IMPRIMEURS ET LIBRAIRES
DU DÉPARTEMENT (i)
^ww^^^^KAAMA^^^k^n^
isey-sur-Skine. — En 1868, M. J. Carnandet, bibliophile et archéologue, né à Baigneux-les-Juifs en 1820, créa une imprimerie à Aisey, laquelle avait, en 1873, trois presses et occupait dix compositeurs. Le premier ouvrage qui en sortit a pour titre : Récits évangéliques^ par M. l'abbé Chevallier, in-8' de 34 feuilles.
Arnay-le-Dug. — Dans les premières années de la Révolution, Gaspard Bresson, notaire, monte une imprimerie à Arnay. Il la cède peu après à Etienne Gros. Madame veuve Gros, née Pierrette Yallot, l'exploitait sous le premier empire. On trouve aux archives de la Gôte-d'Or une lettre du maire d'Arnay au sous-préfet de Beaune, datée du l"" décembre 1809, qui donne des détails intéressants sur cette imprimerie :
« Il n'existe dans cette ville que la veuve d'un imprimeur^ nommée Gros, qui a avec elle un fils âgé de 15 ou 16 ans, qui imprime.
(1) On a saiyi l'ordre alphabétique pour la classification des localités qui possèdent ou ont possédé des imprimeurs et des libraires.
« Il n'a à son usage qu'une presse ;' sa plus grande occupation est d'imprimer des affiches ou placards annonçant des ventes ou des amodiations. Il n'a point d'ouvrier avec lui; il imprime quelquefois des petits livres de prières, et les cantiques et chansons de ces gens qui ne font d'autre métier que de courir de ville en ville pour les débiter. »
D'après une note datée de 1811, la veuve Gros ne devait pas être remplacée après sa mort. En 1814, elle déclare n'imprimer que des têtes de lettres*
Gros (Hugues-Lazare] reprit sous la Restauration les presses maternelles ; il les tient encore aujourd'hui. C'est le doyen des imprimeurs du département.
Les pièces sorties dç l'imprimerie d'Arnay sont rares. Une des premières et des plus curieuses est une affiche de 1792, placardée sur la porte même de l'imprimerie, et dont on peut encore déchiffrer quelques lignes. C'est l'annonce d'un Bal masqué et paré, donné dans la salle du château, par le sieur Brassard, maître de danse.
Nous possédons aussi :
La grande Bible renouvellée des Noels nouveaux, où tous les mystères de la naissance et de F enfance de Jésus-Christ sont expliqués. — A Arnay-sur-Arroux, chez Etienne Gros, imprimeur^libraire, n^ 377,
Brochure sans pagination, elle offre cette particularité que dans le septième Noël, des noms d'Arnétois remplacent les noms primitifs, toutes les fois que la rime le permet.
CoLLARD (Charles) crée une librairie à Arnay le 12 octobre 1840; BoNNARD lui succède en 1866.
Naudin (Jacques) obtint aussi un brevet pour Arnay, le 1 janvier 1842. Sa librairie est aujourd'hui tenue par Ra-
TBAU-JONDEAU.
Ghalopin, libraire.
AuxoNNE. — Ce fat Robin (François) qui établit la première librairie à Auxonne, en 1826. Il mourut vers 4844. Sa veuve était encore libraire en 1858; bien que certains états officiels n'en parlassent point.
Le 15 septembre 1829, Saunié (Anne-Xavier-Théodore), avocat, obtint le brevet d'imprimeur-libraire à Auxonne. Son premier livre, achevé d'imprimer en 1830, a pour titre : Abrégé de Thistoire d'Alger , avec une vue de cette ville.
On doit encore à M, Saunié :
Lés deux premiers volumes de l'importante revue : Les Deux Bourgognes, 1836 ;
Napoléon Bonaparte à Auxonne^ souvenirs recueillis par M. Pichard, maire, 1847 ;
Galerie auxonnaise,,, par C.-N. Amanton, 1836 ;
Dijon. Histoire et tableau, par Joseph Bard, 1849;
Souvenirs sur l'église Notre-Dame d' Auxonne, par Claude Pichard, ancien maire, 185T ;
Odyssée étymologique gallo-grecque de Lyon à PariSj avec grande excursion en Bourgogne,,, par A. Barranger, de Tillenay, 1858.
C'est à tort que M. Pierre Deschamps, dans son Dictionnaire de géographie ancienne et moderne^ à Tusage du libraire et de ï amateur de livreSy indique le Tir des canons et obusiers comme imprimé à Auxonne en 1787. Cet ouvrage ne porte lii nom de lieu, ni nom d'imprimeur ; mais il est certain qu'il fut édité à Dôle ou à Dijouy comme presque tous les livres de Lombard.
En 1859; M. Saunié remit son imprimerie. La librairie est tenue, depuis 1863, par Mademoiselle Saunié.
A. Deleuze. Nous ne connaissions de cet imprimeur que : Un Jardin aux Granges d' Auxonne y par Cl. Pichard, 1862.
Denis-Léon Gival, né à Beaune le 12 mars 1831 , succède à Deleuze le 17 novembre 1862.
Il imprime : Les Ordres amiables en France et en Belgiquey par H. Cival ; des brochures en vers et en prose par Pichard, Paget, etc., et remet ses presses le 1*' octobre 1869, pour aller s'établir à Vesoul, où il exerce encore.
Victor Charreau, né le 22 décembre 1834, à Chevanne, canton de Gevrey-Gham})ertin, succède à M. Gival.
On lui doit :
Les FrancS'PéteurSf poème en dix livraisons^ par J.-B, Paget, péteur émérite (1873). Facétie introuvable aujourd'hui, ce qui montre la vogue qu'ont encore ces œuvres légères ;
La Chasse du lièvre en France, par M, le commandant Garnier, in-8o, 1879 ;
Sainte Colette à Auxonne^ par M. Fabbé Bizouardy aumènier de T hôpital y 1879 ;
Histoire de sainte Colette et des Clarisses à AuxonnOy par A/. Tabbé Bizouardy 1881 ;
La Vénerie au XIX* siècle, par M. le commandant Gar-
nier, 1882.
Madame veuve Dautrey, libraire depuis 1862.
Mademoiselle Blin, libraire depuis 1874.
Beaune. — Il est à peu près certain que cette ville n'eut point de libraire avant le xyii® siècle. Dans ses Etudes sur la Typographie genevoise du xv" au xix« siècle, GauUieur cite un Bréviaire à F usage de Beaune, imprimé en 1517, qui ne porte, en effet, le nom d'aucun libraire. Or, les éditeurs de ce bréviaire, s'il eût existé une librairie à Beaune, n'auraient pas manqué de- l'y mettre en vente. On a vu que Hugues Pageot, de Dijon, vendait les Heures à l'usage de Chalon, imprimées par Kerver.
Voici 9 d'après Gaullieur, la description du bréviaire beaunois :
« Breviarum in uaum insignis ecclesie collégiale Béate Mariœ virginis de Belna Edaensis dyocesia. Imprimé à Genève, chea Jacques Vivien ; 2 vol. in-12 (4).' Caractères gothiques rouges et noirs. Le premier voli|me est de 247 feuillets, soit 494 pages ; le deuxième de 252 feuillets, soit 504 pages.  la fin des deux volumes se trouve une adjonction de 24 feuillets, G. M. IIII. — G. 0. IIII. Commune sanctorum in usum prœdictœ ecclesiœ Belnensis,
a G'est à la fin de ce supplément qu'on lit :
« Finit breviarum cum suis regulis : Collectum per venerabiles ac circumspectos viros dominos decanum et capilulum insignis ac celeberime Ecclesie collégiale béate Marie virginis de Balmay Eduensis dyocesis. — In inclyta Civitate Gebennensi impressum per bonorabilem virum magis- Irum Jagobuh Vivien impressorem. Anno incarnalionis domini millésime quingentesimo decimo seplimo. Die XX maii,
« Le Belnense monasterium était Saint-Martin d'Autun, en Bourgogne, l'ancien pays des Eduens. (2)
a Le titre porte une gravure sur boi?, représentant la sainte Vierge couronnée, tenant Tenfant Jésus, et appuyée sur un ancre (3). La tête et le corps de la Vierge sont environnés de langues de feu.
