‹ Les Incertitudes du Diagnostic de L'amibiase intestinaleChapitre 38 sur 39 · INCERTITUDES THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

INCERTITUDES THÉRAPEUTIQUES

Quand les données cliniques, endoscopiques et parasitologiques n’ont pas permis d’affirmer l’amibiase intestinale, 1l reste une dernière ressource : Le traitement d’épreuve.

Ravaur déjà en préconisait l’emploi : « Actuellement, l’amibiaseintestinale nous paraît assez répandue pour qu’on la suspecte derrière toute entérite, toute hépatite ou tout autre trouble viscéral qui ne fait pas sa preuve, même si le malade n’a pas quitté la France, même s’il n’a pas d’antécédents dysentériques, même si les selles ne contiennent pas d’amibes ni de kystes. C’est alors qu'il faut penser à l’épreuve thérapeutique, car souvent la nature de l'affection, ou de ses complications hépatiques, n’a pu être démontrée que par l'effet du traitement. »

Beaucoup d’auteurs lui attribuent la valeur d’une excellente pierre de touche.

Nous verrons s’il convient de se montrer toujours

aussi catégorique ; mais, Ce que nous ne saurions discuter, c’est la nécessité de tenter systématiquement cette méthode. Elle est sans danger, à la portée de tout praticien et réserve souvent de beaux succès thérapeutiques. Il est donc nécessaire au moins de l'essayer.

Comme l'écrit Gurmanx : «Pas plus que la négation du malade et la négativité du B.-W. n’empêchent d’essayer le traitement spécifique sur une aortite, pas plus l’absence de commémoratifs, de contage et même d’amibes ou de kystes, ne doit empêcher l’essai du traitement amubien. »

Il serait complètement en dehors de notre sujet de décrire en détail les différentes méthodes thérapeutiques couramment employées actuellement. Nous en rappellerons seulement les grandes lignes.

Deux médicaments sont essentiels et communs à toutes les formes de l'affection : l’émétine et l’arseme pentavalent. On donmera la préférence au chlorhydrate d’émétine dans les formes intestinales aiguës et subaiguës. Dans les formes subaiguës passant à la chronicité, on lui substituera l’ipéca, sous forme de pâte de Ravaur, en lui associant l’arsenic.

Notre maître le DT BensauDe prescrit habituellement, pour une cure de 15 jours :

19 Un jour sur deux, le matin à jeun, deux comprimés de Séovarsol : 0 gr. 25.

20 Le jour intercalaire, 3 ou 4 cuillerées à café de pâte de Ravaut.

L’arsenic semble agir avec prédilection sur les

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kystes amibiens, contre lesquels l’émétine est peu eflicace, et aussi sur l’état général, qui s'améliore rapidement dans la plupart des cas. Quant à la pâte de Ravaur, elle double son action anti-amibienne de propriétés anti-côlitiques manifestes, réunissant dans sa formule :

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Avee notre maître le DT R. BENSAUDE, nous avons également observé de beaux résultats :

soit avec l’Amibiasine,

soit avec le « vatren 105 ».

Ce dernier produit, acide 1odoxy-quinoline-sulfonique, est à conseiller surtout dans les cas de côlite rebelle. On associe habituellement la médication per os :

4 à 9 comprimés de 0 gr. 25 par jour — pendant 9 jours ; à Padministration de lavements à garder, à la dose de :

1 gramme pour 100 grammes d’eau.

Quelle est la valeur diagnostique de ce traitement spécifique ? Discutable à priori, ce critère thérapeutique semble certain, de l’avis presque unanime, quand son action est immédiate et réelle.

L. Rocers affirme que «toute dysenterie non modifiée en deux à trois jours par l’émétine n’est

pas de nature amibienne »,

Mais pourtant, il est un certain nombre de raisons pour lesquelles un traitement d’épreuve peut échouer ou appeler une interprétation discutable.

On connaît, par exemple, des amibiases authentiques émétino-résistantes.

Par contre, le DT R. BENSAUDE a pu guérir par l’émétine des côlites et recto-côlites dont l’étiologie non amibienne paraissait pouvoir être aflirmée.

D'autre part, l'efficacité du traitement arsenical est bien connue, dans nombre de côlites, parasitaires où non, notamment dans les lambliases.

Il est vrai que, dans ces cas-là, 1l est toujours permis d’invoquer un « camouflage », une amibiase intestinale associée. C’est encore le rôle des parasites satellites qui se trouve remis en cause et nous sommes d’avis, avec Terriaz, que leur rôle pathogène est très difficile à prouver et que les traitements d’épreuve émétino-arsenicaux sont sans valeur diagnostique en cette circonstance.

Une dernière éventualité reste possible : la résistance au traitement spécifique de troubles entérocôlitiques non parasitaires, para ou post-amibiens, dans lesquels il est bien difficile de distinguer la part de l’anubiase intestinale chronique et celle de la côlite banale, « séquelle non dysentérique de la dysenterie ».

C’est dans de tels cas qu’une thérapeutique prudente s'impose et qu’on obtiendra souvent d’excellents résultats par :

— la suppression d’une irritation médicamenteuse (arsénicale ou autre),

Ses

— la prescription d’extraits digestifs, — ou l'institution d’un traitement symptômatique et anti-infectieux général.

On voit donc combien complexe est encore cette question et comme il faut n’avancer qu'avec une extrême réserve la valeur absolue du critère thérapeutique.

Quoi qu'il en soit, il demeure une épreuve importante à instituer au moindre doute, en présence de toute côlite, entéro-côlite ou recto-côlite, qui ne fait pas sa preuve.

Et, quelle que soit l’étiologie supposée, suivant en cela la règle de conduite édictée par notre maître BEnsaAuUDE et rappelée par Racner : «Il faut toujours commencer de parti-pris par un traitement antiamibien. Cette façon systématique de procéder réservera, en effet, assez souvent des surprises ; et l’on ne compte plus les cas où, sous l’influence de larsenic et de l’émétine, on voit s'améliorer rapidement des recto-côlites que tout plaide à ranger parmi les formes cryptogénétiques et qui, en réalité, n'étaient que de l’amibiase intestinale camouflée. »

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