‹ Les Illusions de l'amour, comédie en 1 acte et en versChapitre 6 sur 28 · LE3 ILLUSIONS · texte numérisé non relu

LE3 ILLUSIONS

FERNANDE

Mais, madame, on ne peut toujours parler, je crois ;

11 faut savoir aussi se taire quelquefois.

LA MARQUISE, allant s’asseoir près du métier à tapisserie. *

Se taire, mon enfant? oh ! ne vous en déplaise,

Nous u’en ferons jamais une mode française.

FERNANDE

Mais quand on ne dit rien, il est à supposer...

VALÉRIE

Quand on n’a rien à dire, on cause pour causer ;

On cause à tout propos, et sur toutes matières.

Si j’étais seule, moi, je parlerais aux pierres.

(A la Marquise.)

Vous ue négligez rien, pour la distraire un peu :

Vous appelez chez vous votre propre neveu,

Un jeune homme charmant et son ami d’enfance ;

Vous me faites venir du fond de ma Provence Pour passer quelques jours dans vos bois de Meudon ; Mais de la divertir personne n’a le don.

Son ftme se complaît dans la sauvagerie ;

Il lui faut le désert, je m’en vais.

FERNANDE, la retenant.

Valérie!

Vas-tu me condamner d’abord et sans appel,

Parce que je me tais ?

VALÉRIE

Ce n’est pas naturel.

Le silence est suspect ; quand on se tait on pense,

Et je vois un secret derrière ton silence.

FERNANDE

Je n’ai pas de secret pour toi.

* I.a marquise, Valérie, Fernande.

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