‹ Les imprimeurs et les libraires dans la Côte-d'OrChapitre 7 sur 17 · partie des Mémoires de Gabriel Breunot, que l'on croyait perdue · texte numérisé non relu

partie des Mémoires de Gabriel Breunot, que l'on croyait perdue

En 1854, il lut, au Congrès Scientifique de Dijon, un mémoire sur les Déesses MèreSf mémoire inséré dans le Bulletin monumental de M. de Caumont, et dans le recueil du Congrès. II en existe un tirage à part.

Nommé le 1«' septembre 1857 Conservateur adjoint de la Bibliothèque de Dijon, M. Grange en a rempli les fonctions jusqu'au mois de juillet 1862.

Il collaborait alors à l'Histoire du livre en France d*Ed-

mond Werdet. L'article relatif à Fintroduction de Timprimerie en Bourgogne est de lui.

Aussitôt qu'il fut possesseur de l'imprimerie Marie, M. Grange la transféra dans la Cour de l'Oratoire, rue Bossuet.

Le Journal de la Côte-dCOr^ le vieux journal de Garion, devenu orléaniste entre les mains de J.-B. Is. Vincent, s'imprimait chez Marie ; Grange en continua l'impression. Mais bientôt cette feuille, achetée par M. Charles Noêllat, devint la propriété d'une société de républicains.

On était alors à l'avant-veille des élections législatives iie 1863, et M. Vernier, maire et député de Dijon, ne voyait pas sans appréhensions vivre un organe qui pouvait lui opposer un concurrent. Des démarches officieuses furent faites auprès de M. Grange, afin qu'il cessât d'imprimer le Journal de la Côte-dOr ; des conseils, on passa aux menaces. Il n'en fut pas intimidé. Dès ce moment, sa perte était résolue, et les tracasseries administratives commencèrent. Un jour, la préfecture lui dénia d'avoir opéré un dépôt légal, dont on lui avait refusé le récépissé. Poursuivi .en police correctionnelle, il fut condamné à 500 francs d'amende. Le procureur impérial interjeta appel à minima, afin d'obtenir contre lui une peine corporelle : la Cour maintint l'amende, tout en reconnaissant que le dépôt avait été opéré.

Au mois de juillet 1862, Charles Noëllat et Adolphe Grange sont assignés en police correctionnelle, l'un comme directeur, l'autre comme imprimeur du Journal de la CôtedOr^ sous prétexte que certaine formalité n'avait pas été remplie par Noëllat. M^ Jules Grévy, aujourd'hui président de la République, vint. plaider pour le journal, et les prévenus furent acquittés. Ils eurent le même succès devant la Cour de Dijon. Mais il fallait une condamnation; Le procureur général Imgarde de Leffemberg se pourvut en cassation. La Cour suprême renvoya le directeur et l'imprimeur

du Journal de la Côte-étOr devant la Cour de Lyon qui, malgré les brillantes plaidoieries de M« Grévy et de M« Le Royer, les condamna solidairement, le 23 mars 1863, à chacun un mois de prison, et cent francs d'amende. Le journal étaiten outre supprimé. Ce procès avait duré neuf mois.

Malgré la disparition du Journal de la Côte-d'Or^ le maire 4e Dijon n'obtint pas la majorité dans la ville qu'il administrait.

Ayant édité, au mois de novembre 1862, TAlmanach po* puJaire de la familley Grange demanda immédiatement pour cette brochure, l'autorisation du colportage. Le préfet de la Côte-d'Or, baron Debry, lui fit répondre par le commissaire central, au mois de février suivantj que cette autorisation lui était refusée.

Après la suppression du Journal de la Côte-dOr^ Grange fonda un journal non politique: le Commerce de la Côted'Or, auquel collaborèrent plusieurs amis des lettres et des souvenirs bourguignons. Cette feuille futbientôt poursuivie. On l'accusait d'avoir traité de matières politiques et d'économie sociale. Il est curieux aujourd'hui de relire l'appréciation des six articles incriminés. Nous la copions dans le jugement rendu par la Cour impériale de Dijon, le 27 janvier 1864:

« Considérant que le premier de ces articles est un extrait littéral du chapitre de l'instruction primaire dans VExposé de la situation de r Empire, et que cette reproduction d'un document officiel ne constitue pas une infraction à la loi ;

c Considérant que le second article, annonçant la nomination prochaine d'un professeur à la chaire de littérature dé la SorbonnC; ne peut être considéré que comme une nouvelle littéraire, et qu'il en est de même d'un article inséré au numéro du l*"* décembre, par lequel l'inculpé a cru de-

voir, à titre de recliôcatioii; démentir cette nouvelle qui était inexacte ;

