‹ Les Incertitudes du Diagnostic de L'amibiase intestinaleChapitre 22 sur 39 · MALE · texte numérisé non relu

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rectoscope semble confirmer. Mais la biopsie systématique permettra le plus souvent de lever le doute. Pas toujours, cependant. Et dans certains cas on à pu observer l’association de l’amibiase intestinale et du cancer. Coïncidence ? Ou greffe d’un cancer sur des lésions amibiennes ? A. Cain estime que l’intensité et la prolongation des processus d'irritation dans l’amibiase chronique détermine un ensemble de conditions particulièrement favorables au développement d’un néoplasme.

Dans les pays où règne la dysenterie, lerreur contraire peut se produire et des cancers évoluer, tout à fait méconnus, sous le masque de la dysenterie amibienne.

Les formes avec rectite hypertrophique et sténosante, c’est-à-dire les cas de rétrécissement amibien du rectum, sont assez rares. Guisont en a rassemblé les observations, dont l’étude fait l’objet de sa thèse.

Quant aux formes se présentant sous l’aspect d’une rectite banale, d’une rectite sèche, ou d’une rectite hémorragique, nous les retouverons avec plus de détails au chapitre de rectoscopie.

Le masque le plus habituel de lPamibiase intestinale à localisation basse est peut-être la rectite hémorroïdaire. Nous en avons observé de nombreux cas. Mais nous ne retiendrons que l’un d’entre eux, dont l’observation nous a semblé, par ailleurs,

assez curieuse.

André Destouches.

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OBSERVATION. VIIL (Dr Cnène)

M. F.., 37 ans, consulte en 1932 pour hémorroïdes ; depuis 1920, il présente irrégulièrement des crises douloureuses, avec hémorragies. Le traitement sclérosant ne donne au début qu’une courte amélioration, puis guérit le malade. En l’interrogeant, on apprend qu'il à fait um épisode dysentérique ayant duré 20 jours, à Salonique en 1917 (guérison par l’émétine).

Rectoscopie : muqueuse rouge, sans rien .d’anormal. Revu le 11 octobre 1935, le malade se plaint d’un amaigrissement notable de bronchites à répétition et de douleurs rhumatismales. Du côté des hémorroïdes, la guérison s’est maintenue. Tous les mois: actuellement, il fait une bronchite et, en même temps, observe de la constipation. Les selles se présentent sous la forme d’un bouchon dur, suivi de selles molles. Quelques faux besoins.

Les douleurs rhumatismales frappent le pouce droit (légère déformation de l'articulation métacarpo-phalagienne) — l’épaule: droite — et la nuque.

Un médecin-spécialiste consulté à ce sujet procède-à des examens de laboratoire variés et nombreux. Tous demeurent négatifs. Seule la formule sanguine montre une assez forte éosinophilie. Ce médecin émet deux hypothèses.

Ou bien : syndrôme rhumatismal, bronchites et troubles intestinaux sont sous l'influence de la même cause : un processus infectieux indéterminé : virus filtrant, tubercu-lose... (?)

Ou bien les:troubles intestinaux sont primitifs et laissent pénétrer dans l’organisme des toxines ou autres produits de désassimilation secondaires à une digestion imparfaite, qui produiraient des troubles généraux pulmonaires et rhumatismaux, par sensibilisation (?) Un traitement iodé

FT

et une cure de sels d’or sont essayés, sans autre résultat que des phénomènes cutanéo-muqueux d’intolérance aux sels d’or.

L'examen rectoscopique pratiqué le 11 octobre 1935 montre une muqueuse pâle avec vascularisations, type dysenterie chronique (aspect récent, qui n’avait pas été noté auparavant ; 1l est vrai qu'il y avait alors une poussée de rectite hémorroïdaire).

Deux séries d’émétine. Revu le 13 novembre 1935 : les bronchites sont guéries, les selles sont devenues normales, parfois un peu dures encore. Le malade reprend du poids. Rectoscopie : muqueuse toujours vascularisée. Traitement de consolidation à la pâte de Ravaut. Revu le 14 avril 1936 : va bien depuis le dernier examen.

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