« Au verso du titre, on lit, au-dessous du calendrier, ces vers :
Si tu te veulx ci esbattre, Pour savoir sans toi debatre ,
(1) C'est nn in-8". (C.-J )
(2) Nous croyons qae M. Qaalliear s'est trompé et qne jamais l'abbaye de Saint- Martin d'Antnn n'a porté le nom de Beaane. Il a'«git simplement de la Tille de Beauie,aa diocèse d'Antun.
(3) C'est un croissant. (O.-J.)
Quand Pasques sont ou bas ou haut^ Le nombre d*or savoir te faut.
Et du saint Dimanche la lettre ; Sans rien oter ne sans rien mettre.
Puis au long de la ligne va Du dimanche qui lors courra, Tout à Tendroit du nombre d'or.
Là, trouveras-tu le trésor De tout ce que tu demandes :
Quand ce seront Pasques les grandes.
§ Geste table est durable, Véritable, non muable ; Ja ne fauldra, Perdurable et vaillable, Profitable et estable Toujours sera.
« Sur la garde des deux volumes, on lit ces mots manuscrits ; Ex doDO Capituli insignis Ecclesiœ Belnensis mense Januario 17 7 A — per conclusionem diei 26.
Franciscus Pasumot,
« L'exemplaire est non coupé, non rogné. 11 est dans la bibliothèque de Genève (1). »
François I Simonnot, un des fils de Biaise Simonnot, imprimeur à Autuu; par sa requête du 18 août i6ô8, demande aux maire et échevins de la ville de Beaune à être reçu
(1) M. A. Voisin, libraire à Paris, qui nous a sigaalé le passage de Ganllienr, nous donne encore cette note carleose :
« Je troave dans les Carnets de Gab. Peigoot, la mention saivante, à la date du 36 mai 1843 :
« Acheté chez Lamarche (libraire à Dijon) Dréviaire de Beanne, de 1517, 30 mai, vieille reliure, in-12, 3 fr.
« Ce bréviaire ne figurait pas dans la vente des livres de G. Peignot faite par Téchener en 1852. »
La bibliothèque de D^on possède un magnifique exemplaire du Bréviaire de Beaune.
libraire. La ville y accède, lui accorde une somme de 60 livres pour commencer, et lui en promet une de 100 livres, avec l'exemption des tailles, si dans la suite il établit une imprimerie.
Ce marché fut accepté, et bientôt parut le premier livre imprimé à Beaune :
Les Reglemens et Constumes de la Chambre des pauvres de la ville de Beaune^ A Beaune, chez François Simonnot, imprimeur du Roy et de la Ville, 1659, petit in-12.
François I Simonnot imprima encore :
Reiglement taict par les bailliage et chancellerie de Beaune^ 1661 ;
Enchiridion philosophicum seu contracta doctoris ange^ lici philosophia^ 1668, in-18;
Mithridate, tragédie qui sera représentée au Collège des R, P. de f Oratoire de Jésus, pour la distribution des prix le 30 aoust MDCLXVUI a midy ;
Réduction de la ville et du chasteau de Beaune, par le mareschal de Biron; sur copie imprimée a Paris en 1595, chez Claude de Montreuil, 1681 ;
Fondation et reigles dv très célèbre Hospital de la ville de Beaune, 1689;
De civilitate morvm pverilivm per D, Erasmvm Retorad, (sic) Libellus, 1696;
Defensio Vini Burgondioni adversùs Vinum Campanum, n05, in-40 ;
Lettre de Monsieur de Salins, conseiller, secrétaire du Roy en la Chambre des Comptes du Comté de Bourgogne, médecin de Dijon, à un de ses amis, contenant ses réflexions sur une dissertation historique au sujet de l'ancienne Bibrade composée par un Auteur anonime, imprimée a Paris en 1706, chez Pierre Cot. — A Beaune, chez François Simonnot, imprimeur et libraire.
Cet opuscule que Papillon donne comme imprimé en 1709
(la lettre est du 22 septembre 1708], offre un des premiers exemples de ces titres prolixes, chers à certains écrivains beaunois.
Règlement politique pour le taux du pain y 1711 ;
Statuts et règlements faits sur les Arts et Métiers de la ville de Beaune, 1713.
Voici Tacte de décès de François I Simonnot <
« Le 9 may 1722, fut inhumé François Simonnot, ancien imprimeur et ancien libraire, massier de Messieurs de Notre-Dame, mort hier, âgé de 92 ans. Présens à Tinhumation : François Simonnot, son fils, imprimeur et marchandlibraire, et Pierre-François Delbonis, marchand-libraire, son petit-neveu (1). »
François I Simonnot avait donc été remplacé par un de ses fils, portant le même prénom, et que nous nommerons
François II Simonnot, pour le distinguer de son père. A quelle époque eut lieu ce remplacement? Nous n'avons pu le savoir.
Dans tous les cas, le dernier livre imprimé par François II Simonnot, a pour titre :
La Confrérie des agonisans érigée dans f église paroissiale Saint-Pierre de Beaune, 1723, in-8%
Il avait épousé Bénigne Bouchetot.
Depuis quelques années, François II Simonnot avait avec lui, pour le seconder, Blaise Simonnot, que nous croyons être un de ses frères cadets, lequel est déjà qualifié imprimeur dans les actes paroissiaux de 1720.
Biaise Simonnot dut reprendre Timprimerie et la librairie de son frère en 1724. Papillon cite de lui :
Les Vertus et Effets de la poudre purgative et fébrifuge, et la manière de s'en servir, par J,-B, Patin, 1725.
(1) Nom devons la copie de cet acte à Tobligeance de M. Ch. Aabertin.
François III Simonnot devint imprimeur vers 1730.
Il était fils de François IL
On trouve, en effet, en 1726, l'acquisition par François Simonnot, imprimeur à Beaune, et Bénigne Bouehetot, sa femme, d'un pressoir situé à Bouze. Or, en 4734, François Simonnot fils, imprimeur à Beaune, mari de Catherine Cornée, et Guillaume Simonnot, vicaire à Santenay, enfants et héritiers de François Simonnot^ vendent à Tavernier Pierre, marchand à Bouze, le pressoir et les vignes que leur tante Boucbetot leur avait laissés en héritage. Cette tante Bouchetot était évidemment la sœur de leur mère.
On a de François III :
Recueil de plusieurs arrêts du Conseil, Ordonnances de Nosseigneurs les Ducs de Bourgogne, relatifs aux marchands de vin, 1732 ;
Collectarium seu liber orationum ad usum insignis Eccîe^ siœ coUegiatœ B. Marias virginis de Belna, 1735, in-4® de 170 pages, plus un supplément de 14 pages.
Et peut-être la première partie d'une lettre de Bénigne Le Fol, curé-archiprôtre de Beaune, sur la manière de bien entendre la messe, que Gandelot dit avoir été imprimée chez Simonnot, sans autre désignation, et que MM. Muteau et Garnier, dans leur Galerie Bourguignonne, citent comme sortant de chez Simonnot d'Autun.
L'édit du 31 mars 1739* réduisant à 248 le nombre des imprimeries pour tout le royaume, amena la fermeture de l'imprimerie beaunoise. Il faut croire que la ville souffrait de cet état de choses, puisque, le 4 «'juillet 1753, une délibération des échevins autorisa le nofhmé Bertrand à y rétablir une imprimerie. Ce a nommé Bertrand » était un vieux libraire beaunois. Ce fut lui qui édita la Confrérie des Agonisans, imprimée en 1728, chez François II Simonnot.
Mais le désir des échevins ne suffisait pas pour faire d'un
libraire un imprimeur; il fallait encore l'assentiment de l'Intendance. Il est probable qu'on ne l'obtint pas, car nonseulement on ne connaît aucun travail sorti des presses de Bertrand, mais encore, en 1755, Louis Hucherot, de Dijon, sur un prospectus pour la distribution des prix d'un pensionnat particulier, s'intitule imprimeur du Collège de Beaune,
Dans tous les cas, si Bertrand fut imprimeur, il ne le fat pas longtemps. Les registres des tailles de 1760 le signalent comme simple libraire, rue Bourgeoise.
