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le consul de la nouvelle Sion, à New-York ci à Chicago. >
Inconséquence ou non, les partisans mêi du Sionisme politique ne s'en regardent pas moins comme de bons Américains. Pareille prétention est moins singulière en Amérique qu'elle ne le serait en Europe. Aux Etats-Unw, où vivent tant d'hommes d'origine différente, il s'en rencontre souvent qui ont une sorte de double patriotisme. Tout en étant dévoués à leur nouvelle patrie, ils ne croient pas manquer de loyauté envers elle en gardant un naturel attachement à Taricienne, à la terre des ancêtres. Cela est fréquent chez les Allemands et Lcore plus chez les Irlandais d'Amérique. Le
uif, devenu citoyen américain, qui prétend conserver un patriotisme juif et sioniste, ne sedistingue donc pas, autant qu'on pourrait craindre, de ses nouveaux compatriotes chrfi^ tiens. Le Sionisme, fût-il poUtique, ne lui pi raît pas inconciliable avec l'américanisation le loyalisme envers la grande RépubUque.
Le Sionisme, du reate, est le rêve ; l'américanisation est la réalité. Qu'ils en aient conscience ou non, le pays de Washington est, pour les persécutés qui sont venus y chercher un refuge, la patrie de l'avenir, aussi bien que la patrie du présent.
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Les juifs, et avec eux le judaïsme, sont appelés à de nouvelles destinées sur cette terre nouvelle. Que seront ces destinées ? Grand et obscur problème, que l'élite des juifs d'Amérique envisagent, quelques-una avec anxiété, la plupart avec confiance.
On m'a souvent fait, aux Etats-Unis, l'honneur immérité de m'interroger à cet égard.
Quelle doit être, selon vous, me demandait-on, l'attitude des juifs en Amérique? Etes-vous partisan de l'assimilation? Quel sera, croyezvous, l'avenir du judaïsme américain? A-t-il une mission, et quelle est-elle? S'il se résigne à l'assimilation, ne finira-t-il point par être submergé et par disparaître ?
Ces grandes et délicates questions sur l'avenir des juifs et sur le rôle du judaïsme, on me les avait déjà posées en d'autres pays. Si embarrassantes qu'elles fussent, je n'ai pas voulu les décliner. Aux Etats-Unis, comme ailleurs, j'y ai répondu loyalement, selon ma conscience d'homme moderne, et selon le.:i enseignements que me semble nous avoir donnés l'histoire.
Les juifs doivent-ils accepter l'assimilation ? Oui, en Amérique comme en Europe, ils doivent s'assimiler aux peuples parmi lesquels ils vivent et gui leur reconnaissent les àtoïte àe citoyens. Ils doivent être Âméncavna a-Mx.
Etats-Unis, comme ils sont Français en France! et Anglais en Angleterre. Ils doivent se dépomller des préjugés particiilaristes, s'adapter à la vie et aux mœurs modernes. Mais aseimilation ne veut pas dire absorption et encore moins disparition. Le juif des Etats-Unis peut devenir un vrai et bon Américain, tout en restant un bon et vrai juif. Pour être un utile citoyen de la grande République, il n'a rien à renier de aa foi et de ce qu'il y a de plus
C noble dans ses traditions ; tout au contraire, il n'a qu'à rester fidèle à son Dieu et à sa Bible.
Et à ceux qui me demandaient quelle était la mission du judaïsme américain, comment il pourrait durer sur le nouveau continent, et ai, après avoir résisté à tant de persécutions, le juif ne se laisserait pas entamer et dissoudre par la liberté même de l'Amérique, je faisais une réponse analogue. Le judaïsme ne peut se perpétuer qu'ainsi qu'il a vécu depuis vingt siècles, c'est-à-dire sous forme de religion. En Amérique, non moins qu'en Europe, si les juifs ne veulent pas se désagréger et disparaître au milieu des nations, ils n'ont qu'à demeurer attachés à leur culte et à leur foi.
Autrement, quelques succès que puissent leur valoir, dans les deux mondes, \e\ii ïûS/^^tBiis»»
leurs talents, leur énergie, ils périront avec la religion qui, seule, a conservé leur individualité à travers les âges. L'existence, la durée des juifs reste aujourd'hui, comme autrefois, iliee à la durée et à la vie du judaïsme.
Et le judaïsme lui-même garde-t-il une mission, cette mission, me aemble-t-il, est celle qu'il tient de ses livres et de ses prophètes ; c'est, par dessus tout, une mission religieuse et morale; c'est de maintenir l'idée de Dieu en face du matérialisme grandissant et du néopaganisme ; c'est de défendre et de répandre la double notion de la paternité divine et de la fraternité humaine, grandes idées, communes au judaïsme et au christianisme, et que le dernier, il faut bien le dire, a reçues du premier. S'inspirer des prophètes et des aspirations messianiques, travailler, avec l'aide de Dieu, à l'avènement du règne de ta Justice et de la Paix entre les hommes et entre les peuples, c'est une tâche qui peut suflure à l'ambition des juifs des deux mondes ; et, pour cette grande œuvre, en Amérique comme en Europe, les file d'Israël peuvent compter sur la collaboration de l'élite de leurs concitoyens chrétiens.
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