CONCLUSIONS
Après une période de mise au point et de recherches vieilles de dix-sept ans, et malgré les difficultés de lecture qu’elle peut encore présenter, la tomographie s'avère souvent comme une méthode indispensable pour contrôler les défaillances de la radiographie.
I. Les phtisiologues l’ont depuis longtemps adoptée, les nombreuses communications témoignent des précieux services qu'elle a pu rendre et des possibilités dont on est en droit d'espérer les remarquables effets.
A. BERNOU et G. F. LE HoucroU écrivaient récemment :
« Il nous a semblé à la suite de nos recherches sur l’étude des cavités minimes et des lésions discrètes des poumons, qu’une nouvelle orientation de la méthode vers « l’étude du détail » est dorénavant susceptible d'apporter en phtisiologie des renseignements précieux. Cette orientation imposera toutefois une modification de nos techniques de prise des coupes tomographiques et sans doute des changements importants dans les appareillages actuellement utilisés. »
Au cours de la tuberculose de primo infectiôn, elle constitue un précieux moyen d’étude des adénopathies; elle est capable de révéler leur existence, alors que dans la majorité des cas, le film ordinaire n’en fournit aucune image. D’autre part, elle contribue à préciser l’élément parenchymateux du complexe primaire.
Dans les formes nodulaires, son utilité est faible, Elle est nulle dans les miliaires granuliques dont les éléments demeurent invisibles sur la tranche.
Les infiltrats sont précisés dans leur forme, leur si-
tuation, ou décelés dans les régions difficilement explorables.
La méthode est parfois susceptible de nous révéler des images d’atélectasie avec l’altération de la bronche qui leur donne naissance.
La recherche des cavernes est l’indication note de la tomographie. Leur découverte est rendue possible, soit au sein des plages denses, soit au milieu des lésions complexes, soit derrière certains obstacles anatomiques, en particulier dans la zone bicosto-claviculaire. Les pertes de substance sont analysées dans leur forme, leur situation, leur évolution.
Au cours des processus de guérison spontanée, ou par collapsothérapie, on ne pourra plus sans la tomographie sa porter garant de leur régression ou de leur disparition. |
L'étude des hemithorax sombres bénéficie particulièrement de la méthode, qui en fouille la structure, met souvent en évidence les cavités, les épanchements liquides et permet ainsi de différencier le vrai et le faux fibrothorax.
Pour la collapsothérapie, l’emploi de la tomographie réalise un apport considérable.
Avant la création du pneumothorax thérapeutique, elle analyse les lésions, renseigne sur l’état du côté opposé. Elle permet de poser les indications avec plus de sûreté et de mieux évaluer les éléments du pronostic.
Au cours du pneumothorax, elle présente peu d’intérêt pour l’étude du nombre, de la situation des brides pleurales, la pleuroscopie lui est de beaucoup supérieure.
Mais elle permet une meilleure exploration du moignon pulmonaire dont les remaniements parfois considérables gênaient, jusqu’à l’apparition de la tomographie, l'interprétation radiographique.
Dans la chirurgie pulmonaire, elle se révèle indispensable. Avant la thoracoplastie, elle permet d’affirmer l'intégrité du côté opposé, de préciser la morphologie et la topographie des cavernes.
Te te
Après l’intervention, entre les différents temps, elle rend possible le contrôle des résultats derrière les opacités complexes post-opératoires.
Dans le pneumothorax extrapleural, elle trouve les mêmes indications.
On peut dire que son usage est destiné à accroître les chances de succès de la collapsothérapie.
II. Dans les bronchectasies, toutes les fois que la bronchographie lipiodolée sera contre-indiquée, elle complètera les renseignements fournis par la radiographie. Elle prouvera mieux que cette dernière la bilatéralité des lésions en permettant la dissection radiologique de la bronche souche gauche qui est généralement masquée par l’ombre de l’arc inférieur du cœur. Elle soulèvera le voile des zonites paracardiaques et nous fera voir derrière cet écran les bronches ectasiées.
Les kystes aériens bénéficieront d’une façon particulière de la tomographie.
III. Dans l’abcès pulmonaire, elle peut faire apparaître la cavité du sein du territoire trouble, et apporter d’utiles précisions au diagnostic de localisation en vue d’un traitement chirurgical. Enfin, elle permet d’en suivre l’évolution.
IV. Dans le cancer du poumon, en dehors des précisions morphologiques qu’elle peut fournir, elle peut mettre en évidence la sténose bronchique et déceler des cavités abcédées. À ces différents titres, elle permettra souvent d'éviter le lipiodo-diagnostic.
V. Dans la silicose pure, elle offre peu ou pas de valeur d’appoint. Dans la silico-tuberculose, elle permet la recherche et l’étude des cavités.
VI. La tomographie réalise un progrès certain, qui la rend indispensable dans les centres spécialisés en pneumologie, mais ce n’est qu'une méthode de com-
re
plément des techniques radiologiques classiques. L’examen des tomogrammes devra être toujours fait en regard des clichés standards. On ne saurait l’opposer aux autres méthodes de diagnostic; il convient de l’associer aux procédés cliniques et de laboratoires et de l’interpréter à leur lumière.
La tomographie est une méthode nouvelle dont le développement a été freiné par la guerre et qui est destinée à prendre un essor remarquable. Il est à souhaiter une plus grande diffusion de cette méthode. Ses avantages sont souvent méconnus par les médecins non spécialistes.
Le Président de la thèse :