‹ Les illusions socialistesChapitre 4 sur 5 · LE BUT DU SOCIALISME · texte numérisé non relu

LE BUT DU SOCIALISME

po jr la supplanter. 11 est évident que toutes les écoles s’entendent avec une remarquable précision quand elles signalent les vices qui les olTusquent. On aurait mauvaise grâce à leur contester cette vue d’ensemble, la cause principale de leur force. C’est l’histoire des révolutions politiques où les gouvernements succombent sous les plus étranges coalitions, qui sont incapables ensuite d’établir quelque chose de stable. Lorsque la lecture de la partie critique de l’organisation moderne est terminée et qu’on commence celle qui traite des remèdes, les quatre cinquièmes de l’œuvre sont généralement épuisés. Si, par hasard, vous désirez étendre vos connaissances et étudier plusieurs productions de ce genre, il advient que les ouvrages, tous pareils dans leurs attaques, enseignent des solutions très différentes. Autant d’écoles, autant de systèmes et chaque système a bien soin d’énoncer que la solution du voisin ne vaut rien.

Tel le communisme libertaire qui s’empresse de proclamer avec assurance que le collectivisme autoritaire est un non sens et que, s’il venait à triompher, il ne subsisterait pas longtemps. Enfin, si l’on aborde les procédés de destruction pour conquérir cet état rêvé où. régnera tant d’homogénéité, la même

divergence se fait sentir. Les uns préconisent la violence, seule arme possible pour vaincre les résistances. Les autres, pensant que remploi de la force étant toujours suivi de redoutables réactions, préfèrent arriver graduellement par le bulletin de vote. Enfin, personne n’ignore que les uns maintiennent encore par une dernière concession l’idée de patrie et que les autres la répudient nettement. r

Si Ton était conduit par un esprit de mauvaise foi, avant d’écouter ces réformateurs / sincères ou incrédules U serait juste de leur demander un peu plus d’accord. Supposons, néanmoins, que cette entente soit parvenue à s’opérer, il importe alors d’examiner dans quelle mesure ces critiques sont fondées et quelle pàçt de soulagement peut être apportée aux infprtunes réelles. Selon les champions du collectivisme ou du communisme, nommez4eè comme vous voudrez, tout est au plus mal dans la plus exécrable des sociétés. D’un côté les heureux de la vie jouissent de l’universalité des plaisirs possibles. De f autre les innombrables forçats du salariat sont voués à toutes les misères. Le contraste est saisissant et donne prise à de belles dissertations; mais ce tableau n’a qu’un malheur.

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