Il mourut le 20 février 1767.
En 1769, sa librairie était tenue par sa veuve, rue de l'Hôtel-de-Ville.
Au commencement du xviii« siècle, François I Simonnot n'était plus seul libraire à Beaune ; il avait un concurrent nommé Pierre Delbonis, lequel avait épousé une demoiselle Antoinette Han, qui pourrait bien être la fille d'Antoine Han, imprimeur-libraire à Semur, de 1676 à J677.
Quoi qu'il en soit, Pierre I Delbonis fit souche de libraires à Beaune.
Parmi ses enfants on trouve :
10 Catherine Delbonis, née ' en 1690 et morte le 24 mars 1760, « marchande-libraire à Beaune ; » •
2* Pierre-François I Delbonis, marié le 12 juin 1749 à Vivande Charlier, et décédé le 17 novembre 1726, âgé de 28 ans ;
3» Henriette Delbonis, mariée le 19 octobre 1728 à Antoine Lambert, imprimeur-libraire à Autun.
Pierre I Delbonis mourut le 23 mai 1722.
Pierre-François I Delbonis-Gharlier lui succéda et laissa plusieurs enfants qui furent à leur tour libraires à Beaune ; c'est à savoir :
lo Pierre II Delbonis, né le 28 mai 1721, décédé le 8 mai 1753.
Après avoir épousé la fille d'un marchand de draps, nommée Claude Ganiare, il reprit la librairie de son père.
2o Pierre- François II Delbonis, qui épousa Anne-Mai*ie Rhéty et décéda le 8 mai 1753, le même jour que son frère Pierre IL II avait créé une librairie qu'il exploitait à Beaune ;
3» Marie Delbonis, qualifiée « marchande-librairesse à Beaune », dès 1751.
Enfin, Pierre-François II Delbonis-Rhéty laissa :
1** Pierre, né le 22 mai 1751, dont la profession nous est inconnue ;
2<* Jean-Baptiste Delbonis, né le 10 octobre 1753, qui fut libraire comme son père. Il avait épousé une des filles de Bertrand, dont il a été parlé plus haut (1).
Le 6 juin 1752, un sieur Jacques de Loux de BruyaS; fils d'un commis aux fermes de Saint-Jean de Grève, se maria à Saint-Pierre de Beaune. Il est qualifié, dans cet acte, libraire à Beaune. C'est tout ce que nous savons de lui.
Darbois était libraire, en 1760, rue Bourgneuf.
François Bernard figure, comme libraire à Beaune, sur le rôle des tailles de 1769. Il demeurait place de l'Hôtel-de- Ville. C'était chez lui que se vendait V Histoire de Beaune^ de Gandelot,
En 1782,son domicile est rue Bourgneuf. Son fils aîné Antoine Bernard obtint un brevet d'imprimeur à Beaune en 1789, et donna :
Code universel et méthodique des lois qui régissent la France depuis 1789. Beaune, 1790;
Discours prononcé dans la séance de la Société des Amis de la Constitution établie à Beaune^ 1791, in-16;
Table alphabétique des matières contenues dans lès onze
(1) Nous devons une partie des docnments concernant les Delbonis, à MM. L. Morand, receveur de la ville de Beaune, et Charles Aabertin, homme de lettres.
volumes de la collection des décrets de F Assemblée constituante, 1792, in-8o ;
Tableau du maximum des denrées ^ 1*793 ;
Arrêté du Directoire du pistrict de Beaune, concernant les tissus, an IL
Ayant épousé Anne Defay, le 49 juin 4 '794, Antoine Bernard alla reprendre à Dijon les presses de la veuve Defay, laissant Timprimerie de Beaune aux soins de son père.
François Bernard la dirigea jusqu'en 1798, date du mariage de son second fils avec Denise Defay, autre fille de la veuve Defay, née à Dijon, le 8 novembre 1716.
Pendant cette période; il imprima :
Extraits des registres des délibérations- de la Société populaire de Beaune, an III, in-16 ;
Calendrier pour l'an III de la République française.
Claude- Alexandre Bernard, connu successivement sous les noms de Bernard ûls et de Bernard-Defay, rédigeait et imprimait un petit journal : YIndicateur de Beaune, travaillait pour le tribunal, la sous-préfecture, le collège ; éditait des cantiques et des livres d'église.
Il démissionna le 27 mars 4828, en faveur de :
Blondeau-Dejussieu (Hubert-Germain), qui releva un peu la typographie locale.
Voici les titres de quelques ouvrages bourguignons sortis de ses presses :
Rapport.,, sur le cabinet de Chartes de M. de Gevigney, par Maillard de Chambure, 1839 ;
Fragments historiques sur la ville de Beaune et ses environs, par Pierre Joigneaux, 1839 ;
L ancien Hôtel-de- Ville de Beaune, par Jules Pautet, 1839;
Fleurs des champs, poésies, par Joseph Pétasse, 4842;
Revue de la Côte^d'Or et de I ancienne Bourgogne, 1847;
De la Musique a Beaune^ par S, Gauthey, 1851.
M. Blondeau-Dejussieu avait commencé un travail sur les vieilles chansons françaises. Il en avait beaucoup de recueils, tous annotés de sa main, qui ont été vendus après sa mort, en 1874.
A. Lambert succède à Blondeau-Dejussieu en 1854. II a donné en 1858 :
Excursions sur quelques-unes des montagnes du Pagus arebrignus, par Abord-Belin, in-8*.
Tartarin (Joseph) créa une imprimerie et une librairie à Beaune, en 1808. Il n'employait qu'une presse et imprimait^ suivant un rapport de 1810, « des affiches, des avis, les prix des vins, et des cantiques. » Il renonce à son brevet d'imprimeur en 1816, et reste libraire. En 1828, la librairie était au nom de sa fille.
Garreau (Pierre) obtient un brevet de libraire le 25. avril 1831, en rei)aplacement de M"« Tartarin.
Batault-Morot (François-Edme), né à Saint-Romain, le iO juin 1824, ouvrit une librairie le 27 juin 1845. En 1851, il y adjoignit une imprimerie, et le 19 novembre suivant, il mit sotis presse son premier livre :
Guide pittoresque du voyageur dans les cantons deBeaune (nord et sud).
Doué d'une grande activité, M. Batault-Morot fit paraître, le 25 juillet 1852, la Revue bourguignonne y et consacra spécialement ses presses aux productions locales.
Ce qu'il imprima d'opuscules et de livres bourguignons, est considérable; nous ne pouvons en citer que quelquesAins :
Histoire de Beaune, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos Jours, par Rossignol, 1854 ;
Le Collier de perles, sonnets, par Joseph Pétasse, 1857, et six autres volumes de vers du même auteur ;
Histoire de Seurre, par Paul Guillemot, 4859;
Ephémérides de Beaune et de l'arrondissement, par Charles Aubertin, 1864 ;
Les Rues de Beaune, par Charles Aubertin^ 1867;
Etude sur Forigine, la religion et les monuments des Kalètes-Edues, par Charles Bigame^ 1872;
Le Jugement dernier, retable de l'Hôtel-Dieu de Beaune, par J.-B. Boudrot, 1873 ;
Histoire de Chorey et de ses seigneurs, par Ch, Bigame, 1875;
Le Pourpris de F ancien Castrum-Belnense , par Louis Cyrot, 1876;
Notice sur la chapelle des chevaliers du Temple à Beaune, par Ch. Aubertin, 1876;
Chronicques des faiz de feurûnt Monseigneur Girart de Ros sillon, a son vivant duc de Bourgoingne. et de dame Berthe. sa femme allé du conte de Sans, que Martin Besancon ûst escpre. en fan mcccclxix, publiées pour la première fois d'après le manuscrit de f Hôtel-Dieu de Beaune, augmentées des variantes des autres versions, enrichies de fac-similé et précédées d'une introduction, par L. de Mon tille. — Paris, H, Champion; 1880; un vol. in-S® de 586 pages. Tirage à 350 ;
Quelques renseignements sur la Bibliothèque publique de Beaune, par Ch. Aubertin, 1879 ;
Hôtel-Dieu de Beaune, 1443-1880, par M. fabbé E. B., curé de Volnay, d'après les renseignements recueillis par M. fabbé Boudrot, 1881, in-8«> de 365 pages,, avec nombreuses planches hors texte. Tirage à 360 exemplaires.
