PR ER
Ces parasites satellites se rencontrent donc assez fréquemment dans l’amibiase intestinale. Quand on les découvre, on peut supposer que l’amibe s’y trouve associée ; mais ce n’est pas toujours le cas.
Leur rôle, en cette association, est loin d’être nettement défini à l’heure actuelle. Il ne le sera pas, d’ailleurs, tant que l’on n’aura pas réussi à obtenir des cultures pures, amicrobiennes, des diverses espèces, et une méthode d’inoculation directe pour en éprouver la virulence (Horowirz, TErRrAL).
La plupart des auteurs admettent que ces parasites satellites ne sont pas virulents.
Beaucoup de protozoaires et même d’helmintes, en effet, ne sont pas nécessairement pathogènes. Cependant, au récent Congrès de Plombières, M. BruLÉ a présenté un rapport sur les Côlites à lamblias et à trichocéphales. Rappelant l'existence bien connue d’une lambliase intestinale aiguë, fréquente dans les pays chauds, l’auteur insiste surtout sur la réalité de côlopathies chroniques, dûes à la présence dans l'intestin de lamblias ou de trichocéphales, et trop souvent méconnues en France.
Mais ce sont là des cas particuliers. De même ceux dans lesquels, lPamibiase intestinale ayant été reconnue, traitée et améliorée, on accuse ensuite les germes satellites d'entretenir l’état colitique ou de favoriser les rechutes. Si l'examen coprologique permet de constater, dans ces cas, la présence de parasites satellites, à l'exclusion de l’amibe dysen-
Eos
térique, ou de ses kystes, rien ne nous autorise à affirmer qu’il n'existe pas cependant un foyer amibien latent, responsable des troubles observés — ou alors que ceux-ci sont sans aucun rapport ave quelque germe que ce soit.
Nous croyons qu'il y a lieu de distinguer deux groupes de faits :
19 Ou bien l’association est véritable, on a trouvé lamibe dysentérique ou ses kystes — et alors le
diagnostic est affirmé ;
20 Ou bien elle n’est que supposée, et alors la découverte des autres germes n’expliquant pas, à elle seule, les phénomènes cliniques, on invoque une amabiase intestinale « camouflée » ou « propor-tionnée », dont il reste à faire la preuve.
Si l'examen des selles devient positif, on se trouve effectivement devant une amubiase intestinale.
Mais, dans le cas contraire, rien ne prouve qu'il ne s’agit pas tout simplement d’une parasitose de succession, voire d’une parasitose complètement étrangère.
Il est ainsi des cas nombreux, signalés par Mo- RÉNAS sous le nom de séquelles de côlites, où l’amibe est peut-être à l’origine de l’attemte côlitique, mais où cette atteinte ne dure précisément que par la persistance d’une parasitose de succession ou d’une infection secondaire, entretenues :
— soit par une irritation médicamenteuse (Stovarsol) ;
LE Ne
— Soit par une insuflisance digestive, hépatique, pancréatique ou intestinale, avec pullulation de germes saprophytes dont le caractère pathogène doit rester discuté.
Ce dernier point est intéressant ; car, s’il est impossible de le trancher théoriquement, on peut toujours par un essai thérapeutique anodin, tenter de l’amender. Et, au lieu de s’entêter à vouloir absolument désinfester l’intestin, on a souvent de bien meilleurs résultats en modifiant le milieu intestinal par des extraits digestifs.
Nous retiendrons de ce rapide exposé, l’abondance et la variété des associations bactério-parasitaires qui se peuvent rencontrer dans une selle amibienne, en insistant une fois encore sur le caractère éminemment imprécis de leur valeur pathogène. En admettant, avec les auteurs contemporains, qu’ils jouent un rôle dans l’entretien d’un état côlopathique post-amibien, mais non amibien, nous devons souligner malgré tout l’incertitude étiologique dans laquelle nous plonge leur découverte.
Si l’on veut bien se rappeler :
— que la virulence de PE. dysenteriae elle-même a pu être contestée ;
— que Brumpr a montré l'existence de formes totalement inoffensives ;
—— que l'identification des germes présente assez souvent de grosses difficultés ;
— et qu’enfin, dans une foule de cas, les examens
PRG
coprologiques les plus attentifs demeurent entièrement négatifs ;
On se rendra compte alors des incertitudes parasitologiques nombreuses pouvant entraver le diagnostic de l’amibiase intestinale.