LE TRIANGLE ORGUEILLEUX A DIT
Le triangle orgueilleux a dit :
— Je suis symbole de science,
(/est en m'étudiant que le savant pâlit.
Le triangle orgueilleux a dit :
— Je suis symbole d'harmonie,
Et ma voix argentine à l'orchestre s'unit.
Le triangle orgueilleux a dit :
— Je rayonne au fronton des temples.
Et c'est en mon milieu que l'œil de Dieu luit,
Mais voici dans les cieux une voix qui s'écrie
— Toi qui te dis science et te dis harmonie, Qui t'égales à Dieu en d'insolents discours,
0 superbe, courbe la tête :
Tu ne seras jamais la roue de la bicyclette
Aveclaquelle on va jusqu'à Saint-Pétersbourg.
BIFUR
Par une nuit, triste nuit sans astres ni lune, Je partirai, portant sur moi toute ma fortune. Et la gare sera quelqu'une.
Vois-tu l'implacable hifur)*
Je veux aller loin, très loin, et loin plus encore. Et que mon absence édulcore L'amertume des mandragores.
Je vois l'implacable bifur.
Oh ! qui me délivrera de ce doute ; Oh ! qui me montrera la route Dont nul rancœur ne nous déboute ?
Partout l'implacable bif^ir.
C'est le perpétuel recommencfement des locomotives,
On part, on va, on vient, et, quand on arrive, j
On trouve que ce n'était guère la peine, en définitive.
Toujours rimplacable hifnr.
Haute-Loire, Charente-Inférieure, Nièvre, Cantal, Orne, Départements, Départements, comme c'est morne ! Alors quoi?asseyons-nous et pleurons sur quelque borne.
Le voilà bien, l'implacable bifur.