Outre les auteurs plus haut cités, M. Batault-Morot a encore imprimé des travaux de Joseph Bard, Batault, Bouchard, Alfred BouUenot, de Gissey, Tabbé Ghocarne,
l'abbé Clémencet, Changarnier-Moissenet, l'abbé Garol, Giraud, le docteur Guyton, A,bel Jandet, le doeteui' Loydreau, Piguolet, Poitevin do l'E^roville, le docteur Prunaire, le docteur Parent, Madame de Saulx, l'abbé Vollot....
M. Batault avait pour marque un bateau guidé par une étoile, avec la devise: A^e déviera pas, et sous i'écusson les initiales B. M.
En 1873, il remit sa librairie à Cr.AODii Daxodgbot-Pbl- LBTi^R, originaire des environs d'Au^ionne, et qui avait été longtemps employé chez X.-T. Saunié.
Quant à l'imprimerie, il la transmit le 1" juillet 1881 â son flis aîné :
Philippe- Arthur Batault, né à Beaune, le 12 septembre
M. A. Balault faisait partie de ces Mobiles de la Côle-d'Or dont la conduite fut si brillante, pendant le siège de Paris, en 1870. Il était sous-Iieulenant dBns la compagnie de Sain^ Jean-de-Losne. Blessé grièvement à la cuisse, le 30 septembre, à l'affaire de Chevilly, il resta sur le champ de ba-
— t7i — taille, el fut nommé chevalier de la I^égion d'honneur, par décret du 15 octobre 1870.
M. A. Bafflult a gavdé la marque de son père, en en modifiant toutefois les initiales: A. B., au Heu de B. M.
Il vient de rééditer un des ouvrages les plus rares de Courtépée : Relation du grand prix rendu à Deaune en août 1778, et ne l'a tiré qu'à 120 exemplaii;ea numérotés. Cette jolie réimpression est précédée d'une note bibliograpliique de M. Léonce de Montilie.
RouATO) (PiERRB-JosBPH-DÉSfRÉ), venu de Seurre en l%il, imprima en 1851 :
Discours da Maire de Beaune, in-i*.
En 1852, il obtint la permission de transporter ses presses à Mficon, dont il était originaire.
Il mourut dans celte ville en 1811, laissantà sea deux fils, Paul et Emile Homand, une imprimerie parfaitement outillée et en pleine prospérité.
MBNBTRiEH-NomoT (Piehre) ouvrit une boutique de libraire à Beaune le 23 octobre 1850; il exerce encore aujourd'hui.
Cbssot est libraire depuis IS63.
Devis (Jean-Marie- Antoine), né à Lyon, le 7 avril 1816, fonde à Beaune, le 1®»" avril 1842, un magasin de papeterie, ain^i qu'un atelier pour la fabrication des registres. En 1869, il fit la demande d'un brevet de libraire, qu'il obtint le 15 mars 1870.
Il n'a rien édité.
Devis (Jean-Baptiste-Antoine), dit Antonin Devis, né à Beaune le 4 décembre 1848, reprit la librairie de son père, le l®' mars 1878, et s'occupe avec zèle des publications locales.
Il a édité :
Etude sur la Finlande littérairey morale et topographique, par Pierre Ponnelle, in-8' de 40 pages, 1878; •
Notes d'histoire locale^ extraites des anciens registres de l'Etat Civil de la ville de Beaune^ par Louis Morand, 1882;
Quelques renseignements sur la sépulture du général Carnot à Magdebourg^ par Charles Aubertin, 1882.
Barbier (Félix), originaire de Beaujeu (Rhône), ancien militaire de Grimée et d'Italie, fonde en 1869 une librairie, à laquelle il adjoint bientôt la papeterie et la reliure.
BissET-LA-PiERRE. — Une imprimerie particulière avait été installée en 1863 dans ce village, par M. J.-M.-V. Joly, qui en était curé. Il n'y imprima d'abord que des titres d'ouvrages et les gravures de sa Vie de saint Vorles,
Mais ayant augmenté son matériel, il y composa bientôt :
Le Mor van d'autrefois, ses châteaux, ses seigneursy d'après des Chroniques inédites du Moyen-Age, Cela résulte de la note suivante qu'on lit au verso de la dernière page de ce volume :
« Cet ouvrage n'a été tiré qu'à 200 exemplaires, sur même papier. — Achevé d'imprimer le 1*' mars 1869.
« Texte, caractères et composition typographique de
J.-M.-V. J***, — Imprimé sur les presses mécaniques de M. E. Parny, à Ghâtillon-sur-Seine. »
L'abbé Joly mourut en 1870, et le matériel de son imprimerie fut vendu.
Chatillon-sur-Seine. — D'après le père Lelong, Laymeré, imprimeur à Châtillon-sur-Seine, aurait donné en 1651 :
Histoire de sainte Reine, vierge et martyrej comprenant sa naissance^ sa vie et sa mortj T élévation et la translation de ses saintes Reliques^ une authentique approbation de celle qui est de présent en sa chapelle à Alyse ; ensuite un petit Office et des Litanies; le tout consacré à sa gloire, par un religieux Observantin de la province de Saint-Bonaventure. A Chatillon-sur-Seine^ par Laymeréy imprimeur et libraire de la Ville, in-12 de 95 pages.
Nous n'avons pu retrouver ce livre, probablement le premier qui eût été imprimé à Ghâtillon, et déterminer si le Laymeré dont il s'agit est Pierre Laymeré, qui exerçait encore en 1677.
On doit à ce dernier :
Règlements de police faits en Fannée mil six cens sep^ tante dçux, par Maistre Pierre-Bernard Le Chapt, conseiller du Royj Prévost Royal de la ville de Châtillon'Sur-Seine : Maistres Nicolas Faveroty ancien Esche vin , François Marie f Jean Blaizot et Nicolas Pasquier, Esche vins j sur les réquisitions de Maistre Edme ViessCf procureur du Roy en la Prévôté. Br. in-8^ de 16 pages (1).
La Science civilisée ou dépaysée des écoles d'Athènes.
Et délivrée de la tyranie des opinions qui la déchir oient, de l'obscurité qui la rendoit barbare, de la longueur qui la r en doit ennuyeuse.
Dédiée à Messire Philippe Lenet, Grand Prieur général de r ordre du Valides-Choux.
(1) Cabinet de M. Gabriel Boarèe.
Par le R. P. Dom Louis Micault de NuySy Docteur en Théologie, etc,
A Châtillon-sur-Seine, par Pierre Laymeré, imprimeur et libraire de la Ville, 1677.
Claude Bourut reprit les presses de Laymeré. Il s'intitulait imprimeur de la Ville et du Collège. Nous avons trouvé dans la bibliothèque de M. H. Joliet cet in-12 de 40 pages, sorti des presses de Bourut, en 1693 :
La Vie de sainte Reine d'Alizé, vierge et martire, contenant son petit office, ses litanies, cantiques et oraisons. Ensemble toutes les figures qui représentent son Martire,
En faveur //es dévots Pèlerins qui visitent son sanctuaire,
Philippe Mârteret succède à Bourut et quitte Châtillon, pour reprendre, en J735, les presses de Claude-Marie Ressayre, de Dijon.
L'édit de 1739 supprima l'imprimerie de Châtillon ; les caractères en furent envoyés à la fonte en 1764.
Mais ici, comme à Beaune, il y avait le bon plaisir de l'intendant. Nous possédons, en effet, un petit livre intitulé :
Le Martyre de la glorieuse sainte Reine d'Alizé, tragédie dédiée à Monseigneur /éveûrued'-4uiufl (par Claude ^Ternet). A Chastillon^ ùhez Jean Therriot, imprimeur de la Ville et du Collège, 1752.
Ce Therriot était-il le successeur de Mârteret, et travaillait-il avec son matériel resté à Châtillon? C'est probable.
M. Gabriel Bourée nous communique encore un prospectus do 4 pages in-4% pour la tragédie à'Absalon, représentée au Collège de Châtillon, le 3 septembre 1756.
