PER RE
JACQUES CARTIER 27 “ (par cette relation) la bonté et la fertilité de ces “ terres, la quantité innombrable de peuples qui ‘“ les habitent, leur bonté, leur douceur et aussi “ la fécondité du grand fleuve qui les arrose, le “ plus vaste sans comparaison, que l’on sache “avoir jamais vu ; lesquels avantages donnent “une espérance certaine de l'augmentation “ future de notre très sainte foi.”
Dans son rapport Jacques Cartier parle de ce qu'il avait appris sur l’intérieur du pays et de la renommée qu'avait dès lors parmi les Indiens une bourgade nommée Hochelaga, puissamment défendue et lieu de rendez-vous des naturels établis en haut et en bas du fleuve.
Le roi, enchanté de ces renseignements, et désireux d'assurer les espérances qu'ils faisaient naître, confia à Cartier un nouvel armement de trois vaisseaux, la grande Hermine, la petite Hermine et l’Emerillon qui portaient en tout cent dix hommes.
Le nom de ces navires indique assez que, bien que devenus français, les Bretons conservaient toujours le culte du pavillon national et de sa noble devise : “ Malo mori quam fœdari.” Peutêtre même se plaisaient-ils à charmer les soirées du bord en racontant l’histoire de leur cher emblème. (Comme nous touchons par bien des points à la nationalité bretonne, nous nous faisons un plaisir de rapporter en quelques mots cette gracieuse légende.
Lorsque Gradlon parcourait la Bretagne avec
ses guerriers, il arriva au bord d’une rivière, et aperçut à l’autre rive un joli petit animal à peau blanche tachetée de noir qui poussait des cris plaintifs. Il réussit à s’en approcher doucement par derrière de façon à lui couper toute retraite excepté du côté de la vase du rivage: mais plutôt que de souiller sa blanche tunique, l’hermine aima mieux se jeter toute tremblante sous le manteau du roi breton au risque de perdre la vie. Gradlon émerveillé dit à ses guerriers : “ Que l’herrnine soit notre emblème ; préférons mourir que de nous souiller en rien.”
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