« Considérant que l'annonce faite dans un quatrième article, d'une vacance à la Faculté des sciences de Paris, n'est encore qu'un simple avis complètement étranger à la politique et à l'organisation sgciale ;

« 'Considérant que les deux anecdotes concernant une souscription pour les inondés de Vienne, et un épisode de Tinsurrection polonaise, sont pareillement dépourvues des caractères prévus par le décret de 1852 ;

< Considérant que les deux derniers articles, puisés dans V Exposé de la situation de 7'jE^i22/>ire, l'un indiquant le chiffre de l'arçiée de terre, l'autre le nombre des écoles de filles, ne renferment que des documents statistiques dépourvus de toute discussion, et ne peuvent, dès lors, quoique n'étant point extr£^its littéralement du travail officiel, être con* sidérés comme traitant ^ selon l'expression légale, de ma* tières politiques ou d'économie sociale. >

Acquitté en police correctionnelle et par la Cour de Dijon, Grange fut encore traîné en Cassation, laquelle le renvoya devant la Cour de Besançon. Là on le condamna à un mois de prison et à deux cents francs d'amende-, sans prononcer la suppression du journal. 11 crut pouvoir continuer la publication du Commerce de la Côte-d'Or^ dont plusieurs numéros parurent encore ; mais la préfecture, armée du décret draconien de 1852, lui fit des menaces .telles qu'il dut céder.

Ayant imprimé le résultat de l'élection de novembre 1863, Grange en fit le dépôt légal à la préfecture, qui refusa de lui en délivrer récépissé. Sachant ce qu'il en coûte de ne pas être en règle, et fort de son droit, il revint à la préfecture accompagné d'un huissier, et sur une sommation le reçu fut donné.

La Publicité remplaça bientôt le Commerce de la Côte-

d'Or, C'est dans cette feuille « littéraire et d'annonces », que Gh. Benoist publia ses opuscules patois.

Constamment sur la brèche, Grange contribua au succès éclatant des élections municipales de 1865 à Dijon, dont un des résultats fut la retraite du préfet Debry; mais c'était trop tard pour le courageux imprimeur, dont la courte carrière typographique résume l'histoire de l'imprimerie provinciale non soumise, pendant les longues années du second empire.

C'est à ce titre que nous avons cru devoir relater les tracasseries, et les procès dont M. Grange fut la victime.

Ayant quitté Dijon au mois de mars 1867, Grange devint aussitôt l'un des collaborateurs de Pierre Larousse, pour son Grand Dictionnaire universel du XIX^ siècle. Il fournit à ce travail des articles de linguistique, d'ethnographie, d'histoire, de biographie, de bibliogi^aphie, remarquables par la clarté et la concision du style.

G. Demeurât succède à Grange en 1867 et vend, en juillet 1877, à

Raymond Aubry, qui exploite aujourd'hui l'imprimerie fondée par Noëllat fils.

Eugène Jobard, breveté le 19 février 1856, fonde une imprimerie, rue Guillaume, 46, pour y imprimer le Moniteur de la Côte-d'Or. Elle existe aujourd'hui, rue Docteur- Maret, 4.

François Carré, lithographe, fonde, en 1869, une imprimerie pour le Progrès de la Côte-dOry dans le local occupé pendant près d'un siècle par les de Fay, rue Portelle, actuellement rue Amiral-Roussin, 40. Cette imprimerie, qui a pris une grande extension, a donné plusieurs ouvrages bien composés, bien tirés, parmi lesquels :

Les Hôtelleries Dijonnaises, 1878 ; — LesCrisdeDijon^

i879 ; — Notice sur la communauté Israélite de DiJoUy 1879; — Sobriquets des villes et villages de la Côte'd'Ory 1880 ; — Mémoires pour servir à ï histoire de la ville de Montbard, publiés par Louis Mallard et Nadaultde Buiïon,

A. Deslandes et Gallet frères ouvrent une imprimerie typographique, le 16 juin 1877, rue Vaillant, 9.

Au commencement de 4878, la société est dissoute. Cal- LBY établit une imprimerie éphémère sur la place Darcy, et Deslandes transporte ses presses rue Saumaise, où il imprime jusqu'en juillet 1879.

Imprimerie du Progrès de la Gôte-d*Or, 35, rue Amiral- Roussin.