Il porte en' souscription :
« Chez la veuve de J. Therriot, imprimeur de la Ville et du Collège. »
Après la veuve Therriot, il n'y eut plus d'imprimerie à Ghâtillon.
En 1789, on songea à en installer une nouvelle, et voici • la lettre que l'intendant Amelot écrivit à ce sujet à M. Charbonnel, premier échevin, à Dijon :
« Paris, 22 décembre 4789.
« Monsieur le Garde des Sceaux, Monsieur, m'a marqué, par une lettre du 12 du courant, que sur la demande qui lui en a été faite par plusieurs particuliers et même par les Officiers municipaux de Ghâtillon-sur-Seine, pour l'établissement d'une imprimerie dans cette ville, enfin d'après les renseignemens qu'il s'est procuré .sur l'utilité de cet établissement, il a décidé qu'il auroit lieu, mais que ce ne sera que par un Concours que l'imprimeur sera nommé. Il me prie en conséquence de charger le Lieutenant de Police de Dijon de faire ouvrir le concours en la Chambre syndicale de cette ville et m'observe que les Officiers de cette Chambre y admettront tous ceux qui se présenteront avec des titres, qu'ils procéderont à leur examen, en dresseront un procèsverbal dont ils m'enverront une copie.
« C'est à vous, Monsieur, en votre qualité de premier
Echevin de la ville de Dijon, et remplissant les fonctions de
Lieutenant de Police au moyen de la démission du Maire,
auquel je transmets la décision de M. le Garde des Sceaux
et ses intentions. Je vous prie de vouloir bien prendre
toutes les mesures nécessaires pour en remplir l'objet, et
m'adresser ensuite copie du procès-verbal qui est indiqué
ci-dessus.
« Je suis, etc.
« Amelot. »
Le concours eut lieu, et ce fut Cornillac - Lambert (Charles- Antoine), né dans le comtat d'Avignon en 1748 et déjà libraire à Châtillon, qui y obtint le brevet d'imprimeur.
En 1810, il occupait deux presses et iiQprimait, suivant le rapport officiel du 6 juin : a l'Almanach de Ghâtillon, avec un tableau des foires de plusieurs départements environnants, des affiches, des livres de prières, des ouvrages de littérature et une feuille hebdomadaire dont il est le rédacteur, p Parmi les ouvrages de littérature sortis des presses de Gornillac, on cite :
Les Métamorphoses de l'Ane d'or y d'Apulée, an 5,
En 1815, Gornillac-Lambert fils, qui avait épousé une demoiselle Perriquet, reprit l'imprimerie paternelle.
Un des premiers livres qu'il donna, est un petit in-12 de \^t pages, intitulé :
Noei boT gui gnon' de Gui Barozai. Quatorzième édition, — Ghâtillon-sur-Seine, Gornillac-Lambert, imprimeur-libraire,
M. Mignard attribue cette édition à un bibliophile châtillonnais nommé Dubois, secrétaire de la sous-préfecture, tandis qu'elle est de M. le docteur Bourée.
«'La vingtième édition date de 1817, dit M. Mignard, dans son Histoire de F Idiome bourguignon ; c'est celle de Dubois, imprimée à Ghâtillon, avec une notice préliminaire et un Glossaire alphabétique réduit à sa plus simple expression. On trouve à la page !21 quelques additions aux Noëls.
« L'édition de Ghâtillon de 1825 ne diffère nullement de celle de 4817. Seulement on y a substitué un nouveau titre... »
Rétablissons les faits. Gornillac n'a pas donné deux éditions des Noëls; il n'en a donné qu'une seule, celle de 1817, due, comme nous venons de le dire, au savant docteur Bouvée. Seulement, en 1825, il ajouta, à ce qui lui restait de cette édition, la notice préliminaire et le Glossaire abrégé, dont parle M. Mignard, lesquels sont de Dubois.
Ge qui lève tous les doutes, c'est l'éloge du docteur Bourée qu'on lit dans la notice. GeuîC qui ont connu cet
homme distingué, savent qu'il était incapable de se décerner des éloges à lui-même. Il avait le cœur trop haut placé pour cela. Les prétendues éditions de 1817 et 1825 ne sont donc qu'une seule et unique édition, la quatorzième^ ainsi que l'indiquent d'ailleurs les couvertures, malgré leurs dates différentes.
Charles Nodier estimait beaucoup les Noëls imprimés par Gornillac.
Le 6 janvier 4*820, Charles Cornillac publia le premier numéro de la Feuille hebdomadaire de Châtillonsur-Seine^ premier arrondissement de la Côte-dOr. Cette feuille in-8», qui renferme beaucoup de documents sur le Ghâlillonnais, cessa de paraître le 28 décembre 4820»
Cornillac publia encore :
L Evaireman de lai peste, par Aimé Piron, Avec une introduction et des notes philologiques, par M, le docteur Bouréey^^2;
De TAsiCy ou Considérations religieuses et philosophiques sur r Asie y par Madame Victorine de Chastenay-Laùty, 1832, 4 vol. in-8o ;
Histoire de Châtillon, par Gustave LapérousOj 1837, 2 vol. in-8o. •
L'imprimerie Cornillac était alors établie rue de Tlle, dans l'ancienne « Hôtellerie des princes et des rois qui traversaient Châtillon, » ainsi que l'on appelait la belle maison des Soyrot.
Cornillac (Louis-Ernest) succède à son père en 1854. Il prête serment le \ 1 janvier.
Dès 1852, il avait acheté à Dijon l'imprimerie de Simonnot- Carion, qu'il faisait gérer par un de ses protes, Simon (Victor) ; mais l'autorité s'y opposa bientôt et après différentes péripéties, l'imprimerie dijonnaise dut être vendue.
M. E. Cornillac a imprimé de fort beaux livres, parmi lesquels :
Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume^ par M, de Saint-Allais, — Paris, Bachelin-Deflorenne, 1873- . 1874, 20 vol.
L'imprimerie, vendue le 9 janvier 1876, fut rachetée par Madame Gornillac, née Jeanne Robert, au nom de qui elle marcha jusqu'en 1882, sous la raison sociale : Imprimerie générale de Châtillon-sur-Seine, et la direction de M. A. PiCHAT, qui vient d'en devenir propriétaire.
L'imprimerie générale de Châtillon-sur-Seine travaille surtout pour les éditeurs de Paris. Elle a la spécialité des pièces de théâtre. Depuis six ans, presque toutes les pièces en vogue sont sorties de ses presses : les belles éditions in-S* cavalier des Fourchambault, Daniel Rochat, Garin, les Corbeaux^ le Père de Martial, Serge Panine, le Maître ' de Forges y etc., etc.
On y imprime aussi des romans, des ouvrages de droit, des ouvrages religieux, des classiques, pour MM. Galmann- Lévy, Dentu, Garnier, OllendorfF, Rouff, Tresse, Vives, Delagrave, Thorin. Le magnifique Paroissien XV^ Sièple^ illustré par Gatenacci et Bœtzel, sort des presses châtillonnaises, ainsi que la superbe édition des Registres d'Innocent IV, grand in'4« raisin, qui paraît par fascicules.
L'imprimerie A. Pichat occupe une cinquantaine d'ouvriers.
Lebœuf, libraire, fonde une imprimerie à Ghâtillbn, en 1847. Sa première déclaration, datée du 18 mars 1847, est relative à un petit opuscule :
Instruction et prière pour le temps du Jubilé,
Il a encore imprimé :
Biographie du maréchal Marmont^ par Lapérouse^ 1852 ;
Notice sur le capitaine Bossu, par Bourée^ 1852;
Notice biographique sur le docteur Bourée, par Beaudouin, 1852;
Album pittoresque de T arrondissement de Châtillon, par Nesle, 1853, in-folio (I" partie).
RoDET succède à Lebœuf en 1854 et imprime :
César ; lectures morales et religieuses, 1854, in-18; Biographie de Madame de Chastenay, 1855, in-8«. Il meurt efi 1858.
