étonnez de me voir seul ?

LA MARQUISE, distraite.

Mais, oui.

EDGARD

Par un hasard qu’on peut appeler inouï,

Mes tantes sont au lit toutes trois. Ma marraine Souffre de l’estomac, sa sœur a la migraine,

Et ma tante Eudoxic a des douleurs de dents.

J’arrive tout seul, grâce à ces trois accidents.

Pour moi, je vais fort bien, c’est par là que je brille,

Et j'ai de la santé pour toute la famille.

Ces dames m’ont chargé de vous bien prévenir Du regret qu’elles ont de ne pouvoir venir.

Mais ce petit revers ne doit point vous abattre,

Et, si j’arrive seul, je dînerai pour quatre.

LA MARQUISE

Comment 1 vous dînerez ?

EDGARD

Oui, car je meurs de faim.

LA MARQUISE

Mais l’invitation n’était que pour demain ;

Nous avons dîné.

Bon ! la fâcheuse méprise 1 Je m’en vais donc à jeun m’en retourner, marquise ?

LA MARQUISE, à part.

Quelle idée ! Oh 1 mais, non !... Après tout, pourquoi pas ?

Je me plaignais... C’est Dieu qui l’envoie en ce cas.

La proposition est étrange et hardie **.

(Bas à Fernande qui vient d’ccbanger quelques mots avec Edgard.)

Avez-vous quelquefois joué la comédie?

* La marquise, Edgard, Fernande,

** La marquise, Fernande, Edgard,

DE L’AMOUR

Moi?

FERNANDE

Vous.

LA MARQUISE

Oui, quelquefois, à la campagne.

LA MARQUISE

Et vous vous en tiriez ?

Eon !

FERNANDE

Pas trop mal, disait-on.

LA MARQUISE, trcs-cmprcssce à F.dgard.*

De grâce, asseyez-vous, monsieur ; ma joie est grande... Mais souffrez que je dise un seul mot à Fernande.

(Elles remontent vers le parc et se parlent bas.)

EDGARD

La marquise est vraiment bien aimable pour moi.

Le marquis est absent, et je devrais, ma foi !...

Par malheur, on ne peut jamais la trouver seule.

La jeune me plaît moins, ce n’est qu’une bégueule.

Elle prend avec moi de grands airs de fierté.

Les autres femmes m’ont sans doute un peu gâté. (S’asseyant.)

— Eh bien ! quand finira leur conciliabule ?

FERNANDE, bas à la marquise.

Mais c’est impraticable, il est si ridicule !

LA MARQUISE, de même.

Cela n’en vaut que mieux.

FERNANDE

Mais c’est qu’en vérité...

* Fernande, la marquise, Edgard.

LA MARQUISE

Je vous en prie.

FERNANDE

Allons, le sort en est jeté.

LA MARQUISE, très-gracieusement.

Mon cher monsieur Edgard, excusez-nous.

EDGARD

Madame !

LA MARQUISE

Lorsqu’on vous voit, Fernande est heureuse dans l’âme.

EDGARD

Vraiment ?

LA MARQUISE

Nous avons eu plus d’un petit débat A votre sujet.

Quoi?...

LA MARQUISE

J’ai peur...

FERNANDE, baissant les yeux.

Ma mère!

EDGARD, surpris et joyeux.

Ah 1 bah !

LA MARQUISE

Mais vous mourez de faim, et j’en suis presque cause.

EDGARD

Je prendrais volontiers quelque petite chose.

FERNANDE

Je vous ferai servir, venez.

* La marquise, Fernande, Edgard.

DE L’AMOUR

EDGARD

Dieu l quel regard !

(U sort avec Fernande par la droite).

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