Les images populaires chinoises
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Preface
L serail facile de citer un nombre immense d'exemples du symbolisme dans Part chinois. H ne S’agil pas en cffel ici de cas isolés; c’est bien plutôt une règle presque universelle que le décor en Chine
est symbolique ; une fois que Fattention est portée dans cette direclion, elle découvre le symbole partout; c’est comme une almosphère dans laquelle vil constamment le peuple chinois.
Ce symbolisme nous apparaîl comme trés simple dans son fond qui se compose de quelques idées élémentaires, comme très compliqué dans sa forme qui est Fœuvre d'artistes à l'esprit Subtil. D'où provient d'abord cette recherche d’ingéniosilé dans l'expression ? I1 semble que Ja banalilté même des idées qu’il s’agissail de formuler ail été une des raisons qui ont incilé les Chinois à en varier l'expression par lous Ies moyens possibles. Qui de nous, écrivant ces lettres de jour de Fan que lusage impose, na senti le désir de renouveler par quelque tour ingénieux ce que peuvent avoir de fastidieux des formules cent lois répélées ?
IT faul, en outre, tenir comple du goût inné de l'esprit humain pour le symbole, soil sous la forme inférieure du rébus, soil sous les aspects plus relevés de lPassocialion d'idées, source de loutes Iles images poétiques, ou de la personnificalion des abstraclions, principe de toute mythologie.
Ces considérations peuvent expliquer pourquoi les Chinois ont varié les modes d'expression de leur pensée: mais elles ne nous montrent pas pourquoi celle pensée se répète, loujours identique à elle même, sur les divers produits de leur art domestique, En éludiant les idées que les (Chinois expriment de préférence par des symboles, nous sommes partis de Fidée de bonheur; tous les autres concepls que nous avons passés en revue, celui de longévité, celui de nombreuse postérité, celui de haule dignité, ne sont que Fanalyse de lidée de bonheur el en font parlie. On peul donc dire, d’une manière générale, que ce symbolisme exprime des vœux de bonheur: si le Chinois écril parloul ces vœux, c’est parce qu'il croit à leur efficacité: il pense que la formule de la bénédiclion, de même. que celle de la malédiclion, peuvent êlre suivies deffel: en répélant des souhaits de bonheur sur les vêtements el sur les vases qui sont associés à la vie journalière de lhomme, on multipliera done aulour de lui les chances de bonheur. La croyance à Pefficacité du vœu, telle est la raison d'être de lous ces décors qui ne sont que des souhaits
déguisés.
ERmFaCS
D'autre part, celle préoccupation constante du bonheur n'estelle pas une caractéristique de Fespril chinois? Lorsqu'on à étudié les vases grecs, on à pu écrire un volume sur les vases ornés d'inscriptions amoureuses !; et cela prouve que le sentiment de lamour jouait un grand rôle dans la vie des Grecs. Si on jette les Yeux sur loute la flore et toute la faune mysliques qui animent les dentelles de pierre de nos cathèdrales gothiques, on reconnailtra que ce “décor s'inspire essentiellement de croyances religieuses. On tirera de Ià certaines conclusions Soit sur la psychologie de la Grèce antique, soit sur celle du moyen àge. De môme, en passant en revue ces porcelaines, ces amuletles el ces broderies qui toutes expriment le désir du bonheur, nous pourrons dire que Fespril chinois est comme hanté par ce désir qui est chez lui un sentiment prédominant,
Ce bonheur, quel est-il? I n'est point conçu comme quelque chose de lranscendant:; c'est la vie avec ses avantages imondains, richesses, honneurs, considération. L'esprit chinois est si fortement peénélré de lamour de la vie, qu'il a été de lout temps épris de la chimère de limmortalité Les empereurs de Chine ont cherché passionnément le secret qui permet de ne point mourir; le panthéon indigène est presque lout entier composé de ces hommes légendaires qui, versés dans les arts magiques, surent échapper à la loi de fFuniverselle destruction. Le souhail d'avoir de nombreux enfants n’est d'ailleurs qu'un autre aspect du désir de Survivre, puisque ce sont les sacrifices offerts par les fils qui assurent le bonheur des parents après leur mort. La famille est la forme sous laquelle fFindividu périssable devient immortel, Aucun peuple au monde ne me paraîl avoir eu un senliment aussi intense de la valeur intrinsèque de la vie.