Madame veuve Rodet imprime en partie : Voyage d*un touriste dans F arrondissement de Châtillon-sur-Seinej par E. Neshy 4860, que Fauteur fait suivre de ce Nota peu gracieux :
« Ayant eu le malheur de confier l'impression de la plus grande partie de cet ouvrage à l'imprimeur de la localité, qui n'a apporté aucune espèce de soin dans son travail, nous ne corrigeons ici, afin de ne pas trop allonger cet Errata, que les principales fautes typographiques... »
Etienne Parny, originaire de Glamecy, reprit la librairie et les presses de Madame Rodet, en 1863.
Il donna :
Le Congrès de Châtillàny par Lapérouse ;
Vie de saint Vorles, par l'abbé xîoly, curé de Bissey-la- Pierre.
M. Parny imprimait aussi :
Le Châtillonnais et FAuxois, feuille libérale de l'arrondissement.
Il est maintenant libraire à Sens.
Ernest Leclerc, né le 23 octobre 1848 à Saint-Martinsur-Orense (Yonne), succède à M. Parny, le 15 septembre 1878. Il est l'imprimeur-libraire de la Société archéologique du Châtillonnais, et en a édité avec beaucoup de goût les premiers Bulletins (1881).
Gareau (Paul) ouvre un troisième atelier typographique à Châtillon, en 1869.
Le journal L'Indépendant de Châiillon était imprimé par lui.
Madame veuve Garbau tint Timprimerie en IS'?!, et la remit, le !•' janvier 1878, à
Alfred Gislame, qui la dirige en ce moment.
Tagnot, libraire, édite en 1843 :
Notice géologique sur une caverne à ossements des envi' rons de ChâtiUon, par Jules Beaudouin.
Hardouin, successeur de Tagnot, remet à Gaffin en 1856.
Gette librairie est tenue, depuis 1873, par Legent-Diey, qui y ajoute une Minerve, quelques caractères pour travaux de ville, et s'intitule imprimeur-libraire.
En 1879, M. Legent-Diey a édité :
ViC'Sous-Thil ; la collégiale et le château de Thil^ par Jean-Gharles Prudhon.
BoDiN a créé sa librairie en 1848.
Lévêque (Félix) tenait un magasin de libraire-papetier. C'était un relieur de talent. On cite, parmi ses meilleures reliures, celle d'une Bible de 1513; préparée pour I'^a^^osition de 1878, et celle du Livre d'or de ChâtiUon.
M. Lévêque est mort au mois de septembre 1882. Sa ^ librairie est tenue aujourd'hui par sa veuve.
Carteret, libraire-papetier, depuis le 1®' mai 1882.
GÎTEAUX. — D'après M. L. de Sainte-Agathe, Jean Desprels, Benoît Bigot et GlÂude Baudrand, qui, en 1485, imprimaient à Salins le Missel de Besançon, auraient également imprimé un Missel à Cîteaux, en 1487. « On y retrouve les caractères dont ils s'étaient servis pour celui de Besançon (1), » dit cet auteur; mais ce qu'on n'y retrouve pas,
(1) Li d© Sainte-Agathe. L'Imprimerie en Franche-Comté, ton origine et ses développements.
c'est le nom des imprimeurs, et cela paraît d'autant plus singulier, qu'ils se sont parfaitement désignés dans le Missel de Besançon.
De là un doute et aussi un trait de ressemblance avec les ouvrages sans signature, imprimés à Besançon en 1487 et 1488. Or, si, comme nous l'avons dit au début de 'ce travail, c'est Metlinger et ses compagnons qui imprimaient à Besançon, n'auraient-ils pas été appelés à Giteaux par l'abbé de Girey, pour son Missel?
C'est une simple hypothèse que nous formulons; et la comparaison des ouvrages permettrait seule de dire si elle est fondée.
Quoi qu'il en soit, Giteaux avait encore une imprimerie particulière au commencement du xvii» siècle; elle était dirigée par Jean Sa vins, qui y imprima :
Genethliaque, autrement triomphe sur la naissance de Mgr, le Dauphin , par F infanterie dijonnoise, le 27 décembre 1601,.. A CisteauXy pour Pierre Grangier..., libraire à Dijon. Et au rectô du dernier feuillet : A Cisteaux, pour Jean Savine, 1602 (1).
Le Jean Savine, imprimeur à Sens en 1569, celui de Giteaux, et le Jean Savine, imprimeur à l'abbaye de Glairlieu en 1606, n'étaient qu'un seul et même personnage.
En effet, le Jean Savine de Sens imprimait encore dans cette ville en 1582 :
Le prodigieux enfant pétriâé de la ville de Sens.
Il disparaît à la fin du xvi« siècle, alors que fonctionne l'imprimerie de Giteaux, et, en 1606, quand celle-ci est fermée à son tour, on retrouve Jean Savine imprimeur à l'abbaye de Glairlieu, en Lorraine, une des filles de Giteaux. II mourut à Nancy.
(1) Catalogue des livres rares et précieux composa»/ la BibUotkèque de M. B. F. D. Ruggiari, 1873.
En 1877, une imprimerie fut de nouveau créée à Giteaux, devenu pénitencier, sous la direction des Frères de saint Joseph. Cette imprimerie; destinée spécialement à former des apprentis, s'occupe d'ouvrages de ville.
On y imprima cependant :
Notice historique sur Sombernon, par P, B. Sautereau, ancien curé de Montigny^sur^ Vingeanne, retiré à Sombernon. — Cîteaux (Côte-d^Or), imprimerie et librairie Saint- Joseph, 1880. Volume de 2i2 pages, tiré à 50 exemplaires.
Et en 1881, une seconde édition de l'ouvrage de M. Sautereau.
FoNTKNAY. — Le 1®' mars 1835, Jean-Louis-Nicolas Ri- GNOux, libraire à Paris, obtient un brevet d'imprimeur à Fontenay, près de Montbard. Il s'établit dans l'ancien monastère et adjoint à son imprimerie la fonderie et la stéréo-
M. Rignoux était un liovateur. Il n'employa que des presses mécaniques et substitua les femmes aux hommes pour la composition. L'essai ne fut pas heureux. En 1836, une papeterie remplaçait l'imprimerie, et M. Rignoux retournait à Paris. Un seul livre est sorti des presses de Fontenay :
Le droit des gens, ou principes de la loi naturelle appliqués a la conduite et aux affaires des nations et des souve- V rainsj par Vattel. — Nouvelle édition^ etc., 2 vol. in-8^. — Impr. par Rignoux à Fontenay^ 1888.
LuGNY (La Chartreuse de). — D'après V Histoire des principales fondations religieuses du Bailliage de la Montagne, de M. Mignard, une imprimerie aurait été établie à Lugny, à la Corerie, lieu de résidence des Frères Convers, à la fin du xvi« siècle.
MiRÉBEAu. — Perrey y a tenu une librairie de 1860 à
MoNTBARD. — Cette petite ville a trois libraires :
Perrot (Auguste), breveté le 23 juillet 1847 ;
Blesseau (Charles -Armand), breveté le 28 novembre^ 1862 ;
Veuve Maillard (née Chantrier), établie nouvellement.
MoNTiGNY-suR-AuBE. — Le châtoau de Montigny ayant été, en J792, abandonné par son propriétaire, le comte Vaillant do Savoisy, divers industriels s'y établirent. Antoine-Louis Poignée, chef de la papeterie de Montigny, fit venir un de ses frères, typographe, lequel y installa des presses, vers 1794, et y imprima divers ouvrages, entre autres un Grécourt et les Etudes de la nature de Bernardin de Saint- Pierre, 5 vol. in-8o, avec planches.
Ce dernier ouvrage était une contrefaçon de l'édition de Didot et portait le nom d'un imprimeur-libraire de Bâle. Poignée allait être poursuivi, lorsqu'il se rendit à Paris pour arrêter cette affaire et effectuer la vente de l'édition (1).
L'imprimerie fut fermée peu après.
Un des fils de Poignée était encore prote d'imprimerie à Paris, en 1834.
NoLAY. — DuPAQUiER, libraire de 1860 à 1875;
Veuve Dupaquier.
Nuits. — Jacques Lemalle, fils de François Lemalle, libraire à Dijon, après avoir fait son apprentissage d'imprimeur dans cette ville, avait successivement travaillé à Paris et à Rouen. De retour à Dijon, il songea à la maîtrise et concourut, dans ce but, en 1709, contre Léonard Grangier, et le 18 mars 1711, contre Etienne Michard et A.-J.-B. Auge.
