‹ Les Incertitudes du Diagnostic de L'amibiase intestinaleChapitre 18 sur 39 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

M. G., 46 ans, représentant de commerce, est adressé à la consultation de proctologie de Saint-Antoine en décembre 1935, pour des hémorragies intestinales. Depuis un mois il présente des hémorragies abondantes, avec et entre les selles ; par périodes de 2-3 jours ; avec intervalles de 8 à 10 jours. Le sang rejeté est rouge clair, le plus souvent pur, parfois accompagnant une selle diarrhéique.

Le malade n’a jamais ressenti de coliques, par contre, il accuse des brûlures gastriques fréquentes, avec vomissements alimentaires. Légère anémie. Anorexie. Amaigrissement. Le rectoscope découvre au milieu d’une muqueuse hémorragique et saignant facilement, une série de petites ulcérations superficielles.

On apprend alors que ce malade a fait la guerre à Salonique, d’où il a rapporté le paludisme et la dysenterie. Presque tous les ans, en avril-mai, il présente des crises dysentériformes, et ces crises ont déterminé, quatre années de suite, son hospitalisation à la Charité. Chaque fois on a découvert des amibes dans ses selles. Mais jamais il n’avait eu d’hémorragies.

Le traitement spécifique habituel amène une rapide amélioration.

40 SYNDRÔMES DIGESTIFS ECTOPIQUES.

Dans certains cas, l’amibiase intestinale est totalement masquée par des syndrômes ectopiques, dont la précision augmente considérablement les causes d’erreur.

PAR is

Une côlite larvée, parfois même absente cliniquement, peut donner lieu à des troubles digestifs d’origine réflexe ou métastatique, qui ne font même pas soupçonner qu’ils puissent dériver d’une affection intestinale.

Ces faits n’ont rien qui puisse nous étonner à heure actuelle et de nombreux travaux leur ont été consacrés. Récemment encore, au Congrès de Plombières, Jusrin-BEsançon et CacnEera présentaient une revue générale des «réactions à distance dans les côlites » et faisaient une belle étude de leur pathogénie.

Les répercussions de l’atteinte côlitique sur l’ensemble du tractus digestif, les plus couramment observées, se traduisent surtout par des troubles gastriques.

Les formes gastralgiques de l’amibiase intestinale sont d’une grande fréquence. Elles ont été longuement étudiées par CHarpix dans sa thèse.

Nous pouvons les ramener à deux types

19 Ou bien ce sont de simples troubles dyspeptiques : inappétence, ballonnement précoce après les repas, tension douloureuse à lépigastre ; avec possibilité de phénomènes passagers, aigus, paroxystiques. Et l’on connaît bien, depuis les travaux de À. MArareu et la thèse de Marre, ces crises violentes d’indigestion, au premier abord banales, survenant à intervalles espacés.

Leur horaire tardif, nocturne ; l'existence parfois

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