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FREMIER VOYAGE DE CHAMPLAIN EN CANADA

Parti d'Honfleur, le 15 mars 1603, Champlain n'arriva que le 24 mai dans le havre de Tadoussac par suite d’une traversée assez orageuse. Sur son vaisseau se trouvaient deux sauvages que, dans un voyage précédent, M. de Pont- Gravé avait amenés en France, et qui avaient hâte de raconter dans leurs tribus ce qu'ils avaient vu au-delà du grand lac. Dès le lendemain, M. de Pont-Gravé et Champlain conduisirent ces deux sauvages à la cabane du grand sagamo Anadabijou, qui, avec quelques

bindes de Montagnais et d'Algonquins, cabanés à a pointe des Alouettes, attendait l’arrivée des Français.

Alors, dit Champlain ‘“ un des sauvages que nous avions ramenés commença à faire sa harangue de la bonne réception que leur avait faite le Roi, et le bou traitement qu’ils avaient reçu en France, et qu'ils s'assurassent que sa dite Majesté leur voulait du bien, et désirait peupler leur terre, et faire la paix avec leurs ennemis, qui sont les Iroquois, ou leur envoyer des forces pour les vaincre. Il fut entendu avec un silence si grand qu'il ne peut se dire de plus.

“ La harangue achevée. le grand sagamo, l'ayant attentivement ouie, commença à prendre du petun, et à en donner à Pont-Gravé, à Champlain, et à quelques autres sadamos qui étaient auprès de lui. Ayant bien petuneé, il fit sa harangue à tous.” Il insista sur les grands avantages que leur apporteraient l'amitié et la protection du grand chef des Français. Puis 1l y eut un grand festin et des danses solennelles.

De ces harangues prononcées devant une assemblée de mille personnes, de ja présentation du caluinet, on peut sûrement tirer la preuve que les sauvages ainsi que les Français s'engageaient à une alliance offensive et défensive. Cette alliance était d'ailleurs regardée comme indispensable au succès de l'établissement projeté par M. de Chaste,

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Avec quelques matelots, Champlain dans un bateau très léger, remonta le St-Laurent jusqu'au saut Saint-Louis, exaininant les lieux les plus favorables pour une habitation. Il aurait voulu s'avancer jusqu'aux sources mêmes de la grande rivière du Cunada ; mais le bateau, si léger qu'il füt, ne put franchir les bouillonnements impétueux du grand saut. ‘Tout ce que nous pümes faire, dit Champlain, fut de remarquer les difficultés, tout le pays, et le long de la dite rivière, avec le rapport des sauvages de ce qui était dans les terres, des peuples, des lieux, et origine des principales rivières, notamment du grand fleuve St-Laurent.”

De retour à Tadoussac, Champlain employa le temps qui restait jusqu'au départ des vaisseaux à visiter Gaspé et à relever une partie ds la côte du nord depuis Moisie jusqu'au Saguenay.

Arrivé à Honfleur, au commencement de l'automne, il eut la douleur d'apprendre la mort de M. de Chaste dont les généreux desseins lui avaient fait concevoir de si belles espérances.

Ii se rendit au plus tôt auprès d'Henri IV pour lui présenter son rapport sur ce voyage. Ce monarque fui promit de prendre l'affaire du Canada sous sa protection.

De 1604 à 1607. Champlain demeura en Acadie, où i] avait conduit une petite expédition formée par M. de Monts. Pendant ces trois années, il donna de nouvelles preuves de ses capacités ; il fit la carte de (ous les lieux les

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plus remarquables qu'il avait visités: l’île de Sainte-Croix, le port Royal, le port aux Mines, l'entrée de la rivière Saint-Jean et du Kénébec, la baie de Saco, de Gloucester, etc., etc.

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