N'ayant pu obtenir une des places vacantes à Dijon, Lemalle alla s'établir à Nuits, vers 1714 ou 1715.
(1) Nesle. — Voyage d'un Touriste dans l'arrondissement de Châtillon.
Il imprima :
Deux Noëls de Piertre Ghisseret, 1748 ;
Lettre à S, A, H. Monseigneur ^ frère unique du Roi^ 1718;
Ordo Ofûciorum et Fondationum Ecclesim coUegiatse sancti Dyonisii de VergeiOy nunc per translationem de NuciacOf 1719.
Baptiste Bec, successeur de Lemalle, donne en 1729 : Copie d'une lettre écrite à M.,, au sujet des bruits calomnieux qui se sont répandus sur la conversion de Madame de Volai vre, condamnée à mort, par l'arrêt du Parlement (de Dijon) f du 16 mai 1729. Brochure in-4o, par Jean Fabarel ; Et une réponse à cette lettre.
Antoine Migneret, fils de ce maître à danser de Dijon, dénoncé par Ressayre au Conseil d'Etat comme usurpant les fonctions de libraire, et qui avait repris la librairie de son père, achète l'imprimerie de Nuits en 1730. Ce n'était pour lui qu'une succursale, car il continuait son important commerce de librairie à Dijon.
Il donna :
Explication des dessins des tombeaux des ducs de Bourgogne qui sont a la Cbartreuse de Dijon y présentez a S. A. S, Mgr. le Duc^ le i®** may 1786, par J.-B. Gilquin^ peintre; in-4o de 8 iBf. ; une explication semblable pour les tombeaux de CUeaux; une brochure rarissime de 11 pages in-8®, que nous avons trouvée dans la bibliothèque de M. le docteur Marchant :
Secret infaillible pour guérir des Morsures ou Piqûres de toutes sortes de Bêtes venimeuses, comme Vipères, Aspics, Envaux, Serpents et toutes autres, dont il faut prendre de la Feuille des sept sortes d'Herbes ci-après expliquées, etc. ;
Et enfin :
Formulaire de prières, Avec une Conduite pour se pré-
parer à faire une Confession et Communion, — Nouvelle édition^ a Vusage des Pensionnaires et Externes des Dames Vrsulines de Dijon,
A NuySf chez Antoine M igneret, imprimeur-libraire de la Ville, 1738.
L'imprimerie nuitonne fat fermée, comme tant d'autres, en vertu de l'édit de 4739. Migneret fit la librairie à Dijon jusqu'en 1753.
Jacques Gagey-Roy. — La ville de Nuits resta longtemps sans libraire. En 1828, M. Gagey, quincailler, demanda un brevet, qui lui fut accordé le 18 août 1828, et vendit; comme beaucoup de quincaillers sous laRestauration, des alphabets, des catéchismes, des livres de piété.
Par sa lettre du 23 février 1837, Gagey-Roy se plaint à l'évêque de Dijon de ce que le curé et les sœurs de charité de Nuits lui font concurrence.
Monseigneur lui répond : Que ni le curé, ni les sœurs ne vendent de livres, mais qu'ils en donnent quelquefois comme récompense, aux époques de première communion.
Cette fin de non-recevoir ne fut pas acceptée par le maire de Nuits. Il affirma dans une lettre du 4 mars 1837 au Préfet, que le curé vendait des catéchismes à un franc pièce, que c'était de notoriété publique, et que Monseigneur avait répondu sans connaissance de cause et en dehors de la question.
Gagey-Roy édita :
Résumé populaire de F histoire de Nuits, par J. Bard,
Violette (Jacques) succède à M. Gagey-Roy, son beaupère, et remet à son fils
Jacques-Félix Violette, né à Nuits le 25 avril 1842, qui exploite aujourd'hui la librairie fondée par Gagey-Roy.
M™* Jaquinot, vers 1840, ajoute à son magasin d'épicerie,
— isola vente du papier et des livres de classes. Cette librairie rudimentaire fut achetée en 1869 par M™** veuve Fondet.
Depuis 1871, elle est tenue par M. Marie-François- Mathieu ScHREBERT, né à Nuits le 18 avril 1843.
L'autorité prussienne ayant saisi l'imprimerie Carré, et les bureaux du Progrès de la Côte-d'Or le 9 septembre 1871, une presse et des caractères furent aussitôt loués et transportés à Nuits. Le Progrès y parut du 24 septembre au 18 octobre 1871.
Pont AILLER- sur-Saône. — Foing, libraire de 1855 à 1869;
M"« Docteur, de 1869 à 1874 ;
DuGAMP lui succède.
Prégy-sous-Thil. — Deux libraires s'établissent dans ce chef-lieu de canton, en 1850 :
GallY; le 14 mars;
LoiREAu (Charles-Etienne); le 7 mai. Cette librairie est exploitée depuis le 1 S janvier 1864 par Loirbau (Théodore).
Saint- Jban-de-Losnb. — Poingblin (Jean-Louis), libraire de 1852 à 1865 ;
Vachet-Philippon lui succède.
Saulieu. — Pascal y crée une librairie en 1806. Il tenait aussi les estampes;
Lamotte (Louis) est breveté le 2 mai 1833 ;
Daudé (Pierre) lui succède le 2 octobre 1868 ;
PiGOT (Elisabeth-Pierre) y breveté le 20 mai 1838, mourut en 1863. Sa veuve^ née Nevers (Lazarette), continua en vertu d'un brevet du 5 septembre 1863, sous le nom de Veuve
PiGOT.
Hallot, de Semur, ayant vendu son imprimerie à M. Bernard (Pierre-Gypr'ien), né à Paris, et prote de Th. Tarbé,
de Sens, le nouvel imprimeur demanda l'autorisation de s'établir à Saulieu. Un brevet, du 19 août 1848, lui assigne cette résidence.
Nous ne connaissons aucun livre imprimé à Saulieu. Cette imprimerie n'eut d'ailleurs qu'une existence éphémère.
Girard (Claude) fit sa déclaration de libraire le 6 décembre
Demongeot (Etienne) fit une déclaration semblable le 2 septembre 1877.
Semur. — Presque en môme temps que Beaune et Châtillon, Semur avait une imprimerie.
Le 9 avril 1676, Antoine Han présenta requête aux magistrats de cette ville :
« S'est présenté à la Chambre — disent les registres municipaux — Antoine Han, marchand-imprimeur et libraire, lequel auroit témoigné qu'il avait paru désireux d'établir sa demeure dans cette ville , si nous voulons lui accorder quelques privilèges et soulagements, tant dans les tailles de guerre, que autres charges de la ville.
« Ouï le syndic, il a été délibéré que ledit Han établira sa boutique d'imprimeur et de libraire, mais avec quoi il demeure déchargé du logement des gens de guerre, à condition par lui d'imprimer tous les billets de logement ; et quant à la taille, il y sera imposé modérément, le tout accordé en considération. Il lui sera fourni six livres pour subvenir aux frais de son établissement. »
M. A. Massicot, à qui ce document est emprunté, ajoute en note qu'un ouvrier allemand, du nom de Han, avait quitté l'imprimerie de Mayence vers 1465, pour se rendre en Italie, où il imprima une grande quantité d'ouvrages, et que le Han de Semur pourrait bien être un descendant de ce maître.
Antoine Han remit ses presses le 26 août 1677.
Lazare Ruelle, son successeur, fut plus favorisé par la Ghanibre de ville de Semur. Non-setllement on lui accorda l'exemption du logement des gens de guerre, mais on réduisit ses tailles royales à 3 livres et ses tailles négociales à 20 sols par an ; de plus, il obtint l'autorisation de se qualifier libraire et imprimeur de Semur, Les charges étaient les mêmes que pour Antoine Han ; cependant, outre l'impression des billets de logement, Ruelle s'engageait à faire « tout cC; qui sera de sa profession pour les affaires communes (1). » V
Jean-Baptiste Régnier, originaire de Semur, d'après certains documents, de Besançon, suivant M. Massicot, est reçu imprimeur-libraire à Semur, le 5 septembre 1690.
