‹ Les illustrations canadiennes [microforme]Chapitre 59 sur 65 · ARRIVÉE DE MM. LE MAITRE ET VIGNAL EN CANADA · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE MM. LE MAITRE ET VIGNAL EN CANADA

MM. Jacques Le Maître et Guillaume Vignal quittèrent la France le 2 juillet 1659, fête de la Visitation. Sur le vaisseau qui les emportait, se “rouvaient Mile Mance, revenant après sa guérison miraculeuse et amenant trois sœurs hospitalières ; les sœurs de Brésoles, Macé, Maillet ; la sœur Bourgeoys et les UE Aimée

Chatel, Catherine Crolo et Marie Raisin qu avec la sœur Bourgeoys formèrent le noyau de cette congrégation de Notre-Dame qui a rendu à notre pays des services si inappréciables, et près de deux cents passagers.

La traversée fut très pénible ; à peine en mer la peste se déclara sur le vaisseau, qui, depui: deux ans, ayant servi d'hôpital, en était infecté et un grand nombre de passagers furent vioiemment atteints de cette terrible maladie. Ce fut pour les hospitalières une occasion naturelle d'offrir leurs services pour soigner les pestiférés ; dès qu’elles eurent commencé à donner leurs soins qu'on avait d’abord refusés, la mortalité diminua, pour cesser bientôt tout à fait, quoiqu’ii y eut encore beaucoup de malades.

Les hospitalières ne se prodiguèrent pes seules pour le soulagement des pestiférés. ‘“ La sœur Bourgeoys, dit M. Dollier de Casson, fut bien celle qui travailla autant que toutes les autres pendant toute la traversée et que Dieu pourvut aussi de plus de santé pour cela. Les deux prêtres du séminaire, MM. Le Maître et Vignal assistaient les malades autant que leurs corps accablés par la maladie le jeur permettaient. Ils soignèrent et assistèrent deux Huguenots dont ils eurent le bonheur d'obtenir l’abjuration.”

À cette affreuse maladie dont furent plus ou moins atteints presque tous les passagers se joignirent de terribles tempêtes et le manque

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d'eau douce jusqu'à l’arrivée dans le Saint- Laurent. Enfin MM. Le Maitreet Vignal, après avoir débarqué à Québec le 7 septembre 1659, arrivèrent à Montréal vers la fin du mois et furent reçus avec de grandes démonstrations de joie par tous les colons pour qui l’arrivée d’un prêtre était toujours un grand bonheur.

Lorsque M. de Maisonneuve, venu en France en 1655, demanda à M. Olier d'envoyer à Montréal quelques-uns de ses prêtres pour y prendre soin de la colonie, celui-ci après avoir beaucoup prié Dieu, lui promit de choisir quelques ecclésiastiques de sa compagnie qu'il croirait les plus propres à cette œuvre apostolique. Quand ses prêtres connurent ce dessein, tous briguèrent l'honneur de ce poste périlleux. L'un d'eux M. Le Maître, en s'offrant, lui dit qu'une fois en Canada, il courrait de toutes parts pour chercher des sauvages et irait même les trouver dans leur pays. ‘“ Vous n’en aurez pas la peine, répondit M. Olier, ils viendront bien vous chercher eux-mêmes, et vous vous trouverez tellement entouré par eux que vous ne pourrez vous échapper de leurs mains.”

Ce M. Le Maitre auquel M. Olier fit cette réponse prophétique était le même prêtre dont uous venons de raconter l’arrivée à Montréal.

Les premières fonctions, celles d'économe, dont il fut chargé, ne paraissaient pas devoir donner raison à la prédiction de M. Olier ; aussi M. Le Maître, dont le plus grand désir était de se

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dévouer à la conversion des sauvages, ne les accepta que par obéissance. Cependant, espérant toujours qu'il arriverait à se trouver avec les Iroquois et qu’il pourrait exercer son zèle évangélique, il se mit sans tarder à apprendre leur langue. Il avait pour eux la plus grande affection, et, si quelques-uns d’entre eux paraissaient à Montréal, il usait des facilités que lui donnaïent ses fonctions d’économe pour leur faire des largesses et leur donner à manger.

M. Le Maître avait une dévotion particulière envers saint Jean-Baptiste, et Dieu l’appela à lui du milieu de son désert en permettant que les Iroquois lui coupassent la tête le jour anniversaire de celui où “ Hérode la fit trancher à ce célèbre habitant de la Judée : saint Jean-Bap-

tiste.”

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