C'est là, je n'hésite pas à le dire, qu'on peut trouver lexplicalion profonde du caractère chinois. Le Chinois, lant qu'il n'a pas connu de religions étrangères comme le bouddhisme ou le christianisme, ne s’est pas mis en peine dun paradis, car la vie telle qu'il la connaït lui suffit, et il ne demande pas autre chose; tloul Fefforl de de sa volonté s’est porlé vers une morale, le confuctisme, dont Fobligalion el la sanclion élaient purement humains. La vie est à elle-même sa propre raison d'étre.
CEA TE” St
C'est ainsi qu'Ed. Chavannes terminail un article intitulé
“De l'expression des vœux dans l'art populaire chinois” paru en Seplembre-Octobre 1907 dans le «Journal Asiatique» et reproduil dans les Editions Bossard en 1922.
lien ne pouvail mieux que ce magnilique exposé du syimbolisme chinois, placé en lêle de notre recueil d'images, aider à les
faire comprendre.
1 Wilh. KLEIN, Die griechischen Vasen und Lieblingslinschriflen 2 édit., Leipzig, 1898.
1 ‘ prarreiom
Les images populaires sont innombrables, comme la bien
montré le R. P. Henri Doré dans son grand ouvrage “ Recherches
sur les Superstitions en Chine’ qui malgré sa riche illustration, ne contient qu'une parlie des estampes qu'il a collectionnées. La cause, nous lavons vu, esl Flinfinie variélé des modes d'expression, œuvres d'artisles anonymes qui se conforment au goût public. Mais si ce symbolisme est très compliqué dans sa forme, son fond est simple el se compose de quelques idées
élémentaires tendant à exprimer des vœux: Vœux de bonheur, :
richesse, longévité, postérité mâle, hautes dignités. C’est ce que mettront en relief les images que nous avons choisies, images du nouvel an, les plus répandues, celles que tous les Pékinois se procurent quelques jours avant la Fête dans la rue du “Marché aux fleurs”. A ces images du nouvel an sont jointes celles des deux autres principaux termes de lannée: le 5 de le 5° lune et le 15 de la huitième,
Le modernisme destructeur marche à grands pas. Les dieux s’en vont et leur souvenir ne sera probablement conservé, méme dans 1eS campagnes, que par les réclames de la B. A. T. C° L‘ qui distribuera ses “Tsao-Wang Cigarettes” magnum Size. pour quelques “Copper cents”.
N’aurait-il pour effel que de sauver du naufrage de la Vieille Chine ces quelques images notre recueil aura alteint
son but,
Peking, 1 Novembre 1926
vhersôé
Le Nouvel An
E renouvellement de l'année est loccasion d'une joie débordante pour la populalion el produit un grand mouvement dans 1e pays.
A Pékin, la fêle s'annonce vers le 15 de la 12° lune
par la foule affairée qui circule dans les principales S Pr s de tables sur lesquelles sont disposés les Nien-houo
4 ou articles d'étrennes, variés à l'infini depuis les meubles et
la lingerie jusqu'aux jouets de toutes sortes pour les enfauls.