Le 48 juin 4884, les Actionnaires du Progrès de la CôtedOry réunis en assemblée générale extraordinaire, décidèrent la création d'une imprimerie spéciale au Journal.

Cette imprimerie fonctionna pour la première fois, le 5 septembre 1884.

« La composition de l'équipe destinée à composer le journal, — lit-on en tète du Progrès du 5 septembre, — a été l'objet de toute la sollicitude de l'administration.

« Nous avons fait appel à la Chambre syndicale des Typographes de Dijon qui nous a conseillé, pour obtenir l'exactitude que nous recherchions, de mettre la composition du Progrès en commandite. •

« Voici en quoi consiste la commandite : Un groupe d'ouvriers s'engage à livrer à heure fixe le journal ; seulement,, comme compensation de leur exactitude, en plus du tarif, ces ouvriers associés jouissent de certains avantages dont les patrons ont seuls bénéficié jusqu'ici.

< On comprend que l'administration du Progrès a accédé de suite à une combinaison qui, tout en lui offrant des garanties, établissait pour ses compositeurs un salaire plus

rémunérateur. C'était d'ailleurs mettre d'accord nos actes avec nos principes, puisque le Progrès a toujours combattu pour améliorer le sort des travailleurs. »

Imprimerie commerciale. — Cet atelier a été ouvert le 45 décembre 1881 , rue Amiral-Roussin, 15.

11 est dirigé par MM. Joseph Floret, Eugène Jacquot, Louis Blavot et Corneille Sel, tous quatre typographes, et sous la raison sociale Jacquot, Floret et C*^.

On y a imprimé, avec beaucoup de goût, une Notice sur la Chartreuse de Dijon, par M. H. Taguet. Deux exemplaires seulement de cette notice ont été tirés sur papier de Hollande.

Enfin, pour ne rien omettre, citons I'Imprimerie des Archives créée par M. Boudot, en 1833, aux Archives départementales.

Elle se composait d'une petite presse, de quelques fontes et servait uniquement aux besoins de l'établissement. On y imprima trois brochures :

Du danger pour les Archives publiques du voisinage de la prison militaire ;

Observations sur le besoin pressant d'un transport des titres et papiers^ et sur la distribution des salles dans les nouvelles archives ;

Urgence ;

Et, sur des feuilles volantes :

Inscription étant à f hôtel de ville de Dijon.

En résumé, de 1490 à 1882, il s'est créé à Dijon 19 imprimeries ; voici le tableau de leur durée :

Metlinger, 2 ans, 1490-1491.

Pierre l*^ Grangier — Jean Maignien, 77 ans, 1630-1607.

Jean l^*" Des Planches — Jean III Des Planches, 73 ans, 1548-1621.

Cl. Guyot — Moroge, 488 ans, 1608-1796.

— ff7 — Cl. Chavance — Claude Michard, 72 ans, 1632-1704. Nicolas Spifinx — Secard, 62 ans, 1628-1690.

J. Rea&ayre — veuve Capel et fils, 133 ans, 1673-1805. Antoine 1*' Defay — Jos. Marchand, 177 ana, 1705 & ce jour.

A.-J.-B. Auge — Darciei^Legendre, 145 ans, 1711-1866. V. Carion — J. DeaaauK, 61 ana, 1798-1859.

J.-B. Noëllat — Darantieie, 62 ans, 4SS0 à ce jour. P. NoËllat— Aubry, 50 ans, 1838àoe jour.

Eug. Jobard, 26 ans, 1856 à ce jour.

F. Carré, O ans, 1869 à ce jour.

A. Deslandes, 1 an, juin 1877 à juillet 1878. Imprimerie du Progrès, 1 an, 5 septembre 1881. Imprimerie Commerciale, 15 décembre 1881.

Et l'imprimerie des Archives, qui a cessé d'exister vers

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|l est assez difficile de dire si; avant rinvention de rimprimerie, Dijon avait des libraires. Sans doute on y vendait des livres, mais ne serait-ce pas se hasarder un peu que de donner le titre de libraires à Polequin et Janequin Manuel, à Jacques et Dyne Raponde, ces banquiers cosmopolites qui fournirent aux ducs de Bourgogno tant de livres merveilleux ?

