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IT. — FORMES SEGMENTAIRES ET LOCALISÉES

La localisation élective des lésions amibiennes

permet de distinguer essentiellement deux groupes :

SRE

Les formes cæco-appendiculaires.

Les formes recto-sigmoïdiennes.

19 FORMES CÆCO-APPENDICULAIRES

L’amibiase intestinale peut, dans certains cas, simuler l’appendicite, aiguë ou chronique.

Les cas de crise aiguë — rares, mais non exceptionnels — ont fait poser la question de l’appendicite amibienne ? En réalité, son autonomie est très discutable.

Mais la confusion est lourde de conséquences, car l'intervention aggrave considérablement le pronostic. C’est un cas de ce genre que CARNOT et Racer présentèrent à la Société de Gastro-Éntéro logte, en mars 1927.

Le plus souvent, c’est l’amibiase intestinale chronique qui se présente sous l’aspect de lappendicite chronique. On peut encore discuter théoriquement.

Appendicite amibienne chronique vraie ?

Ou amibiase à syndrôme appendiculaire ?

Pratiquement, il s’agit d’un syndrôme douloureux de la fosse 1liaque droite, posant le diagnostic d’appendicite chronique.

Quelques remarques sont possibles cependant le début, de la crise est moins brutal ; le malade la sent venir. Les douleurs ne sont pas localisées en un point fixe comme dans l’appendicite, mais étendues à tout le cæcum, accrues par les mouvements et la digestion. À la palpation, on trouve un empâtement diffus, mais sans contracture ; et

de:

parfois un cæcum en forme de boudin, résistant, douloureux et gargouillant.

Il y a quelques vomissements, des alternatives de constipation et de diarrhée, pas de fièvre, un bon état général dans l’intervalle des crises.

Comme l’écrivent P£rarp et DuBourEau : tout cela évoque plus l’idée de typhlite que d’appendicite.

En réalité, en effet, il s’agit beaucoup plus d’une côlite droite, à localisation typhlo-appendiculaire, que d’une appendicite vraie. Le syndrôme douloureux de la fosse iliaque droite est dû beaucoup plus à des lésions étendues du cæco-ascendant, à la typhlite ulcéreuse, qu'aux lésions appendiculaires concomitantes.

À côté du syndrôme appendiculaire, la localisation cæcale peut encore réaliser des formes tumorales, et en imposer, suivant le contexte clinique, soit pour une tumeur cancéreuse, soit pour une tuberculose iléo-cæcale. « Par les réactions hypertrophiques et fibreuses qu’elle entraîne au niveau des parois côliques, écrit Racner, Pamibe peut, à la longue, créer une véritable tumeur. » Ainsi s'expliquent, selon Îe contexte clinique, ces pseudo-cancers côliques d’origine amibienne (DessarpiNs) et ces pseudo-tuber-

culoses hypertrophiques du cæcum.

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OBSERVATION VII (Dr Cène)

Mme V.., âgée de 30 ans, consulte en septembre 1934 pour un état complexe ayant résisté à une double intervention chirurgicale. Elle présentait alors une diarrhée permanente (4 à 5 selles semi-liquides, avec quelques glaires) et un syndrôme de fissure anale typique, qui rendait toute exploration impossible. L'état général était médiocre. Pas de température. Une aménorrhée complète, due à une hystérectomie, était à la base d’une sympathicotonie marquée. À l’examen, outre les cicatrices opératoires, un certain degré de météorisme n’empêchait pas de percevoir une corde côlique, mais, en raison de la fissure anale, toute exploration inférieure était impossible.

Rien d’anormal du côté du foie, du thorax, n1 du cœur. On conseille quelques séances de haute fréquence rectale et, pour la diarrhée, malgré un examen parasitologique négatif, une formule spécialisée à l’ipéca, voisine de la pâte de Ravaut.

Cet état remontait — à part la fissure, plus récente — à une série d’accidents qui chargeaient lourdement le passé de cette malade.

En décembre 1933 : hystérectomie pour fibrôme, avee appendicectomie (DT Harrer). Suites opératoires simples.

Le 10 juillet 1934, étant en vacances, la malade présente brusquement, sans prodrômes notables, un syndrôme de sub-occlusion : douleur très vive dans la fosse iliaque droite et clapotis très net au niveau d’une anse iléale dilatée. Malgré l’atropine, l’état persiste et s'aggrave brusquement le soir.

La laparotomie est décidée et pratiquée le 10 juillet au soir (DT GrivEAUD) : incision sur ‘la cicatrice médiane sous-ombilicale. La terminaison du grêle est accolée au cæcum ; on la libère et le fond du cæcum peut être ainsi

re

exploré. On y découvre une masse qui semble intra-pariétale, du volume d’une grosse cerise, ferme à la palpation. Elle siège dans la région de l’implantation de l’appendice enlevé antérieurement. Le mésentère voisin présente de nombreux ganglions ; l’un d’eux est prélevé pour examen. L'exploration montre quelques divertieules sur le gros intestin, très souple. Estimant que la libération du grêle suflisait, que la petite tumeur était peut-être d’origine inflammatoire, le chirurgien ne pratique aucune dérivation, se réservant de modifier son attitude suivant l’examen histologique.

Le 17 juillet, le résultat de Fétude anatomo-pathologique du ganglion mésentérique est le suivant: ganglion renfermant des cellules néoplasiques en voie de karyokinèse, correspondant à des cellules d’épithéhoma glandulaire.

Après consultation, une seconde intervention est décidée. Elle est pratiquée au début d'août 1934 (DT Griveau»). L’incision latérale droite montre de très nombreux ganglions dans les mésos. Une hémi-côlectomie droite, avec anastomose iléo-transverse au bouton, est pratiquée. L'examen macroscopique de la pièce montre, au fond du cæcum, à l’intérieur de la cavité intestinale, une petite masse lobulée un peu plus grosse qu’une fraise, ni ulcérée, ni friable, malgré son aspect franchement bourgeonnant.

Les suites opératoires furent simples pendant une quinzaine ; mais, par la suite, quelques douleurs apparurent dans le flane droit, la diarrhée s'installa.

L'examen histologique (DT Decarux) révéla qu’il s'agissait d’une tumeur inflammatoire avec amibes intrapariétales.

La malade fut revue en octobre 1934 : la diarrhée avait été très améliorée par la pâte de Ravaut, les douleurs abdominales persistaient moins vives.

Profitant d’une aecalmie du syndrôme fissuraire, un

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