’armi les stands pour présents sont d'autre tables ou même simples élalages sur tapis où se. vendent les bandes de papier rouge Tœï-lien #} ff qui seront collées sur les montants el linteaux des maisons el des bouliques. Assis à ces tlables, des scribes, élégants pinceaux, tracent d'une main sûre les sentences en gros caractères selon le goût du client, D'aulres élalages sont garnis de lanternes, fleurs artificielles, fleurs en métal doré, chandelles rouges, niches à TSa0-Wang, garnilures d’aulel en carton et de toutes les offrandes destinées à FO et aux génies. Chacun, suivant sa bourse, fait l'achat des mille choses nécessaires pour célébrer dignement la plus imporiant des iêles de lannée.
Le 23 au soir entre 8 el 10 heures, dans toutes les familles el les boutiques on sacrifie à TSa0-Wang qui, suivant la tradition a au ciel présenter son rapport à Yü-hoang. A ceux qui ont pratiqué le bien YU-hoang accorde-des récompenses, les fail jouir du bonheur, alors que ceux qui ont fait 1e mal Sont accablés de loules sortes de maux.
Les hommes seuls sacrilient à Tsan-wang, selon le dicton :
Nan pou pai yué 5% % #Æ A Niu pou Ki Tsao x % &
Tsao-Wang est “Yàng’ F5 La lune est “In” {& e’est pourquoi les hommes sacrifient à TSao-Wang et les femmes sacrifient à la lune.
C’est après le départ de TSa0-Wang que se déroulent hâtivement les derniers préparatifs: Coller les «Tœi-tZe» inscriptions verticales symétriques,’ les Men-chen, les “Koa-s'ien”, mettre en ordre la maison. Alors tout est neuf et brillant, Ja demeure à pris son air de nouvel an.
Le 30 au malin on place les offrandes devant Fo: le «Mi-koung’ offrande au miel spéciale à Pékin, les “Yué-ping' ou galeaux de la lune mangés le 15 du 8° mois.- ceux de Ja nouvelle année n'ont pas le lapin et sont aussi plus petils — el es pommes. Du 28 au 30 dans la nuil jusqu'au moment de là réception des esprils qui descendent tous sur la terre le 30 à minuit, on réclame le remboursement des dettes. Passé ce terme nul ne peul se permettre des réclamations d'argent. Lorsque derniers disposilifs de la fète sont accomplis, avant de dormir, on tire des pétards dans la cour. Si cette nuit-là quelqu'un frappe à la porte, on ne répond pas de peur que ce ne soit un Kœi à, A minuit lout le monde se lève pour recevoir les esprits et passer lFannée. C'est à ce moment qu'on brûle le plus de pétards.
A huit li environ dans le Nord-ouest de Si-tche-men % à |" el à l'est de la grande route du Palais d'Été, s'élève le Kiué-cheng- Seu #%# ?E Y, «temple eù lon comprend le secret de l'existence » plus connu sous le nom vulgaire de Ta-tchoung-seu k 5 # «temple de Ia grosse cloche». Une foire S'y tient du 1 au 15.
Le Kiué-cheng-seu se trouve au village appelé Tseng-kiatchouang #4 % 5 1 fut construit en 1733 el, pendant la 16° année K'ien-long (1752) on y transféra la cloche du Wan-cheou-seu %; # + dalant de Yong-lo des Ming (1403- 1424 ). ;
Derrière le temple se trouve une tour renfermant cette cloche. Fondue en bronze, elle mesure 6 métres de hauteur 4 m 20 de diamètre el O m 20 d'épaisseur à la base; à sa surface sont venus de fonte des caractères figurant en entier le texte du Houa-yen-king %# j# # sans qu'aucun versel y soit omis:
On raconte qu'au temps de la dynastie des Ming l'armée du prince de Yen (plus tard Yong-lo) marchant vers le Sud à lattaque de Fennemi, extermina un nombre d'hommes par trop considérable. Le prince de Yen se rendil comple de la gravité de ses crimes et chercha un moyen de les expier, Le précepteur du prince, le bonze Yao-Kouang-siao &k # # lui conseilla le procédé suivant: faire fondre une cloche de grandes dimensions portant le lexle sacré du Houa-yen-kKing tout entier; à chaque coup de cloche, les prières se trouveraient récilées une fois intégralement el le prince parviendrail, par ce moyen, à racheter ses crimes.