Les registres de la Chambre de ville disent qu'il ne sera sujet aux logements, aux contributions de guerre et aux tailles que pour trois livres par an, et aux tailles négociales que pour vingt livres.
Il est destitué le it) janvier 1709, et remplacé par Antoine MiGUARD, probablement un petit-fils du Michard qui fut imprimeur à Dijon de 1679 à 1688.
On a de lui :
Clavis utriusque juriSy id est titulorum omnium juris civilis.,. par Bertheau, avocat, 1717.
Dans sa Vie de sainte Reine d'Alise^ p. 140, M. l'abbé Grignard cite :
Hymni très in honorem sanctae Reginœ virginis et martyr is, D, D. Ludovici Donii d'Attichy seduensis epis'copi jussu editi. — Semurii^ apud Claudium-Antonium Michard, typographum, 1723.
Ce Claude-Antoine est-il le même que Antoine? Nous le pensons.
(1) A. Massicot. — Le Temps jadii à Semur.
L'édit du 31 mars 4739 ferma rimprimerie de Semur.
Sous la révolution, *liii imprimeur vint de nouveau s*y établir. Il se nommait Jean-Baptiste Defay et était de la famille des maîtres dijonnais. Le premier ouvrage qui, à notre connaissance, sortit des presses de Defay, a pour titre :
Discours sur la peine de mort, par Philibert Gueneau- Montbeillard. — Semur-en-Auxois , de F imprimerie de DefjBty, 1790.
On a encore de cet imprimeur :
Les Bergeries, par Daubanton, 1792 ;
Rapport fait aux sections de la commune de Semur, en exécution de leurs délibérations des 10 et 20 pluviôse, l'an 8 de la République française, une et indivisible ;
Hymnes pour la Fête civique du 20 nivôse, an 3 ;
Hymne populaire pour la prise de Toulon ;
Couplets dédiés à la propagande révolutionnaire ;
Hymne en l'honneur de Lepelletier et de Marat ;
Exploits des Sans-Culottes.
« Nous citons ces productions littéraires^ dit Tauteur du Temps jadis à Semur, parce qu'elles sont dues à la verve poétique d'un républicain de Semur. >
« En 1793, dit encore M. Massicot, Semur paraît avoir possédé deux imprimeurs : Defay et Poinssot ; ce dernier, membre du club des Jacobins, imprime souvent, à ses frais, ce qui lui vaut une mention honorable, tous les manifestes, lettres importantes et discours des membres influents de ce club. »
Poinssot devint ensuite directeur de la poste aux lettres de Semur. /
Defay remit en 1795 son atelier à Junot, qui imprima :
L'Ordre irrégulier, ou Pièces diverses (en vers), que les sots et les méchants ne doivent pas lire, par An t. Lasalle. — A Semur, de T imprimerie de Junot, an 4, in-8" de 52 p.;
Règlement de police, — Canton de Précy-sous-Thil, département de la Côte-dOr.
Berry et Lereuil reprennent rimprimerie et la librairie Junot en 4 197. Ils figurent sur la Liste des notables de
l'arrondissement de Semur, imprimée par eux-mêmes, pour les élections communales de Tan IX; — mais sans avoir de brevets, l'imprimerie étant libre sous la Révolution.
Berry (Jean-Baptiste) y né à La Roche-Pot, canton de Nolay, en 1760, mourut à Semur le 9 avril 1844. Son brevet d'imprimeur est du 15 juillet 1811 ; il prêta serment le l^r décembre 1812.
Lereuil [Noël)j né à Alise-Sainte-Reine, le 22 décembre 1766, mourut à Semur le 23 avril 1841. Avant d'être imprimeur, il avait été commis-greffier à Semur. Il s'était marié, le 14 thermidor, an II, avec Christine Verrier.
Leur imprimerie était installée dans les bâtiments qui servent actuellement de sous-préfecture.
Ils ont imprimé :
Cantique à H honneur de sainte Reine d'Alizé, par BoUand, curé de Flavigny, 1808 ;
Nouvelle Vie de sainte Reine^ 4814;
Mémoire sur le dieu Moritasgus et T inscription trouvée , en 1652 f parmi les ruines d* Alizé..,, par C. H. Af. D. C. (Maillard de Chambure). — De l'imprimerie de Semur,
Leur association dura jusqu'au 22 juin 1825. Berry garda la librairie, qu'il transféra rue Dessus, actuellement rue de la Liberté, maison de Gréban, tandis que Lereuil transpoi*tait presses et casses rue Saint-Jean, où sont maintenant les bureaux de l'enregistrement.
Berry était acteur et quelque peu poète. On lit dans le Journal de la Côte-d'Or du 20 prairial, an VII :
a II vient de se former à Semur, par les soins du citoyen
Berry, imprimeur-libraire en cette commune, une société dramatique qui, en consacrant ses travaux à Tamusement du public, en verse le produit entier dans le sein de Tindigenee.
« Dernièrement, nous écrit-on, cette société a donné une représentation de Misanthropie et Repentir,,, Ce drame a parfaitement réussi à Semur. Il a procuré une recette abondante, et les créateurs de la société, le citoyen Berry et son épouse, ont recueilli, dans les deux premiers rôles , des applaudissements que leur jeu naturel et vrai, et leur grande connaissance de l'art auquel ils se livrent, leur ont toujours mérités. »
Et dans le numéro du 30 germinal, an IX :
« A Semur, une société d'amateurs a donné, à l'occasion de la paix, une petite pièce, dont l'heureux événement qu'on célébrait avait fourni le sujet.
« Cette petite pièce a pour auteurs le citoyen Rousset-Jailly et le citoyen Berry, imprimeur, membre de cette société, et qui dans cette composition a prouvé qu'il n'avait pas seulement les talents d'un acteur. Avivée par de très jolis couplets... cette bluette a reçu un accueil mérité... »
Lereuil était un type très populaire à Semur, où on le désignait sous le sobriquet familier de : Père Broum ! Broum !
Hiver comme été, il se levait à deux heures du matin, allumait du feu et se faisait une énorme soupe aux herbes. Puis, une lanterne de la main droite, un bâton de la main gauche, il allait à l'imprimerie en se dandinant, sans oublier « ses deux pistolets, » c'est-à-dire deux bouteilles de vin qu'il glissait dans les poches de derrière de sa redingote, pour passer la journée. ^
Jean-Noel-Vigtor BussY, né à Semur, le 25 mars 4816, reprit les presses de Lereuil le 30 décembre 1837, et prêta serment le 4 janvier 1838.
Il donna :
Esquisse pittoresque, morale et historique de la ville de Semur, par M, Bocquin (Louis)^ 1839.
Notice sur la fontaine de sainte Reine à Alise^ par G. Nodot, pharmacien à Semur, 4 844 .
Bussy quitta son imprimerie en 1843 pour aller en Algérie, et ensuite à Paris, où il mourut vers 1850.
GoQuiLLON (pierre), profossour au collège de Gharolles (Saône-et-Loire), avait épousé, le 20 octobre 1834, Marie Lereuil, fille de Timprimeur. Le départ de Bussy en fit un typographe. Il prêta serment le 24 novembre 1843. Nous ne connaissons de Goquillon que :
Les Fouriéristes a Semurj exposition et réfutation de leur doctrine.
Il reprit une chaire au collège de Semur, après avoir vendu son imprimerie à Odobé.
Goquillon était né à Bellenot; canton de Pouilly-en- Auxois, le 11 germinal, an III ; il mourut à Semur, le 18 décembre 1857.
Il avait transféré son atelier rue Sainte-Marie, dans les bâtiments occupés aujourd'hui par le groife de la Justice de Paix.
Odobb [Nicolas^ dit Noël), naquit à Semur le 14 juillet 1797. Après avoir fait son apprentissage dans Tatelier de Berry et Lereuil, il reprit, en 1828, les presses de Noëllat père, à Dijon, et les quitta en 1830, ainsi que nous Tavons dit, pour succéder à son père qui tenait une maison de commerce à Semur.
S'étant associé avec son frère, Nicolas Odobé acheta, en 1847, rimprimerie de Goquillon. Il y resta bientôt seul, et publia :