‹ Les illustrations canadiennes [microforme]Chapitre 39 sur 65 · MANCE · texte numérisé non relu

MANCE

“ Jésus, MARIE, JosEPI.”

“ Le 2 février 1659, en la chapelle du sémi- ‘“ naire, après la sainte messe, j'ai écrit ces mots “ de ma main droite, de laquelle je n'avais eu “ aucun usage depuis deux ans.”

Onze jours après, elle traça le récit de sa guérison de cette écriture ferme et nette dont sont écrites toutes ses lettres, et qui est en tout conforme à ce qu’elle était avant l'accident.

Les associés, la sœur Bourgeoys et surtout Mme de Bullion reçurent cette nouvelle avec des transports de joie. Dieu ne s'était pas contenté de rendre tout d’un coup la santé à cette privilégiée de sa grâce ; il avait voulu, pour qu'elle et tous en gardassent mieux le souvenir et pussent à chaque instant en constater la réalité, qu'il fût, pour ainsi dire, constant et perpétuel : ‘“ En effet, dit M. Dollier de Casson, “les principes des mouvements étaient de- “ meurés disloqués comme auparavant, et ce- “ pendant elle pouvait manier son bras et sa ‘“ main sans aucune douleur, comme si tout ‘“ était en bon état.”

Elle partit aussitôt pour la Rochelle, mais son zèle faillit lui coûter la vie. A huit lieues de cette ville, des chiens effrayèrent le cheval qu'elle montait, et comme il était très ombrageux “il se lança si haut par-dessus un fossé, dit M. “ Dollier de Casson, et en même temps la jeta ‘“ si loin et si rudement sur sa main autrefois

‘estropiée, qu'on a attribué à une charitable “ protection du ciel qu’elle en eût été quitte ‘“ comme elle l’a été, pour une légère écorchure.”

Cet accident ne servit qu'à mieux établir la réalité du miracle dont elle avait été l'objet ; car la luxation du poignet ne fut point aggravée, et la liberté du bras resta la même qu’auparavant.

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