Une inscription de K’ien-long placée sur la porte de la tour présente les 4 caractères Houa-yen-kiué-hai # Fr: & j#j (par le Houa-yen-king on comprend tout ce qui est dans l'univers ).
Durant la foire, les visiteurs qui montent au sommet de ‘a lour S'amusent à viser une ouverture pratiquée à la partie supérieure de la cloche el Jancent vers ce trou des sapèques qui tombent en traversant le cloche dans le bassin. de forme ronde placé en dessous. ,
A un li environ à lOuest de Si-pien-men, on voit au Nord de la route, le Po-yun-koan FH Æ #4}, temple des « nuages blancs » habité et dirigé par des prêtres taoistes.
Le foire y dure jusqu'au 19 alors que dans les autres temples elle Se termine le 15, le 19 de la 1 lune étant l'anniversaire de la naissance de l'ancêtre TS'iOU qui a son temple dans Po-yun-koan.
Ts'iou-tsou 55 il vertueux prêtre taoiste ayant vécu sous la dynastie des Yuan X 5, de son petit nom Tch'ou-ki # de son nom honorifique Tch'ang-tch'ouen-tchen-jen £Æ # # À, était originaire de Ts'i-Sia-hsien # # &, sous préfecture dépendant de Teng-tcheou-fou *# M jf, dans le Chan-tong. 11 acquit une grande renommée parmi la secte taoïste. L'empereur Che-tsou {r jf (Khoubilai) après s'être assuré lempire, fit venir Ts’iou-tch'ou-ki et lui demanda quelles régles il devail suivre pour ladministrer. «Révérer le ciel, imiter vos ancèlres, voilà votre base, réponditil; purilier votre cœur, restreindre vos désirs, tel sera le but de
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vos efforts», L'Empereur en conçul une grande estime pour lui. Les lellrés qui vont se promener au lemple ne manquent pas d'aller voir le K’ieou-tsou-tien.
Le Po-yun-koan est le plus grand el le plus beau des temples laoïstes de Peking. I date des Yuan et ful réparé sous K'ien-long 21; année, Au milieu du linteau de la porte d'entrée, on dislingue une sculplure en reliel, d'un pouce environ de grandeur, représentant un singe. Les promeneurs qui fréquentent le temple ne manquent pas, en passant, de frotter de la main l'animal sculpté dans la pierre blanche; el, comme ils ont les mains couvertes de sueur el de crasse, le singe esl devenu noir à force d'être frotté Le peuple croil que. celte pratique éloigne les maladies et les malheurs.
Le temple comprend cinq ou six salles rangées lune derrière l'autre, contenant certaines divinités: Yu-Hoang & “.
Lao-tseu # -:, Sing-chen ÿh, etc....
La porte franchie, on Uu'ouve un ruisseau à see el un pont sous lequel se lient assis un vieux prêlre laoïsle; une fausse sapèque en or, grande de plus d'un pied, faite de bois recouvert de papier doré est suspendue sur sa lêle. Le vieux prêtre est vêlu d’une robe de toile bleue comme en portent les laoïstes; ses cheveux enroulés en chignon sortent par une ouverlure pratiquée dans le chapeau el sont retenus par une épingle transversale ; assis les jambes croisées sur une natte ronde il tient à la main un chasse-mouche el, les yeux fermés observe limmobilité la blus complète; de toute la journée, il ne mange ni ne boit; il joue le rôle de génie céleste. Les visileurs, comme au lemple de la grosse cloche S’amusent à faire passer des sapèques par le lrou pratiqué au centre de la sapèque d'or,
Derrière temple se trouve un asile pour les vieillards. 11 existe aussi une porcherie dans une cour annexe.