Cependant les Archives de la Cour des Comptes de Bourgogne révèlent quelques rudiments de librairie. Ainsi, en 1341, Robert, écrivain dijonnais, traite pour la façon, écriture et reliure d'un antiphonàire enluminé d'azur et de vermillon, et les grosses lettres « flurottées > moyennant le prix de 6 livres; Jacques Pertuiset et son fils s'engagent, en 1350, à faire un missel en deux volumes. ou parties, d'hiver et d'été, dans un délai déterminé, sous peine d'une indemnité de 100 sols ; Belin, fils de feu Maître Laurent, enlumineur, reçoit en 1357, 24 florins pour l'enluminure d'un livre intitulé des Vices et Vertus, appartenant au duc ; Jehan Fabrice, enlumineur parisien, loue en 1362, une maison rue du Bourg, à Dijon; Gillet Daunai écrit en 1398, 23 cahiers et demi pour la Bible des Chartreux (i).

(1) Voir inventaire-sommaire des Archives de Bourgogne et 0. Peignot : — Catalogue d'une partie de» Jivrei composant la Bibliothèque des Ducs de Bour^ gogne.

— iOO —

Thévenin Rée, était enlumineur rue des Foires, en 1419; Oudot Le Bediet donne en 1454, une certaine somme à un « escripvain » nommé Jehan de Lozières, pour « Tachât de parchemin et Tescripture d*un livre appelé Flstoire de Girard de RossiJJon, appartenant au duc, et aussi pour Tescripture en lettres bastardes d*un autre livre appelé Modas et Racio, » et enfin Jehan La Barbe, enlumineur, demeurait sur la paroisse Notre-Dame en 4483.

Ces écrivains, ces enlumineurs, ces relieurs, faisant et vendant des livres, étaient-ils ce que nous appelons de nos jours des libraires ? Assurément non ; mais ils en étaient les précurseurs, et c'est à ce titre que nous les faisons figurer

Les Chartreux de Ghampmol faisaient aussi de la librairie dans la somptueuse demeure que venait de leur bâtir Philippe^ le-Hardi aux portes de Dijon.

« Une grande salle lambrissée, attenant à la bibliothèque, et à la voûte de laquelle pendait une lampe d*airain en forme d'escargot brûlant par les deux cornes, était le lieu de travail des e8crivains,historieurs et illumineurs assis devant de grands et massifs pupitres, sur des bancs à dossier, garnis de nattes de paille. Là, en 4390, dès Taube du jour, et souvent la nuit à la clarté des chandelles de cire verte qui brûlaient sur de hauts chandeliers de fer, garnis de feuilles de corne transparente, Pierre DomdieU; Jehan Dumoulin, Jehan Brouet, Pierre de la Place et leurs élèves s'occupaient sans relâche à copier les manuscrits qu'ils faisaient venir de loin. Un novice était chargé du soin de passer à la pierre ponce les feuilles de vélin, de les rogaer et de les coudre par queaulz (cahiers], ainsi que les papiers de Lombardie à l'esperon et à la licorne; un autre piquait et rayait les feuillets à l'encre rouge, au crayon d'argent ou bien avec la pointe sèche* La préparation des encres et vernis à écrire, celle des couleurs : azur, vermillon, massicot.

mme, vert de terre, blanc d'Espagne, orpiment, etc., en occupait un autre. Chaque feuillet, quand il était écrit, passait des mains du scribe dans celles du correcteur, qui ajoutait les points et réparait les erreurs commises par le copiste. L'historieur le recevait ensuite pour y mettre les initiales et les lettres ornées, dont la place réservée par le scribe, était indiquée par une petite lettre que la peinture faisait disparaître. L'illumineur achevait l'ouvrage, en enrichissant certaines pages de ces brillantes et naïves miniatures, que tout l'art moderne suffit à peine à imiter, mais ne peut égaler. Un autre moine avait pour charge de « coller, retraire et relier » les cahiers séparés, les renfermant avec d'élégants clous de laiton dans des ais de bois de châtaignier coupés en plein de lune « de crainte des vermines mauvaises aux livres » et recouverts de cuirs de cerf tannés en rouge et gaufrés, pour lesquels la Chartreuse de Dijon était renommée au loin. La porte de cette estude, comme on l'appelait, était interdite aux autres moines ; un frère convers en avait la garde, et était chargé de tenir en ordre tous les instruments qui s'y trouvaient renfermés : plumes do laiton, de cigne et de canard de Hollande, çoutels à plumes, besicles, queues de renard à épousseter, engins à prendre rats et soriSy oroloiges à montrer l'heure, poulpitres, tables et bancs. Plusieurs grands ouvrages sortis de cet atelier sont mentionnés dans la Chronique de la Chartreuse, comme ayant fait l'admiration du xv^ siècle. Nous y trouvons cités les livres suivants : De pluralitate beneûciO" rum, Liber horaram, Nicase de vita, Breviariam proDucej Fascicaîas temporum^ Spéculum sapientiWy Margarita Philoaophiae, De virtutibus aquarum et herbarum, etc, écrits par Jehan Rose, Jehan Maseret, Pierre Boutange, le Hollandais et maître Albert l'iUumineur » (1).

