‹ Les Incertitudes du Diagnostic de L'amibiase intestinaleChapitre 23 sur 39 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LES CÔLITES-SÉQUELLES DES AMIBIENS

Presque tous les amibiens, pour ne pas dire tous, présentent pendant un temps plus ou moins long, après la guérison apparente de leur amibiase intestinale, des troubles digestifs et généraux d’allure excessivement variable et dont l’étiologie prête à discussion. |

Un endolorissement de l’abdomen, des selles irrégulières, parfois même des symptômes plus précis et nettement côlitiques ; un état général capricieux, souvent précaire, sur un terrain voisin de la névropathie ; telles sont les grandes lignes du tableau morbide, que des antécédents dysentériques connus font attribuer à l’amibiase intestinale.

Toutefois un certain nombre d’éléments vient s'opposer à ce rapprochement : les examens des selles demeurent constamment négatifs ; la rectosigmoïdoscopie ne révèle aucune lésion évocatrice d’amibiase intestinale ; enfin et surtout : le traitement spécifique reste sans résultats. Cet échec de la médication émétino-arsénicale est d’une certaine

importance dans le cas particulier. Et nous croyons utile d’insister sur la valeur de ce contraste : chez le même malade, ancien amibien correctement traité, sur lequel autrefois le traitement spécifique avait une action éprouvée, rapide, constante, le même traitement, appliqué à des troubles analogues et souvent moins intenses, se montre inefficace.

Il y a lieu alors de se poser la question des côlites post-amibiennes, côlites-séquelles non parasitaires. Après les altérations amibiennes persistent, en effet, des lésions de côlite non spécifique qui, déclenchées par lamibiase intestinale, lui survivent longtemps.

« Ces côlites post-amibiennes, écrit le professeur CarxorT, nous ont paru fréquentes et elles sont d’autant plus insidieuses et traîtresses que, même en l’absence d’amibes à de multiples épreuves, on ne peut affirmer qu'il n’y en a plus. Très souvent, en pareils cas, l’émétine n’a plus d’action sur ces séquelles côlitiques, ce qui s'explique facilement si elles sont, en réalité, non amibiennes. »

La pathogénie de ces troubles est assez complexe. Nous pensons, avec CarLes et Bonnix, que plusieurs éléments contribuent à leur détermination :

Le facteur infectieux n’est certainement pas le plus important.

L'élément dystrophique nous paraît plus considérable ; c’est surtout aux lésions cicatricielles, aux cicatrices laissées par les ulcérations, que sont dûs la plupart des troubles fonctionnels de ces malades.

Le facteur toxique s'y ajoute presque toujours et,

Page 1