Les premiers jours, les promeneurs sont assez rares : le 8, a lieu le sacrifice aux dieux des éloiles: le 13 de la lune, premier jour de la Fête des lanternes, on accroche dans le temple des lampes ornées de motifs à fleurs; la foule augmente de jour en jour; le 18, se tient la «réunion verlueuse» qui donne lieu à une distribution gratuite de Man-t'eou f: A (pains) aux indigents et, dans la nuit du même jour, 1e Houei-chen-sien Ë$ jh fu, ou cAssemblée des génies», sincèrement invités à se manifester,
Le 19 vers midi les promeneurs rentrent chez eux el on ferme le temple.
Le 13 de la lune esl le premier jour de la fête des lanternes qui termine la série des réjouissances du nouvel an.
Sous les derniers Ts'ing X *#, dans les principales rues, chez Iles marchands de laulernes, dans les Yamen, temples, boutiques, partout, le 15 de la 1° lune on allumait des lanternes pour célébrer le Yuan-siao-kié x ##ÿ* f « Fête de la plus belle nuit » de son nom vulgaire Teng-kié i$ fä «Fête des Lanternes» qui tombe ':le premier jour de pleine lune de la Nouvelle année.
Le Nouvzt ÀN
d'honneur, & de Muficiens du Palais. Les Cignes partirent avec une extrême viteffe & en peu de momens arriverent à Yang Tchow HyM que les nuées qui s'élargirent, couvrirent toute entière. Le Roy vit à loifir les lanternes que le peuple avoir allumées ; & pour le recompenfer du divertiffement qu'il luy avoit donné, il fit faire par fes Muficiens un concert de voix & d'inftrumens, lequel eftant finy, il reprit le chemin de fa Capitale, & en un clin d'œil il fe retrouva dans fon Palais comme auparavant, Un mois après il vint, fuivant la coûtume, un Courrier avec une dépêche, par laqu':ile on. donnoit avis au Roy que la nuit des lanternes on avoit veu fur la Ville de Yang Tchon fyM fur des Trônes de nuées tirez par, des Cignes, des hommes faints, qui avoient fait un Concert admirable de voix & d'inftrumens. Enfin ils difeat qu'il y a environ cinq cens ans qu'il y avoit un Roy de la Famille (Soung) {153 Jen Tsoung dans la capitale de Aai-Fe1g-Fou BH AJ illuître par fes belles qualitez & par fa vertu, & fur tout par la douceur & fon affabilité, Que ce Prince, pour faire connoître l'amour qu'il portoit aux Grands & au peuple, avoit accoütumé tous les ans, durant huit nuits, de paroître en public dans fon Palais, fans Gardes & à portes ouvertes, & de laiffer voir à tout le monde, dans les cours & dans les falles, quentité de feux d'artifice & de lanternes de diverfes figures, grandes & magnifiques, avec une Mufique digne de la grandeur de cèt Empereur, qui fe communiquoit familiérement à toute l'Affemblée. Voilà ce que les Chinois racontent de l'origine & de l'accroiffement de cette Fête des lanternes fi celebre dans cêt Empire.
Is'in Kioûng-King rei
aEN CHEN F jh gardiens de la porle de la rue. Ces génies sont des généraux de la dynastie T'ang JE: Ts'in-k'ioùng Æ #$ au visage blanc, King-tei x {à au visage noir.
Le “Yu-p'i-loung-kien” f4| #k ÿ% # ou Miroir universel
commenté par l'Empereur K'ien-long ÿe donne la version suivante
d'un épisode de lhistoire de Chine qui, au dire de nombreux leltrés
serail à l'origine de la coutume :
“ Durant la période T'ang-kao-lsou FE 5 xl, es princes “ Kien-leh'ang %Æ# Jk et Yuân-ki x 5%, fils de Li-yuan Æ# } ‘“ fondateur de la dynastie, décidèrent d'assassiner leur frère “le prince Che-min Ÿ & qui devait plus lard faire la fortune ‘el la gloire des T’'ang sous le nom de règne T'ai-lsoung K :. “ Le complot fut éventé. Ts'in-k'ioung et King-lei confièrent ‘a leurs troupes la garde de la porte du Palais Siuên où Men Yi | par laquelle devaient entrer les conjurés. Les hommes “de Kien-tch'ang et Yuân-ki ne purent la franchir et Che-Min ‘ 6échappa au massacre.