(1) Maillard de Chambure. •— Dijon ancien et modomc.

Pour compléter cette page curieuse, voici la liste des livres reliés en 1389 pour le duc de Bourgogne, moyennant huit francs, par Adam Othe, chartreux de Ghampmol :

Une Bible ;

Une vie des Saints ;

La cronique de Titus Ligneus ;

C'est probablement Tite-Live. « Il parait, dit Gabriel Peignot dans son Catalogue de la Bibliothèque des Ducs de Bourgogne, qu*on était peu familiarisé avec Tite-Live dans les XIV» et xv* siècles, car son nom, plusieurs fois répété dans ces inventaires, est toujours défiguré. »

La cronique des Senecteurs de Homme ;

Deux croniques du gouvernement des Roy s de France ;

Deux livres pour gouverner faucons ;

Deux livres de dévocion ;

Un livre pour gouverner en bataille ;

Un livre du gouvernement des princes ;

Un livre du pèlerinage de la vie humaine (1).

On voit que les Chartreux de. Dijon étaient, dès le xiv® siècle, de véritables libraires-éditeurs.

Vers 1450, à l'heure même où Gutemberg essayait ses premiers caractères mobiles, il y avait deux libraires à Dijon, — ou du moins qualifiés tels sur les registres des tailles, — qui demeuraient devant Notre-Dame :

La veuve Jehan Gaultier ;

HUGUENIN DaMON.

Dans le catalogue Téchener, figurent des heures àPusage de Chalon, à la suite desquelles on lit :

« Les présentes heures furent achevées le VII» jour de Octobre. L'an mil CCCCIIIIXX et XIX. Par Thielmli Kerver pour Hugues Pageot, librairq demeurant à Dijon. »

(1) Archives départemenUlei. Cùmptes de Amiot Amauld.

Ici plus le moindre doute: voilà bien un libraire tel qu*on l'entend aujourd'hui.

Les livres, d'ailleurs^ commençaient à se vulgariser. Ils n'étaient plus seulement accessibles aux princes ; de simples particuliers pouvaient se donner le luxe d'une bibliothèque.

Nous devons à l'obligeance de M. J. Garnier, archiviste du département, communication de l'inventaire de la bibliothèque d'un apothicaire dijonnais de la fin du xv* siècle :

Extrait de ï Inventaire des biens de Amiot Salomonet^dit Biaise, décédé à Dijon, en 1481 (Archives départementales. Droits de justice) (1).

1. — Ung livre escript en papier en impression que dessus couvert de maugis blanc, colé de

papier, appelé de Ben Mesue\^)^ tauxé. ... 20 gros.

2. — Ung aultre livre escript en papiers estant par cayers appelles Pendentes (3) servant à appoticairie, en impression, tauxé ... « . 20 gros.

3. — Ung aultre livre escript tant en parchemm, que en papier, couvei;t de maugis blanc colé appelé Heban Mesne et la Pratique de Nicolas (A),

tauxé 16 gros.

4. — Ung aultre livre de médicine escript en parchemin, couvert d'une peaul demaugiz, appelé

Rosa MedicinCy tauxé . . . , 2 liv.

5. — Ung aultre livre escript en papier, relié d'aiz couvertes de maugis blanc servant à cirur-

gie, commençant : Postquam gratiasegeroyisiuxé. 16 gros.

6. — Ung aultre livre escript en papier, couvert d'aiz blanches, appelle Arnoul de Villeneufve, tauxé 8 Jros.

(1) Nous nous aidons, pour lire cette pièce, de If. le doctear Ch. Daremberg, qui l'a citée dans son Histoire des sciences médiealeéy tome 1, p. 318.

(2) Mèsué.

(8) Les Pandectes de Matthœns Sylvaticus.

(4) Nicolaus Falcntins.

7. — Ung aulire livre escript en papier, couvert de parchemin, appelle Tourne myre (1),

tauxé 8 gros.

8. — Ung aultre livre de médicine et de cinirgie couvert d'aiz et escript en papier et en parchemin, commençant : Prologna in libro abrevia-

tipnis Jibri totius continentiSyieiMxè 2 fr. 4/2

9. — Ung aultre. livre escript en papier, couvert d*aiz et d'une peaul de maugis, appelle Armanser, tauxé 10 gros.

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