NOUVEAU VOYAGE DE CHAMPLAIN EN CANADA
Le 1er mars 1611, Champlain et Pont-Gravé s'embarquèrent de nouveau pour le Canada, et, après une traversée de plus de deux mois, où le vaisseau courut les plus grands dangers par
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suite de la brume et des banquises, ils arriverent le 13 mai à Tadoussac.
Champlain après s'être assuré du bon état où on se trouvait à Québec, se rendit de suite au Grand-Saut où, dès le 2 mai, devaient l’attendre
les Algonquins ; ils n’y arrivèrent cependant que le 13 juin.
En les attendant, il s’occupa d'explorer plus en détail les environs du Grand-Sault pour y découvrir la place d’une habitation. ‘“ Je considérais fort particulièrement, dit-il, le pays ; mais en tout ce que je vis je ne trouvais pas de lieu plus propre qu'un petit endroit qui est jusques où les barques et les petites chaloupes peuvent monter aisément... car plus haut que le dit lieu (qu'avons nommé la Place-Royale), y a quantité de petits rochers qui sont fort dangereux … Ayant donc reconnu fort particulièrement et trouvé ce lieu un des plus beaux qui fût en cette rivière, je fis aussitôt couper et défricher le bois de la dite Place-Royale, pour la rendre unie et prête à y bâtir. ”
C’est à ce même endroit que débarqua M. de Maisonneuve, et c'est cette même Place-Royale qu'il choisit pour y fonder Montréal.
Les sauvages qui vinrent cette année à la traite montrèrent à Champlain une grande affection et une extrême confiance, Ils prouvèrent ainsi que sa conduite était celle qu’il fallait tenir pour s'attacher ces nations sauvages et les
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amener graduellement à la connaïssance de l'Evangile et de la civilisation.
Champlain retourna la même année en France.
En 1614, après des difficultés sans nombre et qui auraient lassé tout homme moins dévoué que Champiain à son œuvre, il réussit à former une puissante compagnie qui devait se composer de marchands de Saint-Malo, de Rouen et de la Rochelle.
Mais il ne s’occupait pas seulement d'assurer le progrès matériel de la Nouvelle-France ; il pensait aussi à tous ces pauvres et malheureux infidèles, n'ayant aucune notion de la foi. “Je jugeais à part moi, dit-il, que ce serait une grande faute, si je ne m'employais pas à leur procurer quelque moyen pour les faire venir à la connaissance de Dieu. ”
D'après le conseil du sieur Houel, secrétaire du roi, ‘“ personnage très affectionné au service de Notre-Seigneur, Champlain demanda au provincial des récollets quelques-uns de ses religieux pour une si nécessaire et si glorieuse mission. De plus il obtint des cardinaux et évêques réunis à Paris, une somme de quinze cents livres pour l’achat des choses les plus nécessaires.”
NOUVEAU VOYAGE DE CHAMPLAIN EN CANADA, 1615, ARRIVÉE DES PREMIERS RÉCOLLETS.
Au printemps de 1615 Champlain mettait à la voile pour Je Canada ; sur son vaisseau se trouvaient quatre récollets : le P. Denis Jamet, commissaire, le P. Jean Dolbeau, le P. Joseph le Caron, et le P. F. Pacifique du Plessis. On arriva à Tadoussac le 25 mai.
“ Sitôt que ces bons pères furent à terre, dit le P. Sagard, ils rendirent grâces à Dieu de les avoir assistés et conduits si à propos au port de salut, et ayant donné un peu de répit à leur corps, fatigué des tourments et vapeurs de la mer, ils considèrent la contrée qu'ils trouvent d'abord fort stérile, sèche, déserte et pleine de montagnes et rochers avec une solitude si profonde qu'il leur semblait être au milieu du désert de l’Arabie pierreuse..…...”
“ Le R. P. Dolbeau, après avoir séjourné un joar ou deux à Tadoussac, partit pour Québec dans la première barque qui se mit à la voile, et les autres pères cinq ou six jours après, Dès qu'ils arrivèrent au Cap de Tourmente et virent ces belles prairies émaillées en été de quantité de petites fleurettes, les bonnes terres de Québec et l’agréable contrée où est maintenant bâti