Reconnus très habiles à proléger les portes, les généralions
suivantes honorèrent ces deux officiers comme Men-chen.
A ER D CR AR ON CC OMR see nes armee ene nant
C'est dans le Si-yeou-ki jf ff ät qu'on trouve, racontée avec le plus de détails, la scène qui donna lieu au culte des Esprits des portes. Voici le récit:
“T'ang-lai-lsong K-K% tomba malade, la nuit il croyait entendre des diables tapager dans ses appartements, Un édit de l'impératrice appela un médecin ; quand ce dernier sortit des appartements privés, tous les ministres d'Etat l'interrogèrent sur la nature du mal. “L'empereur, répondit-il, a le pouls agité, il paraît inquiet et effrayé, dit voir des diables etc. sa vie est en danger."
Les ministres furent effrayés. Bientôt l'impératrice convoqua Siu-meov-kong ff 7€ ZA, Tstin-chou-pao Æ K#%, Wei-lch‘e-kong Hi 4 à une audience privée. Quand ils furent arrivés dans la chambre du malade, celui-ci se redressant et faisant un effort visible, leur parla en ces termes :
“Pendant dix-neuf années entières j'ai conduit mes armées dans toutes les directions, bataillant et guerroyant ; jamais je n'ai vu un seul maléfice, et voilà que maintenant je vois des diables." Wei-lch‘e-kong F4 3 4 de répondre : ‘Votre Majesté a affermi la dynastie et vécu au milieu du carnage des batailles, comment pourrait-elle craindre les mauvais esprits ?"
“Vous ne me croyez pas, peut-être, mais j'ai parfaitement entendu, ces huit dernières nuits, des diables faire du vacarme devant les portes d'entrée de mes appartements, jeter des briques et
lancer des morceaux de tuiles. Le jour tout cesse, mais la nuit le tapage recommence."
Ts‘in-chou-pao Æ AK 4 répondit: ‘‘Que votre Majesté soit bien en paix, cette nuit je me propose de venir avec Hou King-lé i} #4 £% monter la garde devant la porte de votre palais, pour voir ces diableries.” — L'empereur acquiesça à cette proposition. Siu Meou-kong 18 ÿ& Zs remercia, et
tous trois se retirèrent.
Le soir venu, Tsun-chou-pao Æ AR et Hou-king-lé Yi jt 4 revêtirent leurs armures, leurs casques, et, l'arme au poing, allèrent se poster devant la porte du palais. De toute la nuit, rien ne
bougea, et cette nuit-là T‘ai-lsong -k %: dormit en paix.
Le lendemain venu, l'empereur les remercia avec effusion, et dès ce jour sa maladie commença à diminuer d'intensité. Il en fut de même pendant la deuxième nuit de garde et ainsi de suite, L'empereur eut du scrupule de fatiguer ainsi ses deux braves généraux. I1 convoqua ses ministres et leur tint ce langage: ‘‘Mes deux généraux se fatiguent en passant la nuit sans sommeil à garder la porte de mon palais ; je veux qu'on fasse venir un artiste qui peigne un portrait exact de ces deux braves, et qu'on les colle sur la porte d'entrée, nous verrons si cela ne suffira pas.” Les ministres obéirent et deux peintres firent le portrait des deux généraux ; on afficha l'image sur les portes, et pendant deux ou trois jours on n'entendit plus aucun vacarme insolite à la porte du palais.
(Traduction du P. Henri Doré S. J.)
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