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neuve prit sa destitution comme un ordre de son divin Maître ; il repassa en France, non pour s'y plaindre du mauvais traitement qu'il rec2vait, mais pour y vivre petit et humble comme un homme du commun. Son humilité, dont nous avons déjà donné des preuves, l’empêcha “de témoigner jamais aucun ressentiment de ce que l'on lui avait préféré des personnes qui ne le valaient pas.”
Il quitta le Canada sans emporter aucun bien, et en abandonnant même aux pauvres de l’Hôtel- Dieu six mille livres qui lui étaient dues. Accompagné de son seul domestique, Louis Frin, il se retira à Paris, “ content d’avoir consacré ses plus belles années à la fondation de Ville- Marie et d’avoir exposé mille fois sa vie pour le service de son Dieu.” Il y vécut dans la retraite, pratiquant avec ferveur tous ses devoirs de chrétien, et ne s’occupant plus que de son salut.
Ses pensées et son affection s’en allaient sans cesse vers ces colons de Ville-Marie pour lesquels il s'était toujours sacrifié. Aussi on comprendra aisément combien fut grand son bonheur quand il reçut dans sa retraite la visite de la sœur Bourgeoys. Elle en a fait elle-même le récit : ‘ Le lendemain de mon arrivée (en 1670) “j'allai au séminaire de Saint-Sulpice pour “ savoir où je pourrais trouver M. de Maison- “ neuve. Il était logé au Fossé-Saint-Victor, “ proche des PP. de la Doctrine chrétienne, et
“ j'arrivai chez lui assez tard. Il n’y avait que “quelques jours qu'il avait fait garnir une “ petite chambre et construire une cabane à la “façon du Canada, afin d’y loger quelques “ personnes qui viendraient de Montréal. Je ‘ frappai à la porte et lui-même descendit pour “ m'ouvrir, car il était logé au deuxième étage, “ avec Louis Frin son serviteur, et il m'ouvrit “ Ja porte avec une très grande joie.”
M. de Maisonneuve vécut encore onze ans après son départ du Canada. Il rendit sa belle âme à son Créateur, le 9 septembre 1676 ; son corps fut transporté à l’église des PP. de la Doctrine chrétienne où eurent lieu ses obsèques.
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